(A mon A)
Je t’écris un tercet
Trois lignes d’amour
à sniffer.
Patricia Grange
Novembre 2015
Tous droits réservés
Choeur-Etendard
Je suis bleu-blanc-rouge et de toutes les couleurs
Mon âme porte l’étendard de toutes les douleurs
Mes mots sont une bannière brandie contre la peur
Je piétine la haine avec mes poèmes-fleurs
Je suis bleu-blanc-rouge et de toutes les douleurs
Mon coeur porte l’étendard de toutes les couleurs
Mes chants sont un drapeau flottant contre les profanateurs
Je vomis la barbarie avec mes vers libérateurs
Je suis bleu-blanc-rouge et de toutes les couleurs
Mon âme porte l’étendard de toutes les douleurs
Mes textes posent un garrot sur le flux de vos pleurs
J’expulse la violence dans une danse-douceur
Je suis bleu-blanc-rouge et de toutes les douleurs
Mon coeur porte l’étendard de toutes les couleurs
Ma voix refait vibrer le monde en choeur
Je noie les dérives sous les ferments de nos valeurs
Je suis bleu-blanc-rouge et de toutes les couleurs
Je suis l’étendard de l’humaine chaleur.
Patricia Grange
Novembre 2015
Tous droits réservés.
(A mon A)
Je dépose mon amour
mis à genoux
devant tes lèvres.
Patricia Grange
Novembre 2015
Tous droits réservés
Il y a déjà plusieurs mois que j’ai lu ce double-roman de Tahar Ben Jelloun. L’histoire singulière d’une femme élevée comme un homme par son père, sous le nom d’Ahmed dans L’enfant de sable et qui, à la mort de ce dernier, décide de retrouver sa féminité et de redevenir Zahra dans La nuit sacrée. Un double-roman qui m’a intéressée, happée et passionnée à plus d’un titre. Des textes qui rendent hommage à la femme et aborde des thèmes en avance sur leur temps, puisque le premier a été publié en 1985 et le second en 1987.
J’aurais pu choisir de publier ici des extraits sur le corps, sur la féminité, sur ce que c’est d’être femme/homme, sur le genre, la sexualité, des extraits érotiques aussi. Mais j’aurais vraiment eu du mal à choisir. Je ne peux donc que vous recommander de vous plonger dans ces ouvrages qui, tout en empruntant à l’atmosphère des Mille et Une Nuits, sont profondément modernes et se font étendard de la liberté.
Je voudrais cependant partager avec vous cette lettre qui arrive sur la fin de La nuit sacrée et qui est l’une des plus belles lettres d’amour qu’il m’ait été donné de lire à ce jour :
Après avoir passé un excellent moment en allant voir Pneuma au début du mois d’octobre, je suis allée voir Now, la dernière création de Carolyn Carlson au Grand Théâtre de Bordeaux, à la fin du mois d’octobre.
Now n’est pas un simple ballet contemporain. C’est une oeuvre qui mêle singulièrement et harmonieusement ballet, théâtre et projection vidéo. J’ai beaucoup aimé que les mots de différentes langues viennent danser avec les corps des interprètes.
Carolyn Carlson dit elle-même qu’elle fait de la « poésie visuelle », et Now, c’est exactement ça, de la poésie visuelle.
Crépuscule barsacais
14 novembre 2015
Photo : Patricia Grange
Hier soir, je me suis couchée tôt. Ce matin, le réveil a été brutal, ahurissant, sidérant … Entendre en sortant du lit : « 120 morts … attentats … fusillade au Bataclan … explosion au Stade de France … tirs rue de Charonne … kamikaze ». Se dire qu’on ne doit pas être encore vraiment réveillée et qu’on nage en plein cauchemar. Avoir envie de pleurer. Puis avoir envie de crier.
Et là, regarder par la fenêtre. Voir un rouge-gorge picorer dans l’herbe en bordure du chemin. Admirer le ballet migratoire des étourneaux au-dessus des vignes. Avoir, comme une fulgurance, cette phrase qui traverse l’esprit, cette phrase-titre d’un recueil poétique de mon amie Claire-Lise Coux : « L’oiseau chante même quand la branche casse ». Ne plus entendre les voix tendues à la télévision. Avoir, malgré soi, cet air qui vient flotter à l’esprit « What a wonderful world ». La Nature qui immédiatement console. La Vie qui te gifle et te dit : « Je suis toujours là. Je serai toujours là. »
En janvier, après les attentats, je suis restée plus d’un mois dans un état presque végétatif. J’ai décidé que cette fois-ci, ils ne m’auraient pas ces salopards. Ils ne m’auront plus ces salopards.
Bien sûr, j’ai de la peine, bien sûr, je suis en deuil, bien sûr, je pense aux victimes et à leur famille. Bien sûr, j’ai peur. Mais cette fois, je ne laisserai pas le choc m’anéantir. Mais cette fois, je ne vais pas me contenter d’être en vie. Je vais rester Vivante. Je vais continuer à écrire de la poésie et à venir la partager ici. Même si cela peut paraître parfois tellement dérisoire face à la violence et à la brutalité du monde. Mais c’est justement à cause et contre cette violence et cette brutalité que je veux continuer à faire briller les étoiles de mes rêves et leur dire, à ces assassins déséquilibrés, qu’ils n’auront jamais assez de haine contre ce qui fait notre humanité.
Rester Vivante. Rester Vibrante. Plus que jamais.
Alors, j’ai éteint la télé. J’ai rénové un meuble. J’ai gribouillé et gratté mes carnets.
Voici donc un tercet, métamorphosé en photopoème, écrit le week-end dernier, que je pensais publier dans le courant de ce week-end. Je reste sur ce que j’avais prévu, le voici :
Une à une
les gamelles bordelaises
s’illuminent.
L’encens de rose
jusqu’au bout de la rue.
Patricia Grange
Novembre 2015, tous droits réservés
Photo : Eugénie Baccot pour le magazine Vivre Bordeaux
(Cette photo n’est pas libre de droits. Si vous voulez l’utiliser, merci de vous rapprocher de la photographe)
Photo : Eugénie Baccot pour le magazine Vivre Bordeaux
(Cette photo n’est pas libre de droits. Si vous voulez l’utiliser, merci de vous rapprocher de la photographe)
Les deux photos ci-dessus ont été prises par Eugénie Baccot lors d’un shooting dans les jardins de la mairie de Bordeaux fin juillet dernier. Elles étaient destinées à illustrer la rubrique « Le Bordeaux de … » de la 5ème édition du magazine Vivre Bordeaux dont j’ai le plaisir et l’honneur d’être l’invitée.
Dans le crépuscule d’automne
le pompon de la corète
s’attarde.
***
Le ciel s’ouvre comme un ventre
au creux duquel
le soleil fond.
***
Ballet Pneuma de Carolyn Carlson
Au début de la semaine dernière, je suis allée voir le ballet contemporain Pneuma de Carolyn Carlson à l’Opéra de Bordeaux. J’avais décidé de me présenter « vierge » au Grand-Théâtre, sans avoir trop lu, écouté ou vu d’informations concernant cette création. J’avais été attirée par le titre, le fait qu’il évoquait le souffle (de vie, de création ?), l’air, le vent, la légèreté. Je n’ai pas été déçue ! Je ne savais pas qu’un nuage pouvait devenir une petite meringue délicate et savoureuse, à la fois croustillante et fondante, et que cette meringue pouvait se mettre à danser …