Marx et la poupée

Le 12 novembre 2017

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Marx et la poupée
Maryam Madjidi
Le Nouvel Attila, 2017

Je suis sensible, voire hypersensible. Il m’arrive de pleurer à chaudes larmes en écoutant de la musique, en regardant un film ou même un reportage/documentaire, même juste au bout de quelques minutes à peine. Il peut m’arriver d’avoir les larmes aux yeux en lisant un livre, mais c’est la première fois qu’une lecture me fait pleurer (à chaudes larmes) d’émotion ! D’autant plus que cela m’est arrivé alors que j’étais chez ma coiffeuse ! A qui la faute ou plutôt le moment de grâce ? A Maryam Madjidi et à son magnifique Marx et la poupée !

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Habitée

Le 11 novembre 2017

Who are you ? – Série Flying Houses
Laurent Chehere
Source de l’image

Certains murs de la petite maison que j’habite sont creux.
Depuis quelques temps (quelques semaines ? Un mois ?), je les entendais. A l’intérieur, ça craquait, ça claquait, ça grattait, ça se déplaçait (rampait ? marchait ? sautait ?). Ca résonnait de partout. Tard dans la nuit. Ca commençait souvent autour d’une heure du matin et ça se poursuivait, frénétiquement, régulièrement, jusqu’aux premières esquisses du nouveau jour. Puis cela s’apaisait lentement jusqu’à se taire. Mais par moment, ça s’agitait aussi, plus faiblement, dans la journée.

Je me demandais ce que c’était. Petits mammifères ? Rongeurs ? Oiseaux ? Car, si ça vivait et se déplaçait de façon tapageuse et nocturne, jamais, jamais, ça ne laissait entendre sa voix …

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Pantouns pour nos morts qui ne sont pas morts

Le 1 novembre 2017

« Les morts ne sont pas morts/Ecoute plus souvent/Les choses que les êtres,/La voix du feu s’entend/Entends la voix de l’eau/Ecoute dans le vent/Le buisson en sanglot :/C’est le souffle des ancêtres./Ceux qui sont morts ne sont jamais partis/Ils sont dans l’ombre qui s’éclaire/Et dans l’ombre qui s’épaissit,/Les morts ne sont pas sous la terre/Ils sont dans l’arbre qui frémit,/Ils sont dans le bois qui gémit,/Ils sont dans l’eau qui coule,/Ils sont dans l’eau qui dort,/Ils sont dans la case, ils sont dans la foule/Les morts ne sont pas morts. »
Birago Diop, Les contes d’Amadou Koumba

Copyright : Taringa

Sous la demi-lune d’Halloween
zombies qui toussent, sorcières chafouines.
J’attends le Dia de Muertos
calaveras, chocolat chaud.

Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés

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Pantoun-Montréal

Le 30 octobre 2017

Parc du Mont-Royal, Montréal
Photo : Patricia Houéfa Grange
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Montréal bien vert fin septembre
douceur de l’été des Indiens.
J’attends le printemps en décembre
voici mon bel oiseau, il vient !

Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés

La Cueilleuse à l’Olympique

Le 26 octobre 2017

J’ai le plaisir de vous inviter à nous rejoindre, Naly Razakandraibe et moi, à la Librairie Olympique, le vendredi 27 octobre à 19h, pour une soirée de présentation et d’échanges autour de mon recueil poétique Le dit de la Cueilleuse.

Toutes les informations sur l’affiche ci-dessus (cliquer pour agrandir).

D’ici vendredi, je vous invite à lire ce compte-rendu de lecture par Claire-Lise Coux, qui m’a beaucoup touchée.

Carte postale de Trois-Rivières

Le 20 octobre 2017

Parc portuaire – Rue du Fleuve
Photo : Patricia Houéfa Grange (cliquer pour agrandir)

Mon bus s’est garé à Trois-Rivières ce jeudi 5 octobre à 13h30 et j’en suis repartie le même jour avec un autre bus qui a démarré à 20h05. Je n’ai donc passé qu’une après-midi, 6h30, dans cette petite ville de la Mauricie. Et pourtant j’y ai vécu certains de mes plus beaux moments de ce séjour canadien. La poésie y serait-elle pour quelque chose ? Plutôt 33 fois qu’une !

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K-urary

Le 15 octobre 2017

K-urary

J’ai bu l’eau de ta voix
et j’ai caressé l’épiderme de tes mots
Alors je t’ai enveloppé de l’encens de ma peau-aime

J’ai embrassé les lèvres de ta verve
et j’ai reçu le baiser de ta parole
Alors je t’ai aspergé du parfum de mes poèmes

Dans le silence indigo de la nuit
semée des étoiles de nos rires
tes ailes de papillon
recouvrent
mes ailes de papillonne
et notre étreinte fait soupirer la lune

Désormais mon sang ne coulera
que dans les veines de ton sang
Désormais mon cœur ne battra
que dans l’écho de ton cœur
Désormais mon âme n’habitera
que dans le giron de ton âme

J’ai bu l’eau de ta voix
Tendre curare aux effets d’antidote
Tu es venu Je suis tombée
Désormais mon souffle ne respire
que dans l’haleine de ton souffle

Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés

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Carte postale de Montréal

Le 5 octobre 2017

Montréal, du stade olympique au pont Jacques Cartier
depuis l’observatoire Camilien Houde
Photo : Patricia Houéfa Grange
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Le calme et le quasi silence.
C’est ce qui m’a surprise en sortant du métro station Berri-UQAM en début de semaine et en plein centre ville de Montréal. Puis les rues résidentielles avec leurs maisons en briques rouges, caressées de verdure, aux petits balcons charmants et aux escaliers qui dansent. J’ai du mal à réaliser que je suis au cœur d’une grande métropole. Je parcours les grands axes, l’interminable rue Sainte Catherine qui me fait sourire en pensant à notre longue rue Sainte Cath’ bordelaise, le village arc-en-ciel qui ouvre les bras aux artistes, et René Lévesque, Saint Denis. Il me semble que Montréal est alanguie, presque nonchalante. Elle ne donne pas envie de marcher longtemps. Elle invite plutôt à se poser sur un de ses nombreux bancs publics, sur une belle place, avec un sandwich ou un bouquin pour regarder les gens et le temps passer.

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La Cueilleuse à La Causerie

Le 17 septembre 2017

Je vous invite à nous rejoindre à La Causerie des Chartrons le vendredi 22 septembre à 20h30 pour une soirée d’échanges autour de cet ouvrage, animée par Marie Laugery.

Dans un premier temps, je vous donnerai à cueillir ma Cueilleuse, en mots, sons, chants.
Dans un deuxième temps, j’accueillerai et cueillerai votre Cueilleuse.
Venez avec un texte à partager autour des mots « cueillir »; ‘cueillette », « cueilleuse », en français ou dans toute autre langue.

Présentation de l’événement sur le site de La Causerie des Chartrons
Evénement Facebook

En espérant vous retrouver pour cette cueillette de mots à l’équinoxe d’automne, en prélude aux vendanges

D’ici là, nous pouvons commencer à faire connaissance à travers ces deux entretiens :
Afrik.com : Ce que la poésie nous apprend aujourd’hui
Kélé : On est ensemble !/ Portrait #12 : Patricia

Las malas lenguas/Les mauvaises langues

Le 9 septembre 2017

Las malas lenguas
Lise Segas
Illustration de couverture : Je ne suis pas à louer de Silvana Gallinotti
Editorial Verbum (Madrid), 2016

– A poil – me dit-il. « Sans blague ! – me dis-je – si je n’avais pas déjà ses poils sur la langue et que je ne mâchais pas mes mots, je lui dirais que je ne me suis pas épilée. Pour sûr, les mots sont de petits malins. »
            Quand je vois le membre de Cortés, je ne peux penser qu’au tentacule visqueux d’un invertébré quelconque. Je retiens mon souffle et je plonge dans les abysses du caleçon de mon client. Finalement, c’est comme manger un petit calmar qui ne serait pas mort du tout, puisqu’il continue à gesticuler de façon convulsive. Jusqu’au moment où le céphalopode crache son encre et disparaît.

Ceci est ma traduction de l’incipit du roman Las malas lenguas de Lise Segas, roman singulier, inclassable, délicieux. Voici la version originale de cet extrait (cliquer pour agrandir) :

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