Hier soir, en rentrant après une soirée passée au cinéma et une petite déambulation nocturne, j’ai écrit ces mots :
(sans titre pour le moment)
C’est mardi soir. Bientôt mercredi.
Je marche dans Bordeaux. Pouls mécanique des bottines sur les pavés. L’atmosphère vibre de quelque chose que je ne sais pas mais que j’aime et qui m’aime. Les lanternes des quais incendient l’air de pulsations fluo. Je me déploie vers elles. Toujours cet ADN d’insecte amoureux de la nuit mais que la lumière attire. Jusqu’au vertige. Quitte à s’y griller les ailes. Pourvu que la danse soit belle !
C’est mardi soir. Bientôt mercredi.
Je marche dans ta volupté, ô nuit de Bordeaux.
Je descends du tram à la seconde où sur l’enseigne de la pharmacie les chiffres fluo passent de 23:59 à 00:00.
C’est mercredi. Tout juste. Tout juste mercredi.
Et je marche dans Bègles. Nuit de demi-lune croissante. Ca sent bon la terre mouillée. Mon être s’emplit d’humus. La mousse m’enrobe la peau. Traversée verticale du baiser des racines au houppier. Janvier embrasse sa dernière semaine. L’air est incroyablement doux. Presque tendre. Un brin sensuel. La nature s’y perd et bourgeonne en plein hiver.
Je suis à l’heure de mes saisons, en plénitude verte.
Patricia Houéfa Grange
Bordeaux/Bègles, nuit du 23 au 24 janvier 18
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