« Très doucement, pour ne pas éveiller le papillon. »
Haruki Murakami, 1Q84, Livre 1, traduit du japonais par Hélène Morita
« Ne réveillez pas, ne réveillez pas l’amour, Avant qu’elle le veuille. »
Cantique des cantiques
Sortil-être
J’avais oublié
la déferlante des papillons, le frôlement alangui de leurs ailes suaves au secret du ventre
le grondement qui bouillonne, ébranle, renverse, appelle à rugir l’assoupi tapi
le déchaînement sauvage des battements qui coupe le souffle et propulse au bord de la suffocation d’euphorie
le sommeil qui se dérobe ou se peuple de songes étranges
l’effervescence fiévreuse qui lentement s’infiltre dans l’arborescence du sang jusqu’en l’âme du moindre atome
l’émoi déboussolé qui pénètre la moindre parcelle de chair et fait entrer l’être en possession
l’esprit qui s’absente, les pensées lascives, lévitation extatique









