Fagots de sarments
Photo : Patricia Grange
L’atmosphère respire
Le souffle des cheminées
se mêle à la brume.
Patricia Grange
janvier 2016, tous droits réservés
Le nouveau numéro de la Revue Pantouns vient de paraître. Cette seizième édition est consacrée au travail de Yann Quero, auteur de romans, nouvelles, poèmes, mais également amoureux des formes courtes comme le haïku, le tanka et le pantoun. Il écrit autour des thèmes de l’écologie et des questions environnementales (mais caresse aussi le surnaturel et le fantastique) qui font ici un écho à la récente COP21 qui a eu lieu à Paris. Eh oui, le pantoun vit dans son temps et s’intéresse à ce qui se passe dans le monde !
La paix du matin
dans les yeux d’une mésange.
Mon coeur est serein
habité par des anges.
Patricia Grange
Janvier 2016, tous droits réservés
Depuis le début de l’automne, je fais de la poterie dans un petit atelier de Bordeaux centre.
Le travail de la terre m’a toujours fascinée et cela faisait longtemps que j’avais envie d’y plonger les mains, de pétrir et de modeler cette belle matière. Depuis quelques mois, je réalise ce rêve avec bonheur et j’ai déjà donné vie à plusieurs projets. Je vous présente ici les photos, étape par étape, de mon tout premier projet : des coupelles en grès blanc émaillées, inspirées de la nature, du bord de mer, des coquillages, de la nacre. Je les accompagne de quelques vers faisant écho à cet artisanat des cinq éléments : eau, air, terre, feu, éther …
Extrait de la BD L’appel des origines
J’ai passé la plus grande partie de la trêve des confiseurs à lire. Je pensais publier ici des notes de lecture au fur et à mesure. Mais une longue panne de box internet m’en a empêché. Je fais donc une note regroupée pour vous parler de mes toutes dernières lectures de 2015. Je n’ai pas fait exprès, mais elles portent toutes le sceau du métissage …
Puisque nous avons eu la chance d’avoir la pleine lune pour illuminer notre nuit de Noël cette année, et que cela n’arrive pas souvent, je me suis dit que cela valait bien un pantoun.
Pleine lune de la Nativité
boule d’or sur le sapin du ciel pourpre
Nouveau cycle anti-fatalité
je réveille en moi le Tigre Pourpre
Patricia Grange,
décembre 2015, tous droits réservés
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Ce pantoun est évidemment un hommage à La Zone du Dehors d’Alain Damasio.
J’espère que vous avez tous passé un joyeux Noël et je vous souhaite d’avance d’excellentes fêtes de fin d’année.
La Zone du Dehors
Alain Damasio
Ed. La Volte, 2007
Puisque l’année touche à sa fin, je crois que je peux le dire sans trop risquer de me tromper : cet ouvrage est ma lecture la plus marquante de l’année !
Il m’a accompagnée pendant presque trois mois. Parce que ce n’est pas une oeuvre facile, qui s’offre et se donne spontanément, il faut s’accrocher et lui entrer dans la chair. Mais une fois la porte passée, on ne peut plus s’en aller. Trois mois aussi parce que j’avais envie que ce livre reste à mes côtés le plus longtemps possible. Je suis ravie d’avoir fini mon année avec lui, il fut un compagnon enthousiasmant !
J’en avais publié un court extrait ici, dans un autre post, dans un autre contexte. Ce n’est pas l’extrait le plus emblématique de l’ouvrage, parce qu’il n’y en a pas, et je n’en publierai donc pas d’autre. C’est un livre à prendre et retenir in extenso, qui ne peut pas se résumer, et qui parle directement au corps et à ce qui vibre en nous. Je vous le recommande plus que fortement.
Je voudrais cependant préciser que c’est un véritable OLNI, objet littéraire non identifiable, et vous connaissez mon affection pour ce qui ne rentre dans aucune case, ce qui sort et même déborde du moule ! La forme et le contenu de l’oeuvre sont ici étroitement liés. Elle est tout à la fois roman, essai, suspense, fantastique entre Tolkien et Bradbury, philosophie, poésie, érotisme, etc. Les voix des personnages s’y succèdent, se superposent en s’entremêlant dans un souffle proche des palpitations de nos désirs profonds, de ce qui bout en nous.
En bref, ce livre m’a fait vibrer pendant plusieurs mois. Et je donnerais cher pour revivre l’intense émotion, le frisson indescriptible, l’afflux d’eau au bord des yeux et la marée qui a renversé mon coeur lorsque j’en ai lu les dernières lignes ce matin …
Cela fait plusieurs années que la silhouette du Grand Rupteur danse dans ma vie. Désormais, je nourris sans relâche le Tigre Pourpre qui piaffe au fond de mon âme.