A année particulière, fin d’année et début de nouvelle année particuliers. J’ai quelque peu quitté ma zone de confort de lectrice, sans pour autant m’éloigner de la poésie.
Photo : Patricia Houéfa Grange
Ceci est l’ouvrage déroutant au titre pourtant suave avec lequel j’ai transitionné de 2020 vers 2021 (sa couverture est du reste superbement assortie à mon marque-page). Effroyable et même insoutenable sur la fin, mais je n’arrivais plus à le lâcher !!! Je suis partagée entre fascination et horreur… Mais cet ouvrage est également très poétique, dans sa langue et dans son langage. Des images-anaphores résonnent en écho d’un chapitre l’autre. Des métaphores se filent d’une époque à une autre – la figure de la fileuse s’incarnant d’ailleurs en deux personnages : la jeune fille aux fuseaux de laque et la…. Mygale. Le texte est émaillé de termes recherchés et/ou délicieusement désuets tels que mastroquet, goualeuse, irruer, sénestre, cruor, rubigineux, onanisme, roupie (pour goutte au nez).
J’avais déjà partagé avec vous quelques premiers échos de lecture de mon livre Cette Malaisie lah! objet littéraire hybride entre carnet de voyage et recueil poétique : ici et là.
D’autres retours me sont parvenus ces derniers mois, que je suis ravie de partager avec vous !
Comme je vous l’annonçais il y a quelques mois, mon livre Couleurs de mots sur le Bénin, en duo avec l ‘aquarelliste Guy Papin, a été réédité par les éditions Lamarque et a paru le 13 novembre dernier. Vous en trouverez une présentation complète ici.
Le reconfinement et, de façon générale, la crise sanitaire, ne m’ont pas permis pour le moment de faire des présentations et rencontres en librairie, mais je souhaitais célébrer malgré tout cette belle nouvelle et présenter cet ouvrage à un nouveau lectorat.
Bien entendu, je ne dirai pas le contraire, 2020 fut une année éprouvante, voire éreintante. Mais il y a malgré tout eu de la lumière et de beaux horizons. A titre personnel, j’ai moult motifs de lui jeter la pierre et tout autant de la serrer dans mes bras. En tant qu’écrivaine, aussi bien la poète que la traductrice, je veux juste garder d’elle ces trois merveilleux cadeaux que j’ai le bonheur de partager avec vous. Et je remercie ici mes éditeurs qui m’ont fait confiance et apporté tant de bonheur. Par ordre de publication, David Magliocco des éditions Gope, Olivier Desmettre des éditions do et Eric Labayle des éditions Lamarque. Et merci à vous toutes et tous, chères lectrices, chères lecteurs. Meilleurs vœux et meilleure année à vous.
Il y a déjà plusieurs mois que j’ai lu ces trois livres – entre la fin de l’été et le début de l’automne. Je n’ai pas réussi à trouver le temps de venir vous en parler plus tôt. A force de procrastination, le dernier jour de cette « drôle » d’année est arrivé et je ne pouvais pas la laisser filer sans venir dire quelques mots sur ces trois livres. Impossible, tant ils ont été importants pour moi, tant ils m’ont fait du bien.
En effet, si 2020 restera dans les mémoires d’abord et avant tout à cause d’un sinistre virus qui aura bouleversé la vie du monde entier, ce fut également une année particulièrement agitée par les questions identitaires, dans le sillage du mouvement Black Lives Matter. C’est quelque chose que j’ai vécu violemment, ressenti dans ma propre chair, comme au moment de mon adolescence et de mes jeunes années d’adulte quand je ne savais pas quoi faire de mon métissage, comment le vivre, comment concilier en moi et face au monde toute cette brutalité de l’Histoire ? Tout m’a été renvoyé comme des milliers de coups de poing par l’actualité. Et ces trois ouvrages ont été un refuge, une consolation, une voie pour me rééquilibrer.