Aphorismes sous la lune et
autres pensées sauvages
Textes de Sylvain Tesson
Encres de Michel Pinosa
Editions des Equateurs, 2008
Pocket 2013 (Edition revue et enrichie de plus de 200 aphorismes)
Je pense que vous l’avez désormais deviné, je chéris particulièrement la poésie en texte court : tanka, haïku (et tous ses dérivés haïsha et haïga), quatrain, sizain, pantoun et autres formes courtes ne répondant pas à des règles particulières. Saisir un instant, une émotion, la figer tout en la laissant repartir, peindre l’évanescence, voilà ce que j’apprécie la plupart du temps dans ces formes courtes. Elles ressemblent à des papillons, si difficiles à attraper lorsqu’on leur court derrière et qui viennent d’eux-mêmes se poser sur votre épaule lorsque vous ne pensez plus à eux ! C’est d’ailleurs en évoquant le papillon que Sylvain Tesson parle de l’aphorisme dans l’avant-propos inédit de cet ouvrage :
« Quand j’ai compris qu’on pouvait dire des choses sur la Nature, les hommes et l’absurdité des choses en précipitant (au sens chimique) observations et émotions dans l’éprouvette de l’écriture, je me suis fait chasseur d’aphorismes. L’aphoriste flâne en entomologiste : nez au vent, oeil aux aguets, âme en haleine. L’aphorisme, lui, est papillon : il éclot de la pensée et s’envole léger. On ne compose pas un aphorisme, on le laisse monter. Il surgit des arrières plans, feu follet à l’orée d’un bois. C’est un cadeau de l’inconscient à l’esprit. Si on le cherche, il est perdu. Si on le convoque, il disparaît. S’il advient, il faut le noter. Ensuite, en le lisant, on saura s’il est mauvais ou réussi. (…)
Le voyageur vaque en chemin avec son filet. Devant un paysage, une colonne d’insectes, après une rencontre, sous une escadre d’oies grises, il piège sa pensée la capture et l’épingle sur le papier. »
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