Après le lancement du livre il y a quelques jours à La Machine à Lire à Bordeaux, Guillaume Cingal et moi partons présenter Notre Sœur Rabat-Joie d’Ama Ata Aidoo, paru dans notre traduction aux Éditions Ròt-Bò-Krik sur une série de rencontres dans plusieurs villes tout au long du mois de mai 🔥 06/05 Arles à la librairie Les Grandes Largeurs 🔥 12/05 Paris à la Maison des Mondes Africains (MansA) avec Mame-Fatou Niang et Sasha Shiro 🔥 20/05 Lille à la libraire L’Affranchie 🔥 27/05 Tours à la librairie Les Temps Sauvages 🔥16/05 Le livre fera également l’objet d’un club de lecture proposé et animé par Sapotille Book Club dans le cadre de la Comédie du Livre à Montpellier Nous avons hâte de partager ce livre avec vous !!! (Cliquer pour agrandir)
« Bonne fête » à toustes les travailleureuses ! En particulier à nous, travailleureuses du texte, artistes-auteurices, créateurices, travailleureuses indépendant.e.s. Nombreux.ses sont celleux parmi nous, moi comprise, pour qui ce jour férié n’en a pas été un. Nous avons arrêté de compter nos heures, nous n’avons pas de congés payés, nous n’avons pas droit au chômage, nous n’avons aucun revenu de substitution entre deux projets, nous n’avons pas réellement la possibilité de nous arrêter sans pertes quand nous sommes malades. Je ne vous parle même pas de notre retraite, et j’en passe. J’ai écrit le poème ci-dessus en décembre 2006. Je vous le livre tel quel sans aucune modification, ni sur le fond, ni sur la forme. À l’époque j’étais encore salariée, mais ce statut m’étouffait déjà pas mal. Le poème ci-dessous est plus récent, il date de l’été 2022.
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Entre ces deux poèmes, je suis devenue indépendante en janvier 2018. Et si cela m’a permis de retrouver du sens et d’être pleinement alignée – et pour rien au monde je ne reviendrais en arrière – cela m’a assez vite fait rencontrer précarité et tout son cercle vicié. Ce deuxième texte fait partie d’un projet en balbutiement, que je développerai à partir de l’année prochaine. On nous considère souvent comme des inutiles, voire des nuisibles. Mais on est là, on existe, on contribue aussi à la vie de la société et on continuera à lutter pour exercer nos activités dans la dignité !
Retour en images sur la soirée de lancement de Notre Sœur Rabat-Joie, premier roman d’Ama Ata Aidoo, hier à La Machine à Lire à Bordeaux. Guillaume Cingal et moi, duo traducteurice de ce texte, avons eu le plaisir et la joie de converser avec Pamela Ohene-Nyako d’Afrolitt’ et le public, en présence de Jean-Baptiste Naudy des Éditions Ròt-Bò-Krik et d’Ange Aby, responsable du pôle Livre de l’Institut Culturel Africain partenaire de cette soirée. Un grand merci à toutes et tous pour ce beau moment d’échanges et de partage. Et merci à Kellie Dubois pour les photos (cliquer pour agrandir).
Envie de partager avec vous une lecture à voix haute de Marée mandingue, mon poème récemment publié dans l’anthologie Vers la trouée de mer, initiée et dirigée par Lydia Padellec pour les éditions La Lune Bleue.
Ce poème fait partie d’un projet dont les balbutiements remontent à plus d’une dizaine d’années, mais qui commence à se préciser, après mutation. Je le développerai pleinement à partir de l’année prochaine, notamment au cours d’une belle résidence que j’ai obtenue à cet effet. Un autre texte du même projet a été publié il y a quelques mois dans l’anthologie d’éco-poésie consacrée aux voix d’Afrique par les éditions Les Haleurs. Et une autre publication issue du même projet est à venir en juin. Je vous reparlerai de tout cela.
En attendant, j’espère que cette lecture vous plaira. Pour la visionner, c’est par ici.
J’avais commencé à écrire ce texte lors d’une séance d’écriture collective organisée en ligne par l’initiative « 100 jours d’écriture », en compagnie d’Isa Solfia Manzano et de Stéphanie Cormier. Elles ont été les premières auditrices de ce texte et je leur fais donc un petit clin d’œil. L’anthologie Vers la trouée de merest toujours disponible.
Très heureuse de vous annoncer ma contribution au numéro 6 de la revue Graminées autour de la thématique Bouche(s). Graminées est une revue annuelle de nouvelles étrangères. Dans chaque numéro, dix textes, deux par continent, et une valorisation du travail des auteurices et des traducteurices. En voici la présentation et celle du très appétissant sommaire par l’équipe éditoriale :
Le week-end prochain, vendredi 24 & samedi 25 avril, le théâtre Le Cerisier est en Fête Je participerai à ce beau rendez-vous printanier aux côtés de Soraya Bénac de la Cie TeMpo TiemPo autour de nos propositions poéclaquettes. Cet événement est GRATUIT, mais pensez à vous inscrire via le lien figurant en fin de publication !
Voici le programme : 24 avril 2026 19h-20h30 : démonstrations claquettes + lecture poétique en extérieur avec la poétesse Patricia Houéfa Grange et la claquettiste Soraya Bénac (devant l’entrée du Cerisier) 25 avril 2026 10h-13h : atelier Théâtre-Claquettes encadré par les artistes Jurgen Genuit et Soraya Bénac 14h30-17h00 : restitutions des ateliers Théâtre-Claquettes / Poéclaquettes (enfants 8-14 ans) scènes ouvertes théâtrales et chorégraphiques 17h30 : spectacles Poéclaquettes jeune public Soraya Bénac & Patricia Houéfa Grange (TeMpo TiemPo) / Duo scène théâtrale 19h00 : pot de clôture offert – la journée artistique du 25 avril se déroula dans l’enceinte du théâtre Le Cerisier Infos/ réservations ( pour les ateliers Théâtre -Claquettes et scènes ouvertes / spectacles du 25 avril ) via lien helloasso https://www.helloasso.com/…/evenements/le-cerisier-en-fete Renseignements complémentaires : www.lecerisier.org ON VOUS ATTEND VENEZ NOMBREUX.SES !!! EVENT soutenu par la mairie de quartier Bordeaux Maritime
(La référence dont je disposais pour cette image il y a dix ans n’existe plus)
A la suite de ma publication précédente, dans laquelle j’évoque les erreurs de classement de mes livres, en bibliothèques et librairies, je republie ce texte, initialement publié sur mon blog le 3 mars 2016, il y a un peu plus de 10 ans ! Je l’ai légèrement actualisé (féminisation de certains mots, introduction de l’alphabet fon, entre autres).
Voici donc ce texte :
Jusque-là, mon nom d’autrice et celui sous lequel la plupart d’entre vous me connaissez est Patricia Grange. Depuis que j’écris et publie mes textes, j’ai décidé que quoi qu’il se passerait dans ma vie personnelle, mon nom d’autrice serait et resterait celui sous lequel je suis née, celui sous lequel je mourrai : Grange. Pour le prénom, je ne m’étais jamais vraiment posé la question. Sur mes documents d’identité, il y a quatre prénoms. Mon prénom usuel est Patricia, alors jusque-là, j’ai choisi Patricia comme prénom d’autrice. Mais aujourd’hui, je tiens à ce que l’on sache, en voyant mon nom sur un ouvrage, que je ne suis pas que Française. Entendons-nous bien, pour moi, la/les nationalité(s), le pays de naissance, les origines, n’ont aucune incidence directe sur la façon dont on écrit. Pour moi, il n’y a pas d’écriture africaine, tout comme il n’y a pas d’écriture féminine. (Si vous êtes convaincu.e.s du contraire, merci de me donner une définition de ce que vous appelez « écriture africaine » ou « écriture féminine », sans verser dans l’essentialisation). Mais tant qu’à apposer mon sceau sur un livre, autant que ce sceau me ressemble au plus près, dans ma métissité et mon hybridation. J’ai donc décidé aujourd’hui d’accoler un de mes trois autres prénoms à mon prénom Patricia. Désormais, mon nom d’autrice complet sera Patricia Houéfa Grange. C’est celui qui figurera dès maintenant sur mes ouvrages et en signature de mes poèmes.
Pourquoi Houéfa ?
Ce n’est pas mon deuxième prénom, dans l’ordre de l’état civil, mais le troisième. Je l’ai choisi pour son histoire dans la mienne. En langue fon du Bénin, Houéfa – qu’il faudrait d’ailleurs orthographier Xwéfá – signifie « la paix dans la maison ». Dans la tradition fon, Xwéfá est le prénom que l’on donne à la première fille d’une fratrie. Je ne suis pas la première fille de ma fratrie. Je suis la deuxième des survivantes, et la troisième avec le petit ange parti bien trop tôt. Mais je suis née juste avant la fin des travaux de construction de la maison de mes parents. Ce prénom bénit donc tout autant ma naissance que la maison de mon enfance. En outre, je trouve que son sens est fort. D’autant qu’il est étroitement lié à la « mission » que je me suis donnée en tant que poétesse, à savoir tisser des liens grâce à mes mots, rapprocher les gens, favoriser la paix, être la paix dans la maison du monde. J’essaie.
J’écrirai et je serai donc désormais sur scène sous le nom de Patricia Houéfa Grange :
(faux pantoun) Bébé fille dans les bras goûter la paix de la maison. Elle s’appellera Xwéfá ses vers refléteront son prénom.