

Il y a trois semaines, j’ai passé une bonne partie de mon week-end à lire « Mamie Blouse » de mon amie Lucie Lelong, récit que j’ai eu bien du mal à lâcher ! Il m’a fait l’effet des bonbons acidulés de l’enfance. J’ai ri, j’ai pleuré (d’émotion et de rage), je me suis révoltée, j’ai eu le ventre retourné, et puis j’ai goûté la réassurance des lignées sororales et j’ai souri sereine. C’était aigre-doux, doux-amer, un peu piquant et profondément tendre.
Dans ce livre, Lucie raconte l’histoire d’Elise, Elisa, Eloisa, sa grand-mère, qui a fui l’Espagne en 1936, avec sa mère et ses frères, lors de la Retirada. Le récit commence avec la célébration des quatre-vingt-dix ans de l’aïeule bien-aimée, pilier de l’autrice et de sa famille. Puis, par petites touches, par petits motifs (chansons, savonnette, blouse, chaussures, objets religieux, etc.), les mots de la petite Lucie déploient le portait kaléidoscopique de l’héroïne de cette histoire. Enfin, la fillette se penche sur les photos qui accompagnent la grand-mère, celles qui sont exposées sur un mur, et celles qui sommeillent dans les albums. Et petit à petit, une fois surmontées la pudeur première, ainsi que la hantise de replonger dans des heures douloureusement enfouies de son parcours, la femme aux trois prénoms (et même quatre !) raconte.
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