Cortèges/Re-génèse – Adeline Baldacchino

Le 20 juin 2017

Re-génèse
Texte : Adeline Baldacchino
Illustrations : Maya Mihindou
Collection Cortèges
Ed. Vertébrale, 2016

Extrait :

Ce serait comme
le ventre offert et la fente abrupte
par où s’écoule un peu de salive
ou de sève diffuse

Ce serait comme
les doigts qu’on y glisse
les sexes qui s’habitent
et les cris qu’on y forge

(à en faire fuir
même la mort)

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Pantoun Piéride

Le 19 juin 2017

Source de l’image

Dans les rues et jardins
les premiers papillons blancs.
Comme au premier matin
un carnet encore tout blanc.

Patricia Houéfa Grange
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Chahuts 2017 – L’oeil de ma rivale

Le 17 juin 2017

Batik, wax, lessi, acho oké,
un motif, mille couleurs.
Etoffes et parures par milliers
une seule ravit mon coeur.

Patricia Houéfa Grange
Extrait de Pantouns & autres poèmes du retour
Tous droits réservés

Une des programmations de cette édition 2017 du festival Chahuts a particulièrement retenu mon attention. Il s’agit d’une oeuvre photographique et théâtrale réalisée par la Compagnie Ola, sous la direction d’Anne-Cécile Paredes. Elle s’intitule L’oeil de ma rivale et est centrée sur le langage des pagnes. En voici la présentation :

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Déambulations pragoises – Vinohrady & Žižkov

Le 14 juin 2017

Vinohrady
Photo : Mariposa

Vinohrady. « Les vignobles » en tchèque. Venir de Bordeaux et se retrouver à résider, pour une semaine, dans un quartier autrefois planté de vignes ! La vie est facétieuse parfois !
Lorsque j’ai choisi, sur Airbnb, la chambre qui allait m’accueillir pendant ce séjour pragois, je n’ai pas vraiment fait attention au quartier. Ce qui m’a d’abord attirée, c’est qu’elle avait l’air spacieuse et qu’elle était lumineuse ; ensuite, l’annonce indiquait qu’il y avait une station de métro à 3 minutes à pied avec notamment une connexion quasi directe vers l’aéroport, mais que, si on aimait marcher, on pouvait se rendre à pied partout dans le centre ville ; enfin, Markéta, l’hôtesse, un peu plus jeune que moi, m’a paru une personne intéressante et sympathique.
Ce n’est qu’une fois que la réservation était quasiment définitive que j’ai daigné prendre un plan de Prague et localiser l’appartement que j’avais choisi. Et j’ai été comblée. Comblée aussi en lisant en diagonale dans mon guide et ailleurs ce qui était dit de Vinohrady : quartier résidentiel autrefois bourgeois, aujourd’hui bohème, accueillant notamment beaucoup d’expatriés, comprenant d’innombrables bâtiments art nouveau, dont certains décorés par Mucha !

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Sept fois sept tasses de thé

Le 8 juin 2017

Poème original des Sept tasses de thé de Lu Tung

Dans son numéro 5 « Woks et Marmites » paru en février dernier, la revue Jentayu publie le poème L’univers dans une tasse de thé de V. Vajiramedhi (Thaïlande). Superbe poème, traduit par Marcel Barang, qui m’a énormément plu.

Après sa lecture, j’avais évoqué, sur Facebook, en discutant avec des lecteurs et sympathisants de la revue, d’autres poèmes inspirés par le thé. En particulier du poème intitulé Les sept tasses de thé ou Le chant du thé de Lu Tung (790-835), poète de la Dynastie Tang, davantage connu pour sa passion du thé que pour ses poèmes, et surnommé « le fou du thé ».

Ce poème est fascinant non seulement parce qu’il décrit avec précision les effets du thé sur le buveur, mais surtout (pour moi) parce qu’il est rare d’en trouver deux traductions exactement semblables dans les différents ouvrages sur le thé, la poésie chinoise, ou les deux, qui le citent !

Alors, pour le plaisir de la poésie et de la traduction – mais aussi pour faire un tout dernier clin d’oeil à ce numéro 5 de Jentayu, à quelques semaines de la parution du numéro 6 – voici sept traductions françaises différentes de ces sept tasses de thé, mais on peut en trouver bien d’autres !

(Je n’ai adopté aucun ordre particulier pour vous les présenter, c’est un peu au hasard)

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Coiffures africaines ancestrales

Le 7 juin 2017

Photo : JD Okhai Ojeikere

[…] une fois qu’elle avait fini de coiffer Madame à qui on peut au moins reconnaître une qualité, son attachement aux coiffures ancestrales des femmes de son peuple, elle ne porte ni perruques, ni rajouts, ne se défrise pas les cheveux, Masasi les natte, lui traçant d’ambitieux motifs sur le crâne, c’est une oeuvre graphique qu’elle réalise, et avec quelle précision, c’est comme un langage, ces lignes qui se croisent, une forme d’écriture ou, peut-être, plutôt, d’art à la fois abstrait et tangible, cela renseigne sur le mouvement d’une pensée qui n’est pas seulement celle de Masasi, je veux parler d’une vision du monde, c’est ce qui se dessine lorsqu’elle sépare les mèches à l’aide d’un piquant de porc-épic après les avoir démêlées, au-delà de ce qui relève de la culture commune, il y a le caractère de la tresseuse, sa créativité, dès le premier jour cela m’a frappée, j’ai constaté qu’elle avait un projet, une idée, comme un schéma en tête, elle ne se lançait pas au hasard ni ne propulsait les motifs dans le vent, elle façonnait sa propre mode.

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Déambulations pragoises

Le 5 juin 2017

Prague – Pont Charles et Château
Photo : Mariposa

Cela faisait de nombreuses années que je rêvais de passer une semaine à Prague au printemps. Le moment est finalement venu et je viens tout juste de rentrer d’un très beau séjour qui figure déjà au rang de mes souvenirs de voyage les plus chéris.

Pourquoi Prague ? Je ne sais pas vraiment. Peut-être d’abord pour Mucha et l’architecture art nouveau. Peut-être aussi parce que j’aime les villes traversées par un fleuve qui en devient un personnage à part entière. Peut-être enfin pour l’histoire et les légendes, celle du Golem entre autres. Et puis il y a évidemment Kafka et Kundera.

Dans tous les cas, Prague sonnait depuis plusieurs années à la porte de mon âme et dès que j’ai pu m’envoler vers elle, je l’ai fait.
C’est la première fois que je n’organise absolument pas un séjour, que je ne programme pas mes journées, que j’avais décidé de faire en fonction de mes envies et des opportunités qui se présenteraient, sans chercher forcément à tout faire, tout voir. Et c’est la première fois que j’apprécie autant un séjour, sans aucun regret, avec déjà l’envie de repartir dans le même état d’esprit, peut-être pendant l’hiver la prochaine fois.

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Poésie bucolique – Trois

Le 24 mai 2017

Photo : Eric Grange

Prendre des routes
parallèles
Ton eau abreuve mon coeur

Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés

Traite négrière et esclavage, nos Histoires

Le 22 mai 2017


Il y a une dizaine de jours, j’ai participé à un atelier d’écriture organisé dans le cadre de la Semaine de la Mémoire à Bordeaux, autour de la célébration du 10 mai, journée nationale des commémorations de l’esclavage, de la traite et de leurs abolitions. Cet atelier était proposé par Le Labo des Lettres, animé par Isabelle Kanor et accompagné au saxophone par Antoine Madet.

J’ai déjà eu l’occasion de le dire à plusieurs reprises, je ne suis pas très atelier d’écriture à la base (même si je les fréquentais assidûment au lycée par exemple), mais j’ai testé un atelier du Labo des Lettres au début de l’été 2016, sur le thème de « La voix de son être » et j’ai été conquise. En outre, le thème de cet atelier précis, autour de l’esclavage, de ses résonances dans nos petites histoires au sein de la grande avec un H, me parlait particulièrement. Et si un élément avait été nécessaire pour finir de me convaincre, le lieu de l’atelier aurait été celui-là. Il s’est en effet déroulé dans les salles du Musée d’Aquitaine consacrées à l’esclavage, leur intitulé officiel étant « Bordeaux au XVIIIe siècle, le commerce atlantique et l’esclavage« .

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Tercets du tram

Le 21 mai 2017

Source de l’image

Prochaine station : « Terres Neuves »
Laque rouge posée
sur les lèvres

*

Le soleil incendie les vitres
Contagion de femmes fleuries
dans le tram

*

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