La mort est partout présente qui lie entre elles les différentes escales de cette escapade en Indonésie proposée par la revue Jentayu. Non, ne partez pas en courant ! Abandonnez donc vos considérations occidentales, cela fait partie du voyage ! Faire chemin avec la mort ne revient pas nécessairement à traverser des paysages macabres ou funèbres. Elle peut être une compagne particulièrement vivante – et même drôle, voire cynique ! Vous ne me croyez pas ? La lecture de ce troisième hors-série de Jentayu vous détrompera.
Revue Jentayu – Hors-série Indonésie
Le 5 avril 2019Effleurage
Le 3 avril 2019
Iris par Ohno Bakufu
Source de l’image
Effleurage
Des étoiles de forsythia fleurissent au bout de tes doigts lorsque tu les vagabondes sur moi. Tes pollens mutins saupoudrent de chatouilles mes muqueuses alanguies. Glaçage fripon.
Me butinent tes murmures-arum lie de vin.
Me lutinent tes morsures, tendre rhum divin.
Quelque chose de toi s’enlierre en mon sein. Aux lèvres de mes sources tu fais sourdre des brassées d’iris versicolores.
Alors je crache des lilas dans le ciel englyciné.
Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés
Le chant des étoiles
Le 26 mars 2019
© Y. Beletsky, Wikimedia Commons, CC by 4.0
Nébuleuse
Les novae transpercent le ciel
empyrée filtré à la passoire
d’une traînée de poudre stellaire
Entre mes lèvres le téton du ravissement
Sur ma langue le lait de la béatitude
J’avale le cosmos ajouré par les astres
et la dentelle de mes sources sanguines frémit
J’expulse un soupir irisé de colère joyeuse
qui éventre mon sommeil d’un éclat de rire
Alors la joie m’accouche et je deviens une voix
de la chorale des étoiles
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La voix de l’oiseau/La voz del pájaro/The bird’s voice
Le 18 mars 2019
Self Portrait as a Falling Angel
Jana Brike
Au bout de la nuit
l’oiseau chante
à travers mes rêves
Est-ce un chant
ou un message
glissé sous mes yeux clos ?
Dessins de silences
Le 18 mars 2019
Dessins de silences
Habib Dakpogan
Vénus d’ébène Editions (Bénin), 2017
J’ai passé le mois de février au Bénin, le pays de mon enfance, de mon adolescence et de mes premiers cris poétiques. Je souhaitais profiter de ce séjour pour prendre la température de la scène poétique actuelle. Je me suis donc rendue à la librairie Notre-Dame, celle que je fréquentais le plus souvent lorsque j’habitais à Cotonou et que j’étais en quête de littérature béninoise. Il m’a été difficile de trouver des recueils poétiques récents écrits par des auteur-e-s béninois-es. Mais je suis revenue notamment avec ces Dessins de silence d’Habib Dakpogan et c’est un véritable coup de cœur ! Cerise sur le gâteau, le jour où j’ai fait mes achats, il était lui aussi dans la librairie et j’ai ainsi pu avoir une dédicace !
Après la pluie, une tourterelle
Le 1 mars 2019Une traduction dans Jentayu 9 !
Le 4 février 2019A chacun de ses numéros, la revue Jentayu invite à traverser les frontières et à partir en voyages littéraires vers l’Asie. Pour cette nouvelle édition, la revue va plus loin et consacre son neuvième numéro au thème de l’exil. Qu’il soit volontaire ou forcé, personnel ou collectif, physique ou métaphorique. Migration, éloignement, séparation… : des questions d’une actualité toujours brûlante dans les littératures contemporaines d’Asie.
Lorsque j’ai lu l’appel à textes pour ce numéro sur le thème de l’exil, je m’apprêtais moi-même à partir en voyage, à retrouver la Malaisie, avec une première étape à Singapour. C’était l’été dernier. Au cours de mon séjour singapourien, j’ai visité la jolie librairie indépendante BooksActually dans le quartier de Tiong Bahru, et c’est là que j’ai été littéralement appelée par Mother of All Questions, recueil poétique de Grace Chia, auteure de la cité-État. C’est un ouvrage, publié par Math Paper Press, dans lequel Grace Chia aborde de nombreux thèmes articulés autour d’une thématique centrale explorant ce que c’est d’être femme. J’ai été totalement séduite par ce recueil et particulièrement touchée par les poèmes de la première partie Where is home? [C’est où ta maison ?]. C’est de cette partie que sont extraits les trois poèmes – Nage du chien, Gwóngdūng Wá et Je suis l’enfant de ma mère – que j’ai proposés à Jentayu et qui sont publiés dans ce neuvième numéro. Vous pouvez en découvrir des extraits ici et là. J’ai également eu le plaisir d’échanger avec Grace Chia et vous pouvez lire cet entretien ici.
Encore mille mercis à Grace Chia, à Jérôme Bouchaud, directeur de publication des éditions Jentayu, et à Kenny Leck qui gère à la fois BooksActually et Math Paper Press, pour leur confiance.
« Lettre à mon dress-ring » à haute voix
Le 22 janvier 2019
Photo : Justin Alexander Bartels
Comme promis hier, voici la mise en voix de Lettre à mon dress-ring.
Pour ce texte particulier, je n’ai pas vraiment fait de montage, je n’ai pas ajouté de sons ni d’effets, pas de chant.
Je l’ai dit en un souffle et me suis mise à voix nue :
Lettre à mon dress-ring
Le 21 janvier 2019
Photo : Justin Alexander Bartels
Lettre à mon dress-ring
Tu m’enlaces
moi ta bombasse
Tu m’embrasses
moi ta badass
Tu me serres
en tes serres
Tu m’enserres
en tes fers
Tu m’imprimes
tu m’comprimes
tu m’abîmes
tu m’déprimes
Sois Elle et lèvres-toi
Le 17 janvier 2019
Illustration : Art Intersection
Je vous ai déjà parlé de ma performance Sois Elle et lèvres-toi ici et là.
Samedi dernier, j’ai eu la joie de la présenter à nouveau, dans le cadre du vernissage de l’exposition Ying Yang du collectif Art Intersection, à la galerie La Source à La Teste de Buch.
Mon amie Christine Saint-Geours m’a fait la jolie surprise de faire tourner son enregistreur pendant mon intervention. Je vous offre donc cette version audio de la performance. Evidemment, la performance est tout autant sonore que visuelle, mais je trouve que l’expérience de l’écoute sans l’image est également intéressante. C’est l’exploration d’une autre dimension. Bonne écoute à vous !




