Photo : Eric Grange
La lune emplit le ciel de son sang
puis elle s’éclipse lentement.
Tu combles mon coeur chauffé à blanc
puis tu t’évanouis froidement.
Patricia Grange, Bordeaux, septembre 2015, tous droits réservés.
Photo : Eric Grange
La lune emplit le ciel de son sang
puis elle s’éclipse lentement.
Tu combles mon coeur chauffé à blanc
puis tu t’évanouis froidement.
Patricia Grange, Bordeaux, septembre 2015, tous droits réservés.
Aquarelle de Guy Papin
Extraite du recueil « Paroles arboricoles – Poèmes animistes »
Vendredi, Fanny de Rauglaudre m’a fait l’humble et joli cadeau, la belle surprise de se réapproprier mon poème « Contre », de le mettre en musique au piano et de le chantonner.
Ce poème est extrait de mon recueil « Paroles arboricoles – Poèmes animistes » illustré d’aquarelles de Guy Papin.
Merci Fanny pour ces jolies pulsations presque sanguines du piano et la voix en gouttes d’eau.
Vous pouvez l’écouter ici.
Americanah
Chimamanda Ngozi Adichie
Gallimard, 2014
Après avoir longtemps résisté à cet ouvrage (parce que je trouvais qu’on en parlait trop), j’ai fini par y succomber au début de l’été. J’ai passé la quasi totalité de mon mois d’août en sa compagnie. Cela fait déjà plusieurs semaines que j’en ai refermé la dernière page en me promettant de venir vous en parler. Mais je voulais le faire de façon un peu différente de tout ce qui a déjà été dit et sera encore dit sur ce roman intéressant à plus d’un titre.
J’ai décidé de vous en parler du point de vue de mon être sensible et non de mon être intellectuel. En effet, même si ce dernier a été largement stimulé par cette lecture (réflexion sur les préjugés des uns et des autres, destruction de clichés, ouverture de débats), il ne vous apprendrait ici rien de plus que ce que vous avez déjà pu lire ailleurs concernant ce roman. Mon être sensible a pour sa part été bien secoué, en particulier par les trois premières parties du roman car je m’y suis énormément retrouvée. Même si Ifemelu, personnage principal, est une Nigériane partie vivre aux Etats-Unis, le récit de son enfance et de son adolescence nigérianes a fait écho à mon enfance et à mon adolescence béninoises ; l’évocation de son arrivée aux Etats-Unis a réveillé les souvenirs de mon arrivée en France. Il y a eu tant de résonances ! Jamais oeuvre écrite ne m’avait autant déconnectée de la réalité, autant ébranlée !
Je vais donc, dans un premier temps, partager avec vous quelques extraits de ce délicieux pavé (520 et quelques pages tout de même !). Puis, je vous présenterai une tentative de « médiathèque » d’Americanah.
Il y a quelques semaines, j’ai partagé avec vous mon texte « S » pour lequel je vous avais également proposé une mise en voix. Cette première mise en voix avait été complètement bricolée maison, avec un matériel non adapté, notamment s’agissant du micro.
Après différents échanges, j’ai décidé de reprendre cette mise en voix, de l’affiner un peu. De plus, j’ai été gentiment invitée par Fanny de Rauglaudre (poète et plasticienne) à venir enregistrer et faire le montage de cette mise en voix en poussant la porte de ses Yeux Fertiles à Bordeaux. Elle dispose d’un équipement bien meilleur que le mien et j’ai également pu bénéficier des conseils et suggestions de ses oreilles fécondes. Merci beaucoup Fanny !
Les interprètes de la création « Evasion » en répétition
Cie Tchaka, tous droits réservés
Je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises de la création « Evasion » de la Cie Tchaka, à laquelle j’ai eu le plaisir de participer, notamment ici et là.
Pour rappel, pour le premier tableau de cette création, les interprètes dansent sur une mise en voix de mon texte « Scansion pour les noeuds du corps » et « Evasion » a été lauréate du jury 2014 des Rencontres Chorégraphiques de Saint-Jean d’Illac (33).
Création « Evasion »
Chorégraphe : Virginie Biraud
Interprètes : Marvin Clech, Nathanaël Lecoeur & Alexandre Sossah
Texte et mise en voix : Patricia Grange
Aujourd’hui, c’est avec beaucoup de fierté que je vous présente la vidéo de présentation de cette création dans laquelle vous pouvez entendre une partie de la mise en voix :
Plus que parfaits – Corps augmentés en scène
Exposition d’été 2015 de l’Opéra de Bordeaux
« Mon coeur est une penderie dans laquelle tous les costumes de mes personnages sont accrochés »
Simone Signoret
Photo : Patricia Grange, tous droits réservés
Photo : Patricia Grange, tous droits réservés
Photo : Patricia Grange, tous droits réservés
Vendredi dernier, je suis allée visiter l’exposition d’été de l’Opéra Grand-Théâtre de Bordeaux : Plus que parfaits – Corps augmentés en scène. Cette exposition présente les divers artifices qui permettent de modifier, sculpter, modeler et habiller le corps des interprètes des opéras et ballets (perruque, postiche, faux-cul, crinoline, tournure, fausses hanches, vertugadin, faux ventre, robes, kimonos et autres costumes et accessoires) afin de les faire correspondre au mieux à leur personnage. Elle montre ainsi comment, à travers les époques et les modes, le corps a été/est augmenté ou comprimé pour passer du corps naturel de l’artiste au corps culturel du personnage. Elle offre un voyage dans le travail de création et d’artisanat délicat et minutieux des costumiers, mais aussi une balade socio-anthropologique dans notre relation au corps et au vêtement.
Pantopie f. : « Manière de penser et vivre le monde en sa pleine diversité accordant à chaque lieu, à chaque être, l’importance et la dignité auxquelles il a droit, tout en le replaçant dans un vaste réseau de correspondances spatio-temporelles, de reconnaissance mutuelle et de responsabilité commune où il prend tout son sens. »
Indéfinition d’Eric Cattelain
Il y a environ deux ans, Eric Cattelain m’a proposé de participer au projet Pantopie qu’il a initié sur Internet et que je trouve à la fois vertigineux et fascinant, « pour un partage universel du sens ». Je vous avais déjà parlé de cette initiative ici.
Eric m’a proposé de m’associer plus particulièrement à la page « Les mots de … » en rajoutant ma propre rubrique, avec mes propres mots, pour établir un lexique sensible, reflet du regard que je pose sur le monde. Le projet m’a tout de suite plu. Mais il m’a finalement demandé beaucoup plus de temps que je ne le pensais au départ (deux ans) pour le mûrir et le nourrir. Et ça y est, depuis quelques heures, vous pouvez voyager sur les ailes de mes mots. Voici les mots de Patricia G. !
N’hésitez pas à aller à la découverte de ceux des autres contributeurs et à vous promener sur l’ensemble du continent Pantopie ! Merci encore à toi, Eric !
Bordeaux, Jardin Botanique, août 2015
Photo : Patricia Grange
Depuis mon adolescence, je suis amoureuse de l’impressionnisme, en particulier des tableaux de Monet et encore plus de la série des Nymphéas. Inconditionnelle du Musée d’Orsay, ce n’est pourtant qu’il y a un an et demi que j’ai réalisé un de mes rêves en allant admirer les originaux de la série de Nymphéas au Musée de l’Orangerie. Ce fut une expérience délicieuse. Ils sont vraiment envoûtants. Me reste désormais à réaliser un autre rêve, visiter le jardin du maître à Giverny …
En attendant, dès que je peux aller contempler des nénuphars, lotus et autres fleurs aquatiques, je ne m’en prive pas. Les bassins du Jardin Botanique, rive droite à Bordeaux, sont actuellement généreusement fleuris. J’y ai donc passé un petit moment en fin de semaine dernière …
Bordeaux, Jardin Botanique, août 2015
Photo : Patricia Grange
L’Hermione au Quai Richelieu, Bordeaux, août 2015
Photo : Patricia Grange
La première fois que j’ai rencontré l’Hermione, c’était en mars 2003, sur son chantier, lors d’une promenade-visite étudiante à la Corderie Royale de Rochefort, alors qu’elle commençait tout juste à prendre forme :
Le chantier de l’Hermione à Rochefort, mars 2003
Photo : Patricia Grange
S
Est-ce du domaine du corps ou de l’esprit ?
Est-ce de l’alchimie physique ?
Est-ce du domaine de l’électricité ?
De la foudre et du courant qui transpercent ?
Est-ce du domaine du magnétisme ?
Est-ce l’attraction des pôles ?
Est-ce du domaine des épidermes ?
De l’animal ? De l’énergie des phéromones ?
(En langue fon, aimer se dit « wangnigni » :
Accepter et prendre, adopter l’odeur de l’autre)
Est-ce du domaine de la magie ou du mystère ?
Est-ce instantané ou progressif ?
Est-ce du domaine de l’inconscient ou du réfléchi ?
Est-ce du domaine de la folie ?
Que se passe-t-il à la crête des vagues du sang ?
Dans les abysses des âmes ?
Que se passe-t-il pour qu’à un moment t
Deux êtres tout à coup se reconnaissent
Deux êtres interrompent simultanément
la ligne de leur traversée solitaire
Et entament tacitement de concert
Une danse à deux ?
Que faut-il pour que deux êtres
Défient toutes les probabilités
Pour danser ensemble contre une impossible éternité ?
Patricia Grange, août 2015, tous droits réservés
***