Il y a quelques semaines, je suis venue vous présenter ici la nouvelle version de mon projet Métisse. Et alors ?
J’ai décidé d’en publier trois extraits, en mise en voix et sons, sur ma page SoundCloud.
Ajnabeeya est le premier de ces extraits.
Ajnabeeya
Le 29 avril 2021Projet HoS – Traduction en cours
Le 27 avril 2021Cela fait deux mois désormais que j’ai replongé, à nouveau avec autant d’affres que de délices, dans l’univers inclassable d’un auteur dont j’avais traduit un premier texte il y a bientôt trois ans. La première fois, il s’agissait d’une nouvelle qui m’a intensément occupée pendant trois mois. Cette fois-ci, c’est ce qu’on peut appeler une novella, à savoir une longue nouvelle ou un roman court. Et cette traduction va m’occuper jusqu’à la fin de l’année. Non pas en raison de son volume, mais des recherches et des soins qu’elle demande. Les mondes traversés ne sont pas les mêmes que lors du premier voyage en traduction, mais le style exigeant, lui, est bien là. C’est, une fois encore, plusieurs voyages dans le voyage, des portes qui s’ouvrent en poupées russes les unes après les autres vers mille et une découvertes, notamment des paysages, folklores et mythologies que je ne connaissais pas vraiment jusque-là. C’est passionnant. Et j’espère que le futur lectorat sera aussi fasciné que la traductrice de ce texte qui a 110 ans cette année. Oui. Et c’est une émotion particulière aussi de traduire un texte aussi millésimé !
Il devrait paraître d’ici le début de l’année prochaine en anthologie ou autre recueil de textes. Je remercie l’éditeur de me faire à nouveau confiance.
L’illustration est de Kazoheen pour une des éditions en langue originale (anglais) de ce récit. Je dois bien dire qu’en le lisant et traduisant, il m’apparaît parfois comme une métaphore du trop-de-bruit du monde actuel…
« Elle est pas belle la vie ? » Volet III
Le 22 avril 2021Elle est pas belle la vie ?
Volet III
Mythologie des entraves
On ne naît pas libre
On marche toute l’éternité de sa vie
tel un Atlas
sous le poids des attentes de son monde
Le poids de leurs yeux
celui de leurs mots
Le poids de leurs soupirs
celui de leurs silences
On ne naît pas libre
On marche toute l’éternité de sa vie
tel un Janus
dans le déchirement des tiraillements
Entre son cocon
et son horizon
Entre l’arbre (des affections)
et la pirogue (de la réalisation)
Entre ceux qui nous ont portés, ceux que nous portons
et ce qui nous porte
Quand tu cèdes aux injonctions ou aux prières
qui parfois n’osent pas dire leur nom
portent le masque de Tacite
et n’en sont que plus violentes
tu berces et endors le python de la culpabilité
qui t’enserre les entrailles ouvertes
mais tu nourris l’hydre cancéreux des frustrations
qui te métastase l’âme à vif
Et inversement dans le choix contraire
Tu es pour toujours un Prométhée
habité de l’ardeur impérieuse qui t’anime les veines
dont un aigle-écartèlement revient inlassablement
dévorer le foie des douleurs
On ne naît pas libre
On ne le devient pas
En vain tu chausses les sandales ailées
Tu ne peux pas disparÊtre
On ne vit pas libre
Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés
« Elle est pas belle la vie ? » Volet II
Le 21 avril 2021
Chrystel Mialet
Source
Elle est pas belle la vie ?
Volet II
L’Âge du Non
Oui Papa, Oui Maman
Oui Maîtresse, Oui Monsieur
Bénissez-moi mon Père car j’ai péché
Une vingtaine d’années usées
à vivre en fonction de règles adoptées
sans remise en question
depuis des générations
de décisions prises en ton nom
Et on te faisait miroiter le bel horizon du
« Quand tu seras grande, tu feras ce que tu voudras »
…
« Elle est pas belle la vie ? » Volet I
Le 20 avril 2021
Julia Hariri
Source
Elle est pas belle la vie ?
Volet I
Tabouret
Assis au bord du tabouret de mon existence
J’attends
J’attends
Que passent les heures sur ma journée de travail
Que passe l’ennui profond de mes actes sans fond
Que passent les années de cette activité consentie
Que passe le bus, que passe le tram, que passe le train
Assis au bord du tabouret de mon existence
J’attends
J’attends
Je suis au désespoir
Je suis à bout
En rien je n’ose plus croire
Et je me taillade le pouls
Assis au bord du tabouret de mon existence
Je voudrais me lever
Je voudrais me camper sur les rails
Je voudrais m’inscrire dans ma vie
Je voudrais exister et cesser de subir
Mais passe le temps et sonne le glas
Mes jours m’échappent
Et l’inhumain demeure
Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés
« Métisse. Et alors ? » – Mue
Le 16 avril 2021
Patricia Houéfa Grange, 2021
(technique mixte)
Tous droits réservés
Il y a un an environ, j’ai entamé la refonte de mon recueil Métisse. Et alors ? initialement publié en auto-edition en 2014.
Avec le recueil Ventres, sons creux, c’est mon ouvrage le plus personnel, écrit directement par mes tripes. Mais tandis que la composition de Ventres, sons creux ne bougera désormais plus (car lié à mon non-désir d’enfant qui est immuable), je pense que je revisiterai régulièrement Métisse. Et alors ? qui suit le chemin de ma quête identitaire qui ne s’éteindra qu’avec moi. Nous sommes en perpétuelle mutation, nourrie notamment par les évolutions de notre environnement, notre monde.
Tercets trilingues glycinés
Le 12 avril 2021Pantoun-brandon
Le 9 avril 2021Les/Mes mots et ma/la langue
Le 2 avril 2021J’ai posé les mots sur ma langue
en ai lentement savouré la palette des nuances
en ai avalé l’essence
alors le poème en moi a joui
He colocado las palabras en mi lengua
lentamente he saboreado la gama de sus matices
engullido su esencia
entonces el poema dentro de mí tuvo un orgasmo
I put the words on my tongue
slowly relished the range of their subtleties
swallowed their essence
then the poem in me had an orgasm
***
Lire la suite »User le bleu/Sous la peau
Le 25 mars 2021Il faut de la passion pour écrire de la poésie.
Il faut beaucoup de passion pour faire publier sa poésie.
Il faut énormément de passion pour lire la poésie des autres.
Il faut passionnément de passion pour éditer de la poésie.
Et il fallait un petit grain de folie poétique douce en plus pour lancer une maison d’édition de poésie en cet an vingt !
Eh bien, les deux fondateurs de la jeune maison Aux cailloux des chemins l’ont fait et nous, poètes et lecteurs.trices de poésie, les en remercions infiniment. Car s’il y a bien quelque chose dont nous avons besoin en ces temps incertains, c’est de semer nos vies de cailloux-poèmes pour ne pas nous perdre en chemin !
Faisons les présentations :
Les éditions Aux cailloux des Chemins ont vu le jour en 2020. Formées par l’association de deux amis désireux de porter des textes inédits et classiques, les éditions ont pour objectif de publier de la poésie, de la prose, de l’illustration et de la bande dessinée.
Prétexte à des rencontres entre artistes et entre auteurs avec leur public, chaque publication donnera lieu à des événements associés : lectures, rencontres avec les auteurs, en librairies, en divers lieux associatifs.
Les publications s’articulent pour le moment autour de deux collections :
– Nuits indormies : textes de poésie, illustrés ou pas
– Vu par : rencontres entre des plasticiens et des textes classiques







