« Etre femme sans enfant »

Le 21 octobre 2013

maternité 1

Et voilà, depuis une semaine, plusieurs d’entre vous m’ont fait le plaisir et apporté le soutien de commander leur exemplaire de « Ventres, sons creux ». Je ferai partir un premier lot de commandes cette semaine. J’en mets évidemment de côté pour celles et ceux à qui je le remettrai en main propre ! Un grand merci à toutes et tous !

Ventres, sons creux

J’ai décidé de profiter de cette occasion pour partager avec vous ce sublime monologue sur les femmes sans enfant de la comédienne, slameuse et auteure québécoise Amélie Prévost. Il m’a particulièrement touchée :

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Skandalon de Julie Maroh

Le 20 octobre 2013

skandalon« Skandalon »
Julie Maroh
Glénat, septembre 2013

Mieux vaut brûler intensément que s’éteindre à petit feu …

J’avais eu un énooooooooooooorme coup de coeur pour « Le bleu est une couleur chaude », tout premier album BD de Julie Maroh. J’en avais parlé sur mon ancien blog ainsi que sur celui d’Esprit Métis.

Alors forcément, je guettais avidement sa publication suivante. Et bien, je n’ai pas été déçue ! « Skandalon » m’a littéralement mis une claque. En refermant l’album, je suis restée assise hébétée pendant longtemps dans mon canapé !

SKANDALON-DP-web

Je n’ai pas envie de vous faire un résumé de l’histoire. Vous en trouverez plusieurs sur Internet et ailleurs. Juste vous donner mes impressions/ressentis :

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Le premier jour du reste de ma vie …

Le 20 octobre 2013

pleine lune 10 de 13Pleine Lune 10 de 2013
19 octobre 2013
par Mariposa

Vendredi dernier était un jour très particulier pour moi. C’était le premier jour du reste de ma vie !

Oui. Un jour que j’attendais depuis plusieurs mois, depuis que j’avais pris la décision de faire basculer ma vie dans un nouveau cycle. Et la nuit suivant cette journée a été bénie par l’arrivée de la pleine lune …

Vendredi dernier (inch’Allah) fut le dernier vendredi qui m’a vue me rendre au bureau de traduction bordelais où je travaillais à temps plein jusque là depuis plusieurs années.

En effet, depuis vendredi, je suis en congés. Et quand je reprendrai le travail en novembre, je ne travaillerai plus le vendredi !

Une journée pour écrire. Une journée pour dessiner. Une journée pour créer.

Une journée pour travailler sur des projets poétiques, seule ou avec d’autres poètes/artistes. Une journée pour répéter. Une journée pour me déplacer et participer à certains événements.

Une journée pour intervenir dans certains lieux.

Une journée pour effectuer des démarches et des tâches administratives concernant mes activités poétiques et artistiques.

Une journée aussi pour me nourrir : lire, voir des expos, aller au ciné, me documenter.

Une journée pour me consacrer un peu plus pleinement, entrer en lien encore plus étroit avec la Poésie !

moon-281115ba6Source de l’image

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Faire-Part de Naissance

Le 15 octobre 2013

Ca y est, « Ventres, sons creux » est officiellement né :

Faire-Part(cliquer pour agrandir)

J’attends vos commandes !

Ce que nous disent les gouffres …

Le 15 octobre 2013

lampedusaSource de l’image

Aux âmes naufragées de Lampedusa et Malte.

Merci à Julienne Salvat pour le partage de ce texte.

LAMPEDUSA : CE QUE NOUS DISENT LES GOUFFRES

Toute horreur crée son gouffre

ainsi celle de la Traite à nègres qui fit de l’Atlantique

le plus grand oublié des cimetières du monde

(crânes et boulets relient les îles entre elles 

et les amarrent aux tragédies du continent)

Le gouffre chante contre l’oubli

en roulis des marées

en mots de sel pour Glissant pour Walcott et pour Kamau Brathwaite

(fascine des siècles dans l’infini de ce présent où tout reste possible)

Celui de l’Atlantique s’est éveillé

clameurs en méditerranée ! 

l’absurde des richesses solitaires

les guerres économiques

les tranchées du profit

les meutes et les sectes d’actionnaires

agences-sécurité et agences-frontières

radars et barbelés

et la folie des murs qui damnent ceux qu’ils protègent

chaussures neuves et crânes jeunes font exploser les vieilles concentrations !

les gouffres appellent le monde

les gouffres appellent au monde

l’assise ouverte

les vents qui donnent l’humain

l’humain qui va au vent

les aventures des peurs et des désirs

la seule richesse des expériences menées à la rencontre

les solidarités qui se construisent et qui construisent

les coopérations qui ouvrent et qui assemblent

et le suc et le sel de l’accueil qui ose

L’enfant a eu raison de mettre ses chaussures neuves

ce qu’il arpente au delà de nos hontes

c’est le tranchant des gouffres génériques

qui signalent sous l’horreur

et qui fixent sans paupières

l’autre possible ouvert du meilleur de nous

en ombres en foudres en aubes

les gouffres enseignent longtemps

(toute douleur est apprendre et ce chant est connaître)

chant partagé d’une même planète.

Patrick CHAMOISEAU

Ventres – « Cercle de Vénus »

Le 11 octobre 2013

ventres 1Prototype du recueil « Ventres, sons creux »
Poèmes de Patricia Grange
Illustrations et maquette de Maya Mihindou

Demain, à la librairie des Xérographes, dans le cadre de la Fête des Vendanges de Montmartre, Maya et moi nous vous présenterons « Ventres, sons creux ».

En voici un premier extrait :

Cercle de Vénus

J’ai toujours eu envie
De voir mon ventre s’arrondir
Mais je ne l’ai jamais voulu.
Je suis née dans un cercle
Dont la Mère est le centre
Dont l’Enfant est la périphérie.
Mon inconscient allait suivre
Du bout de sa canne blanche
Le fil invisible de l’Histoire
Tissé par la ronde de mes sœurs.

Je suis née dans un cercle
Dont la Mère est le centre
Dont l’Enfant est la périphérie.
J’ai toujours eu envie
De voir mon ventre s’arrondir
Mais je ne l’ai jamais voulu.
Un jour, mon ventre s’est refermé sur ma terre
Je suis devenue éternelle jachère
Mes graines germeront, fleurs d’encre et de papier.

ventres 2Prototype du recueil « Ventres, sons creux »
Poèmes de Patricia Grange
Illustrations et maquette de Maya Mihindou

Chair Tattoo – Prélude aux « Ventres, sons creux »

Le 10 octobre 2013

tatouage japonaisSource de l’image

Chair Tattoo

Je n’ai pas voulu de toi dans ma vie
Alors je t’ai gravé dans ma chair
Je n’ai pas voulu de toi dans mon ventre
Alors je t’ai sculpté sur ma peau

Enfant-« monstre » aux ailes de Monarque
Ange-enfant aux ailes d’éphémère
Enfant-mutant aux ailes de lépidoptère

Tu fais résonner sur ma hanche
Le silence de l’horloge biologique
Tu danses sur la chute de mes reins
La musique affirmée de mes trente ans

Embryon de toutes mes futures métamorphoses
Papillon de mes prochaines naissances
Eternelle enfance de mes désirs

Je ne voulais pas que tu restes cette ombre
Furtive à la surface ineffable de mes pensées
Alors je t’ai fait prendre vie et sang, chair de ma chair,
A fleur du corps de mon existence

Toi qui ne naîtras pas
Toi qui fais cependant partie de moi
Toi qui existes pourtant en moi

Je n’ai pas voulu de toi dans ma vie
Mais je te porte intimement au dos
L’encre de ton aura fondue à mon épiderme
Tu es un peu moi et je suis un peu toi.

Mariposa, 4 février 2013 à 19h

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Arbre intérieur

Le 9 octobre 2013

Ficus (2)

Cela faisait longtemps que je rêvais d’avoir une belle et grande plante verte dans mon intérieur …

Depuis quelques jours, il y un magnifique petit arbre dans la pièce à vivre de ma maison. Un superbe ficus qui a tout de suite trouvé sa place ! Du haut de ses deux mètres, il est à la fois immense et de taille humaine …

Lorsque, papillon de nuit, je m’attarde le soir dans la pièce silencieuse, j’entends la chute de quelques petites feuilles sèches, à travers les multiples petites branches, sur le sol ou dans le pot. J’ai immédiatement l’impression d’avoir été téléportée à l’extérieur, dans mon jardin, où les oiseaux en jouant dans les arbres font tomber leurs feuilles fanées au sol …

« Je ne puis regarder une feuille d’arbre sans être écrasé par l’univers. »
Victor Hugo

Pensées perchées d’automne

Le 8 octobre 2013

Oiseaux perchés tels des notes
Sur la portée de mes pensées
Harmonie d’automne

***

Tout en haut du toit de la serre citadine
Le petit chat perché ignore
le plafond de verre

Mariposa, à Bordeaux, le 8 octobre 2013
(depuis le bureau sous les toit d’un immeuble bordelais ancien)

Ventres, sons creux – La gestation

Le 6 octobre 2013

Illustration Jachère de Maya Mihindou
sur mon poème Cercle de Vénus
pour notre projet « Ventres, sons creux »

Dans un petit peu moins d’une semaine, j’aurai en main les tout premiers exemplaires de « Ventres, sons creux ». Je ne peux vous décrire à quel point je suis à la fois heureuse, impatiente, excitée, soulagée, angoissée, anxieuse. Cet ouvrage ne ressemblera à aucun de mes autres ouvrages. Pourquoi ?

1) Il touche un aspect très intime de ma vie où j’ai décidé de puiser pour nourrir une oeuvre à rendre publique parce que cet aspect fait encore l’objet de tabou : l’absence de désir d’enfant d’une femme
2) J’ai livré mes textes à Maya pour qu’elle les illustre, les maquette et les édite. C’est la première fois que je laisse quelqu’un pénétrer et intervenir à ce point dans l’antichambre de la création d’un recueil. Mais j’avais et j’ai toute confiance en elle. Et si cela n’a été ni facile, ni simple et que cela nous aura pris trois ans à tâtonner, à discuter, à faire et refaire, je ne regrette rien, au contraire. Maya a pétri et superbement sculpté la « glaise » que je lui ai présentée pour en faire une oeuvre bien vivante !

Avant de poursuivre, je voudrais préciser que ce recueil n’est pas un livre de guerre ni de division. Même s’il comporte des poèmes très virulents, il ne s’agit pas d’opposer les femmes mères à celles qui ne souhaitent pas le devenir. Il ne s’agit pas de prôner un monde sans enfants ni d’inciter les femmes à ne pas en avoir. Il ne s’agit pas d’exhiber mon chemin de vie comme étant LE chemin, LA vérité. Non, non et non.

Bien au contraire, ce recueil est un recueil de dialogue et de paix. Ce recueil est simplement là pour dire : « Oui, nous les femmes ne souhaitant pas avoir d’enfants, nous sommes là, nous existons, nous avons les mêmes droits que toutes les femmes, nous ne sommes pas des femmes déséquilibrées, nous ne sommes ni plus ni moins égoïstes que vous, nous ne faisons de mal à personne et nous sommes heureuses et épanouies ».

Ce recueil est là pour dire : « Mon chemin n’est pas LE chemin ni LA vérité mais ne m’imposez pas non plus votre chemin comme étant LE chemin et LA vérité ».

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