Nous avons légèrement dépassé la mi février. Les jours ont commencé à rallonger de façon marquée. Les nouvelles pousses se donnent naissance et les premières fleurs printanières s’épanouissent. Il est temps pour moi aussi, poète-papillonne d’abandonner ma chrysalide au cocon et de déployer les ailes de ma poésie vers vous. Si vous saviez à quel point cela me met en joie !
Je vous donne trois rendez-vous principaux pour ce mois poétique à venir :
Dessin : Patricia Houéfa Grange Tous droits réservés
Pour célébrer l’entrée dans l’année du tigre, je reposte ici cette illustration que j’avais réalisée il y a quelques années en écho à un pantoun de l’ami Jérôme Bouchaud, pantoun qu’il avait lui-même écrit en écho à un pantoun malais traditionnel.
A l’aube de cette année 2022, je jette un coup d’œil dans le rétro car cette année 2021 aura marqué un tournant dans mes activités de traduction littéraire. En effet, pour la première fois, j’ai été sollicitée tout au long de l’année pour divers projets, de natures et dimensions diverses. Il y a toujours eu, tout au long de ces douze derniers mois, au moins un projet de traduction littéraire qui était sur le feu. Et, pour mon plus grand plaisir, il s’agissait essentiellement de projets poétiques. L’unique exception est la traduction du conte horrifique The House of Sounds de M. P. Shiel, mais la poésie fait partie de son essence. Voici le récit en traduction poétique de mon an 21.
Voilà, c’est fini. Du moins pour ma part. Juste avant les fêtes de fin d’année, j’ai livré l’ultime et définitive version de ma traduction du conte horrifique TheHouse of Sounds de M. P. Shiel aux Editions de L’Abat-Jour.
Lors des dernières séances de travail, je me suis exclusivement concentrée sur l’adaptation du façonnage des sons effectué par Shiel en divers endroits de ce récit, et en particulier dans le passage de la chute, dans tous les sens de ce terme. Echos et allitérations orchestrent ce grand final.
Ce ne fut pas une mince affaire, mais je pense avoir réussi à transmettre au mieux ce texte, dans le fond, la forme et l’esprit. De façon générale, sans être dans le mot à mot ni le littéral, j’aime rester au plus près de la lettre d’un texte quand je traduis, mais je sais aussi m’en éloigner lorsque c’est nécessaire pour reproduire l’intention de l’auteur.e. Pour moi, c’est une question de respect, et je suis donc guidée par le respect du texte dans tous ses aspects, aussi bien l’histoire/message qu’il véhicule, que les effets qu’il veut produire. Cela représente toujours un grand exercice d’équilibriste dont je ne me lasse pas !
En pensant à toi, Anne L’Or bel astre qui a traversé ma vie tel un météore Malgré la peine qui m’étreint je remercie la vie d’avoir croisé nos chemins Ton étoile habite à jamais mon ciel
Ce que m’a dit la minute
La minute m’a dit : « Presse-moi dans ta main ; Tu ne sais aujourd’hui si tu seras demain ; Ainsi prends tout le suc qui m’enfle comme une outre, Ne tourne pas la tête et ne passe pas outre, Vis-moi !…dans un instant, je serai du passé ! Mais tu ne sais peut-être au juste ce que c’est Qu’étreindre dans ses bras la minute qui passe, Si tu comprends la splendeur grave de l’espace Qui te laissait jadis indifférent et froid, Si tu sais accepter la douleur sans effroi, Si tu sais jouir d’un très subtil parfum de rose, Si pour toi le couchant est une apothéose, Si tu pleures d’amour, si tu sais voir le beau Alors suis sans trembler la route du tombeau. Tu vivras de chansons, de splendeurs, de murmures, Le chemin n’est plus long si l’on cueille ses mûres, Et je suis près de toi la mûre du chemin ! » La minute m’a dit : « Presse-moi dans ta main. »
En ce premier jour d’hiver, je viens vous parler des livres qui ont compté pour moi cet automne. Comme souvent, depuis quelque temps, un fil rouge se faufile et se tisse entre mes différentes lectures marquantes d’une période, d’une saison. Cette fois, ce sont les corps célestes qui ont tracé une galaxie pour les relier. Je vous les présente dans l’ordre de lecture :