Nuit de Noël

Le 26 décembre 2015

Puisque nous avons eu la chance d’avoir la pleine lune pour illuminer notre nuit de Noël cette année, et que cela n’arrive pas souvent, je me suis dit que cela valait bien un pantoun.

pleine lune ciel pourpreSource de l’image

Pleine lune de la Nativité
boule d’or sur le sapin du ciel pourpre
Nouveau cycle anti-fatalité
je réveille en moi le Tigre Pourpre

Patricia Grange,
décembre 2015, tous droits réservés

***

Ce pantoun est évidemment un hommage à La Zone du Dehors d’Alain Damasio.

J’espère que vous avez tous passé un joyeux Noël et je vous souhaite d’avance d’excellentes fêtes de fin d’année.

La Zone du Dehors

Le 23 décembre 2015

zone du dehorsLa Zone du Dehors
Alain Damasio
Ed. La Volte, 2007

Puisque l’année touche à sa fin, je crois que je peux le dire sans trop risquer de me tromper : cet ouvrage est ma lecture la plus marquante de l’année !

Il m’a accompagnée pendant presque trois mois. Parce que ce n’est pas une oeuvre facile, qui s’offre et se donne spontanément, il faut s’accrocher et lui entrer dans la chair. Mais une fois la porte passée, on ne peut plus s’en aller. Trois mois aussi parce que j’avais envie que ce livre reste à mes côtés le plus longtemps possible. Je suis ravie d’avoir fini mon année avec lui, il fut un compagnon enthousiasmant !

J’en avais publié un court extrait ici, dans un autre post, dans un autre contexte. Ce n’est pas l’extrait le plus emblématique de l’ouvrage, parce qu’il n’y en a pas, et je n’en publierai donc pas d’autre. C’est un livre à prendre et retenir in extenso, qui ne peut pas se résumer, et qui parle directement au corps et à ce qui vibre en nous. Je vous le recommande plus que fortement.

Je voudrais cependant préciser que c’est un véritable OLNI, objet littéraire non identifiable, et vous connaissez mon affection pour ce qui ne rentre dans aucune case, ce qui sort et même déborde du moule ! La forme et le contenu de l’oeuvre sont ici étroitement liés. Elle est tout à la fois roman, essai, suspense, fantastique entre Tolkien et Bradbury, philosophie, poésie, érotisme, etc. Les voix des personnages s’y succèdent, se superposent en s’entremêlant dans un souffle proche des palpitations de nos désirs profonds, de ce qui bout en nous.

En bref, ce livre m’a fait vibrer pendant plusieurs mois. Et je donnerais cher pour revivre l’intense émotion, le frisson indescriptible, l’afflux d’eau au bord des yeux et la marée qui a renversé mon coeur lorsque j’en ai lu les dernières lignes ce matin …

Cela fait plusieurs années que la silhouette du Grand Rupteur danse dans ma vie. Désormais, je nourris sans relâche le Tigre Pourpre qui piaffe au fond de mon âme.

Renouveau

Le 13 décembre 2015

IrisIris
Photo prise dans mon jardin le 6 décembre 2015

(Pantoun)

Iris de la Saint Nicolas
flamme printanière à l’orée de l’hiver.
Dans ma vie te revoilà
feu du renouveau en mon coeur ouvert.

Patricia Grange
Décembre 2015, tous droits réservés.

Love, love, love

Le 7 décembre 2015

rose-love-letter

(A mon A)

Je t’écris un tercet
Trois lignes d’amour
à sniffer.

Patricia Grange
Novembre 2015
Tous droits réservés

Choeur-Etendard

Le 27 novembre 2015

drapeau françaisdrapeau de l'humanité

Choeur-Etendard

Je suis bleu-blanc-rouge et de toutes les couleurs
Mon âme porte l’étendard de toutes les douleurs

Mes mots sont une bannière brandie contre la peur
Je piétine la haine avec mes poèmes-fleurs

Je suis bleu-blanc-rouge et de toutes les douleurs
Mon coeur porte l’étendard de toutes les couleurs

Mes chants sont un drapeau flottant contre les profanateurs
Je vomis la barbarie avec mes vers libérateurs

Je suis bleu-blanc-rouge et de toutes les couleurs
Mon âme porte l’étendard de toutes les douleurs

Mes textes posent un garrot sur le flux de vos pleurs
J’expulse la violence dans une danse-douceur

Je suis bleu-blanc-rouge et de toutes les douleurs
Mon coeur porte l’étendard de toutes les couleurs

Ma voix refait vibrer le monde en choeur
Je noie les dérives sous les ferments de nos valeurs

Je suis bleu-blanc-rouge et de toutes les couleurs
Je suis l’étendard de l’humaine chaleur.

Patricia Grange
Novembre 2015
Tous droits réservés.

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Let there be love

Le 26 novembre 2015

833323lvres

(A mon A)

Je dépose mon amour
mis à genoux
devant tes lèvres.

Patricia Grange
Novembre 2015
Tous droits réservés

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Une lettre d’amour

Le 20 novembre 2015

tahar ben jelloun

Il y a déjà plusieurs mois que j’ai lu ce double-roman de Tahar Ben Jelloun. L’histoire singulière d’une femme élevée comme un homme par son père, sous le nom d’Ahmed dans L’enfant de sable et qui, à la mort de ce dernier, décide de retrouver sa féminité et de redevenir Zahra dans La nuit sacrée. Un double-roman qui m’a intéressée, happée et passionnée à plus d’un titre. Des textes qui rendent hommage à la femme et aborde des thèmes en avance sur leur temps, puisque le premier a été publié en 1985 et le second en 1987.

J’aurais pu choisir de publier ici des extraits sur le corps, sur la féminité, sur ce que c’est d’être femme/homme, sur le genre, la sexualité, des extraits érotiques aussi. Mais j’aurais vraiment eu du mal à choisir. Je ne peux donc que vous recommander de vous plonger dans ces ouvrages qui, tout en empruntant à l’atmosphère des Mille et Une Nuits, sont profondément modernes et se font étendard de la liberté.

Je voudrais cependant partager avec vous cette lettre qui arrive sur la fin de La nuit sacrée et qui est l’une des plus belles lettres d’amour qu’il m’ait été donné de lire à ce jour :

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Un ballet – Un roman – Un film – Un pantoun

Le 18 novembre 2015

02-now-patrick-bergerNow
Carolyn Carlson

Après avoir passé un excellent moment en allant voir Pneuma au début du mois d’octobre, je suis allée voir Now, la dernière création de Carolyn Carlson au Grand Théâtre de Bordeaux, à la fin du mois d’octobre.
Now n’est pas un simple ballet contemporain. C’est une oeuvre qui mêle singulièrement et harmonieusement ballet, théâtre et projection vidéo. J’ai beaucoup aimé que les mots de différentes langues viennent danser avec les corps des interprètes.

Carolyn Carlson dit elle-même qu’elle fait de la « poésie visuelle », et Now, c’est exactement ça, de la poésie visuelle.

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Nos rêves sont plus forts que leur haine

Le 14 novembre 2015

crépusculeCrépuscule barsacais
14 novembre 2015
Photo : Patricia Grange

Hier soir, je me suis couchée tôt. Ce matin, le réveil a été brutal, ahurissant, sidérant … Entendre en sortant du lit : « 120 morts … attentats … fusillade au Bataclan … explosion au Stade de France … tirs rue de Charonne … kamikaze ». Se dire qu’on ne doit pas être encore vraiment réveillée et qu’on nage en plein cauchemar. Avoir envie de pleurer. Puis avoir envie de crier.

Et là, regarder par la fenêtre. Voir un rouge-gorge picorer dans l’herbe en bordure du chemin. Admirer le ballet migratoire des étourneaux au-dessus des vignes. Avoir, comme une fulgurance, cette phrase qui traverse l’esprit, cette phrase-titre d’un recueil poétique de mon amie Claire-Lise Coux : « L’oiseau chante même quand la branche casse ». Ne plus entendre les voix tendues à la télévision. Avoir, malgré soi, cet air qui vient flotter à l’esprit « What a wonderful world ». La Nature qui immédiatement console. La Vie qui te gifle et te dit : « Je suis toujours là. Je serai toujours là. »

En janvier, après les attentats, je suis restée plus d’un mois dans un état presque végétatif. J’ai décidé que cette fois-ci, ils ne m’auraient pas ces salopards. Ils ne m’auront plus ces salopards.
Bien sûr, j’ai de la peine, bien sûr, je suis en deuil, bien sûr, je pense aux victimes et à leur famille. Bien sûr, j’ai peur. Mais cette fois, je ne laisserai pas le choc m’anéantir. Mais cette fois, je ne vais pas me contenter d’être en vie. Je vais rester Vivante. Je vais continuer à écrire de la poésie et à venir la partager ici. Même si cela peut paraître parfois tellement dérisoire face à la violence et à la brutalité du monde. Mais c’est justement à cause et contre cette violence et cette brutalité que je veux continuer à faire briller les étoiles de mes rêves et leur dire, à ces assassins déséquilibrés, qu’ils n’auront jamais assez de haine contre ce qui fait notre humanité.

Rester Vivante. Rester Vibrante. Plus que jamais.

Alors, j’ai éteint la télé. J’ai rénové un meuble. J’ai gribouillé et gratté mes carnets.

Voici donc un tercet, métamorphosé en photopoème, écrit le week-end dernier, que je pensais publier dans le courant de ce week-end. Je reste sur ce que j’avais prévu, le voici :

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Ceci n’est pas un tanka

Le 9 novembre 2015

lampe de rue cuivre bordeauxSource de l’image

Une à une
les gamelles bordelaises
s’illuminent.

L’encens de rose
jusqu’au bout de la rue.

Patricia Grange
Novembre 2015, tous droits réservés