Oui, je sais, nous sommes à présent en été, aussi bien sur le calendrier qu’au niveau du mercure. Mais, comme je vous l’ai indiqué dans une note récente, je lis et j’écris de plus en plus dans le temps. Nous vivons dans une société dans laquelle ce mot tout à la fois perd de plus en plus son sens et devient de plus en plus un luxe. Tout le monde réagit à chaud à tous les types d’actualité, sans toujours prendre le temps du recul, un événement chasse l’autre en un délai record et je ne sais plus si on sait attendre et se montrer patient…
Fort heureusement pour moi qui goûte de plus en plus les joies du rythme des tortues (si je ne me trompe, la fable dit bien qu’à la fin, c’est elle qui l’emporte sur le lièvre ?), limaces et autres escargots (une autre voix de la sagesse ne dit-elle pas chi va piano, va sano e va lontano), littérature et poésie n’ont point de date de péremption, n’est-il pas ? Quel bonheur !
Alors, oui, c’est l’été et je vous parle de mes lectures du printemps. Des lectures confinées pour la plupart donc (même si, en fin de compte, toutes mes lectures sont confinées car je ne peux lire qu’une fois que j’ai mis une bulle autour de moi, même dans un café dont le sympathique brouhaha ambiant finit par se transformer pour dessiner les parois de cette bulle).
Lectures du printemps
Le 25 juin 2020Coquelicoquin
Le 18 juin 2020Traduire, vibre-t-elle/aile
Le 11 juin 2020Comme j’ai pu le dire dans un récent entretien avec le KLAC, pendant ma traversée du confinement, notamment pendant les premières semaines, l’écriture m’a désertée. Non pas qu’il ne se passait rien en moi et que je n’avais rien à dire, au contraire, il se passait très certainement trop de choses en moi, j’étais bien trop sidérée et bouleversée pour que mes pensées et mes mots puissent advenir de façon cohérente.
D’autre part, plus j’avance dans le temps, plus j’ai besoin de temps pour mûrir ma parole et dire ce que je veux dire exactement comme j’ai envie de le dire. Si je vis pleinement l’instant et dans l’instant, j’écris de plus en plus dans le temps.
Pantoun étouffé
Le 2 juin 2020
L’âcre fumée des bûchers carnivores
saisit la gorge, empêche de respirer
De combien de fruits étranges encore
nous faudra-t-il l’amertume avaler ?
Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés
Pantoun d’épeautre
Le 30 mai 2020Les épices se mêlent à l’épeautre
au sablé des biscuits de la joie
Hildegarde, je suis votre apôtre
au sacré des vertus de la joie
Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés
« L’abbesse recommandait ces biscuits pour donner de l’énergie, calmer les nerfs, dissiper la fatigue et résoudre les problèmes de concentration »
Extrait de Miraculeuses plantes d’Hildegarde de Bingen de Sophie Macheteau et Claire Desvaux, Ed. Rustica, 2017
Parler oiseau
Le 26 mai 2020
Pliage et photo : Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés
Nuit studieuse
les trilles matinaux
m’escortent vers le sommeil
*
De page blanche en nuit blanche
j’apprends à écridormir
dans la langue des oiseaux
*
Constellation capiteuse sur le treillage
Thé vert au fruit du dragon
Mille chants infusent dans le crépuscule
Constelación embriagadora sobre el enrejado
Té verde de pitaya
Mil cantos infusionan en el crepúsculo
Heady constellation on the lattice
Dragon fruit green tea
A thousand songs brew in dusk
Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés
Elles ont lu « Cette Malaisie lah! »
Le 15 mai 2020
Mon recueil Cette Malaisie lah! a commencé à rencontrer ses premières lectrices et premiers lecteurs. Trois lectrices en parlent :
Lire la suite »Cri Tacite
Le 11 mai 2020
Tous droits réservés
Au début de l’année, je vous avais parlé du projet Les cris tacites de Morgane Visconti auquel j’ai grand plaisir à participer.
Après une première exposition des photos le 7 mars 2020 à La Fabrique Pola Bordeaux, la série photo est toujours en cours et, simultanément, le projet est sur le point de franchir une nouvelle étape pour laquelle Morgane a demandé à chacune des participantes d’enregistrer son texte poétique/témoignage.
Lire la suite »10 mai 20 – Negra soy!
Le 10 mai 202010 mai. Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions.
C’est en cette journée symbolique que j’ai décidé de vous (re)parler d’un projet développé entre l’été et l’automne derniers, à l’invitation de la Macla, et en particulier de Cesar-Octavio Santa Cruz, dans le cadre de la Quinzaine de l’Égalité organisée par Bordeaux Métropole.





