Interlude surréaliste

Le 23 août 2022
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Chronique traductrice (3)

Le 18 août 2022
Autoportrait en élévation
Quelque part à Bordeaux, août 2022
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C’est l’heure où les oiseaux volent encore bas dans les rues. Elle ne m’est pas habituelle. Je suis plutôt une plume d’après-midi, de soirée et de nuit. Mais en cette première quinzaine d’août caniculaire où forêts et corps brûlent de l’intérieur, la clémence du petit matin m’est davantage propice. Alors, pour quelques jours, quelques semaines, je fais en sorte d’inverser le sens des aiguilles de mes horloges internes. D’autant plus que le temps est venu de m’immerger dans une étape aussi délicate qu’ultime de ma mission de traductrice : éprouver, avec un peu de recul, la qualité du rendu de l’œuvre des premiers mois de l’année.
Les épreuves, celles de mes propres livres, de mes recueils de poétesse, je pourrais les relire les yeux fermés (oui, oui, c’est une vue de l’esprit !). Mais il n’en va pas de même pour celles des livres que je traduis !
À peine savourée l’impression générale de fierté et de travail accompli, que déjà le diable se met à me narguer dans les détails. Il tressaute sur un ressort brusquement jailli d’une boîte de Pandore. Les deux anges sur mes épaules se disputent en permanence, un « Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage » est contré par un « Le mieux est l’ennemi du bien ». Une véritable mise à l’épreuve que cette relecture d’épreuves !
À l’orée de l’Assomption, mesure, négociations et compromis ont à nouveau fait leurs preuves ; je me calfeutre entre les pierres de l’oisiveté, lézarde telle une sangogne, et j’attends qu’enfin il pleuve !

Patricia Houéfa Grange
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Triptyque purpurin

Le 16 août 2022
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Venise à Bordeaux

Le 8 août 2022
Photo : Patricia Houéfa Grange
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Flâner en bord de mer et lagune
aux bassins lumineux de Bordeaux
Déambuler plutôt deux fois qu’une
au sein merveilleux de ces tableaux


Patricia Houéfa Grange
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La conférence des martinets

Le 29 juillet 2022
Photo : Patricia Houéfa Grange
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Il y a deux jours, j’ai assisté à une jolie conférence de martinets. Ils m’ont inspiré le pembayang d’un pantoun dont le maksud occupait mon esprit depuis près d’une semaine. Le voici mis en vidéo :

Vidéo : Patricia Houéfa Grange
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Pantoun-fougère

Le 22 juillet 2022
Photo : Clément Raufaste

J’ai été profondément émue hier soir en voyant apparaître sur mon fil d’actualité ces photos de Clément Raufaste, prises à La Teste. Un pantoun a immédiatement commencé à me pousser à l’esprit. Il vient d’en émerger, le voici :
(Le vers mis entre guillemets est emprunté à Aimé Césaire)

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Bleu-Blanc-Rouge

Le 14 juillet 2022

Bonne fête nationale à toutes et à tous.
Avec des larmes de cendres pour la vie qui brûle dans nos forêts, et des pensées vibrantes pour nos soldats du feu qui sont au combat depuis mardi 🇨🇵🇨🇵🇨🇵

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Super lune de juillet

Le 13 juillet 2022
Photo : Patricia Houéfa Grange
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Fin de saison 2021-2022

Le 1 juillet 2022
Image : Patricia Houéfa Grange
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Voilà, c’est la fin de cette saison 2021-2022 qui me fut une saison étrange, parsemée de hauts et de bas dans plusieurs aspects de ma vie. Moments de grande joie, de doutes, de deuil, d’exultation, de tristesse, de désespoir, d’à-quoi-bon, d’excitation, d’envie de tout laisser tomber, de grandes espérances, de plénitude et de sérénité.  
En regardant dans le rétroviseur, ce sont les beaux moments forts – dans tous les sens de ce terme – qui reviennent et que je veux garder :     
– Faire à nouveau un hommage à Victoria Santa Cruz en interprétant son poème Me gritaron Negra dans ma traduction, en compagnie des amis César-Octavio Santa Cruz et Liz Barthel à l’Instituto Cervantes de Bordeaux, dans le cadre d’une exposition de César      
– Parachever mon installation réVULVotion et ma performance Sois Elle et lèvres-toi pour les présenter au cours de la première édition du festival Ragnagnas Party au Rocher de Palmer à Cenon        
– La publication du recueil bilingue espagnol/français Dans la brume de deux siècles/Entre la bruma de dos siglos qui rassemble une dizaine de poèmes contemporains du Pérou, éditée par KLAC, dans ma traduction 
– La nouvelle édition de mon recueil Ventres, sons creux en collaboration avec Maya Mihindou, et le parachèvement de la mise en chair Noire et A-mère qui lui est liée. Cette dernière a été présentée pendant le WOW Festival organisé par Daisy Turner et la Boutique de créateurs éphémère organisée par KLAC à Bordeaux. Le livre a participé, avec d’autres publications de la maison Vertébrale, à l’édition 2022 de l’African Art Book Fair à Dakar
– Le bonheur de retrouver le Salon du livre de Poésie sous la Halle des Chartrons à Bordeaux
– L’exposition d’une première étape de mon projet Capillotractée chez Les Ami.e.s du Sahel à Bordeaux et les très belles rencontres avec les membres et sympathisants de cette chaleureuse association     
– L’émotion de participer à nouveau à l’Arc de Mémoire au pied de Modeste Testas, à l’initiative de Carole Lemée, et entourée de femmes admirables, dans le cadre des Journées de la Mémoire à Bordeaux         
– Tout ce que le travail sur la refonte de mon projet Métisse. Et alors ? a travaillé en moi
– Toutes les rencontres que ces différents projets et événements m’ont offertes

Sur le pêle-mêle ci-dessus, il y a tous ces souvenirs et les aspects visibles du travail de cette saison. Mais l’essentiel de mon travail sur cette période ne sera réellement visible qu’à partir de la fin de l’été/début de l’automne, notamment en traduction. Car la traduction littéraire a pris une place énorme sur cette saison et j’en suis emplie de gratitude. De belles choses se dessinent à l’horizon, mais je n’ose ni les prononcer, ni les énoncer. Les deux dernières années m’ont appris à attendre le jour J pour laisser pleinement éclater ma joie. Je croise donc les doigts, mais l’attente est déjà très réjouissante.

Un merci grand, énorme, à toutes les personnes avec lesquelles j’ai collaboré sur ces mois, et un merci encore plus immense à mes proches dont la force de l’amour m’a portée à bout de bras et permis de traverser les moments les plus difficiles.

Bel été à chacune et chacun de vous !

« Métisse et alors ? » – Nouvelle mue en cours

Le 1 juillet 2022
Photo : Patricia Houéfa Grange
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Il y a un peu plus d’un an, je vous avais parlé ici de la refonte de mon projet Métisse. Et alors ?
J’achevais ma note en déclarant que je partais en quête d’une maison d’édition pour la nouvelle mouture de ce projet. Comme j’ai pu le dire ailleurs (et ici aussi peut-être), je travaille de plus en plus dans la lenteur. Il ne s’agit pas de paresse. Il s’agit d’abord et avant tout d’avoir le temps (je dois aussi payer mes factures, les poètes ne peuvent malheureusement pas vivre de poésie et d’eau fraîche), mais aussi de prendre le temps. Le temps du recul, de l’enracinement profond de la pensée et des mots, à rebours du tout-instantané du monde actuel.

Ceci dit, j’ai effectivement envoyé cette nouvelle mouture datant d’un peu plus d’un an à trois maisons d’édition. Au bout de trois ou quatre mois, deux m’ont simplement répondu que malgré les qualités de mon projet, elles ne le retenaient pas (je résume). Au bout de presque un an, la troisième m’a envoyé une réponse qui laisse davantage la porte ouverte, mais pour d’autres projets, cette maison ayant estimé que la version que j’avais envoyée composait un ensemble trop court, entre autres. Il est vrai qu’à l’époque, il n’y avait que dix-neuf textes. Mais j’estimais avoir dit ce que j’avais à dire en ces dix-neuf textes et qu’il n’était pas nécessaire de dire en dix poèmes ce que je pouvais dire en deux. Cependant, après avoir relu récemment cette version, je me suis dit que cette maison n’avait peut-être pas tout à fait tort.

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