J’ai écrit les deux pantouns ci-dessus au lendemain de l’attentat chez Charlie Hebdo, encore sidérée (et pour longtemps) mais réchauffée par la belle union qui avait suivi mais qui n’avait malheureusement pas tenu longtemps.
10 ans après, notre pays et notre monde ont traversé des vertiges qui l’ont profondément fracturé, où affrontements et divisions creusent béance, et c’est un tercet un peu désabusé que j’écris aujourd’hui :
Première lecture de l’an 25. De la poésie évidemment, pour bien commencer l’année ! Première lecture toute « fraîche » car elle date de cette nuit, pour une première traversée, suivie d’une relecture dans la matinée. Première lecture, mais double lecture puisqu’il s’agit de deux des quatre titres de l’an 24 d’une des trois collections de la maison Aux Cailloux des Chemins, à savoir « Feuillets de nuits » dont voici la présentation : « Deux feuillets format A5 pliés et encartés dans une couverture à rabats travaillée en papier recyclé à partir de janvier 2024. Chaque poète invité par le précédent y insère ses mots, illustrés ou pas. Quatre publications dans l’année : janvier, avril, juillet et octobre. Cette collection numérotée est disponible exclusivement sous forme d’abonnement ou vente directe lors de salons ou d’évènements au prix de 5 €. Chaque abonné a le plaisir d’une découverte poétique tous les trois mois dans leur boite à lettres. »
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J’ai donc lu Toujours je te taquinerai de Lisette Lombé (qui avait été invitée par Aurélien Dony) ainsi que Et tout est fait de Camille Coomans (invitée par Lisette Lombé).
Je ne suis pas certaine que ce tercet soit un haïku Ce que je sais en revanche, c’est que quêter la beauté est une résistance nourrir la joie est une résistance versifier la vie est une résistance la douceur est une résistance Poétique année 2025 à vous
Tic tac, on avance doucement vers la dernière nuit de l’année, c’est l’heure du bilan.
EN POÉSIE (Photo ci-dessus)
Plusieurs poèmes inédits dans Ces instants de grâce dans l’éternité, anthologie du Printemps des Poètes 2024 de Le Castor Astral réunie et présentée par Jean-Yves Reuzeau, publiée en janvier 2024
Le poème Nouveau continent dans Erotiques – 69 poétesses de notre temps, anthologie établie par Ariane Lefauconnier pour les Éditions Bruno Doucey, publiée en juin 2024
(N’apparaît pas sur la photo) Un poème inédit sans titre dans le dixième numéro de la revue hélas! qui invite à explorer le thème « Te déconstruire » et qui a paru en décembre 2024
EN TRADUCTION (Photo ci-dessous)
Un jour je m’en irai sans rien emporter, recueil poétique de Roxana Crisólogo Correa, traduit de l’espagnol (Pérou) et publié par les éditions KLAC: en mars 2024
Une sélection de dix poèmes d’Ashanti Dinah Orozco Herrera, traduits de l’espagnol (Colombie) et publiés dans Voix Cordillères/Cordillera de voces, anthologie bilingue espagnol/français réunissant quatre poétesses contemporaines d’Amérique latine, coéditée par Aux Cailloux des Chemins et Klac.
Comment baise une poète ? Et autres manifestes, cinq manifestes poétiques du Comando PLATH, traduits de l’espagnol (Pérou) et publiés par Les Prouesses en octobre 2024
Quel joli millésime 24 ce fut ! Merci aux éditeurs.rices – ainsi qu’aux autrices s’agissant des livres traduits – pour leur confiance ! De jolis projets se dessinent déjà pour 2025 ! Gratitude infinie !
Voici un projet au long cours qui m’a bien (dans tous les sens du terme) occupée depuis un mois et demi ! Du 22 novembre à ce 20 décembre, tous les vendredis matin, j’avais rendez-vous avec les 30 élèves de la Seconde 02 du Lycée Max Linder de Libourne pour un cycle d’ateliers de traduction ! J’ai eu le plaisir de leur faire découvrir et de les accompagner dans la traduction, de l’espagnol au français, du récit Piel de Oso (« Peau d’ours ») d’une autrice dont j’admire le travail, Karina Pacheco Medrano. Ce texte n’avait encore jamais été traduit en français. Ce projet a permis aux élèves non seulement de s’initier à la traduction, d’enrichir leur vocabulaire, d’appréhender les langues de façon concrète, de stimuler leur créativité, mais aussi de faire connaissance avec le Pérou et d’avoir un aperçu des cultures andines.
En ce début du mois de décembre où nous avançons vers la fin de l’année et ses fêtes, où tout semble chaos autour de nous et où nous avons toutes et tous besoin d’un peu de douceur et de cocon, je partage avec vous mon poème « S » dans une création sonore sur ma page SoundCloud. « S » a été écrit et enregistré à l’été 2015, à un moment charnière d’une de mes vies, à l’aube de celle que je traverse actuellement. C’est un poème tissé de questions mais où j’espère avoir également glissé de la douceur Et si je le partage aujourd’hui avec vous, ce n’est pas un hasard non plus. C’est parce qu’en cet hiver qui vient, tout en travaillant sur d’inspirants projets en traduction, je vais enfin m’asseoir pour commencer à concrétiser un diptyque poétique dont « S » fait partie. Mes tiroirs sont emplis de projets en cours, mais celui-ci a pris divers chemins ces derniers mois pour venir me souffler doucement au cœur qu’il était mûr, que c’était son heure. (La publication d’un de mes poèmes dans l’anthologie Erotiques-69 poétesses de notre temps établie par Ariane Lefauconnier aux Éditions Bruno Doucey fait partie de ces chemins détournés) Voici « S » dans un enregistrement qui date d’août 2015, capté et monté par Fanny de Rauglaudre aux « Yeux Fertiles, épicerie d’art et d’horizons », le joli lieu qu’elle inventait alors à Bordeaux, Chartrons :
Affiche du film « Didy » de Gaël Kamilindi et François-Xavier Destors (2023) (Cliquer pour agrandir)
Lundi soir, je suis allée voir le film « Didy » de Gaël Kamilindi et François-Xavier Destors projeté à Cinéma Utopia de Bordeaux lors de la soirée de clôture du festival « Afriques en Vision » de l’Institut des Afriques. Le film puis la discussion qui a suivi avec Ysiaka Anam ont fait écho en tant d’endroits aussi bien de mon histoire personnelle, de ma poésie et de mes travaux de traduction. Nous sommes si nombreux.ses actuellement à fouiller les arbres généalogiques, les récits familiaux et les albums de photos, pour raconter nos mères, nos grands-mères, nos histoires entrelacées à l’Histoire. Pour combler les vides, les silences, les absences, les manques. Ca résonne si fort avec ma propre quête pour mon recueil Métisse, et alors ? et ça résonne très fort avec un texte puissant que je traduis actuellement où ce qui doit être comblé est matérialisé notamment par des parties du corps qui manquent, des membres fantômes (cette expression a été évoquée lundi soir dans la discussion) ! Cela m’a donné envie de partager avec vous le texte d’une chanson que j’ai écrite il y a plus de dix ans, sur commande, accompagnée de la musique de Samira Groufella dans le cadre d’un projet de Lola-tia Moussa et Aleksandra Mostowski, « Drom Boem ». C’était une chanson qui évoquait un être cher disparu et que j’ai intitulée « La part qui manque ». Cette part qui manque peut aussi bien être un être cher, qu’un pays, une culture, une langue, une part de soi. Je partage donc ce texte ce soir avec vous pour tenter d’apaiser tout ce qui demande à être comblé. Je n’ai fait aucune retouche, juste inséré un point médian.
Ravie d’être, en très belle compagnie, au sommaire du nouveau numéro, le dixième, de la revue hélas! qui invite à explorer la thématique « Te déconstruire ». Mon poème inédit et sans titre est à retrouver en page 5 en suivant ce lien (accès libre).
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Cette édition rassemble des textes, photographies et dessins de : Barbara Albeck, Nelle Andrea, Fernand Arçois, Louba Astoria, Joël Bardeau, Zoé Besmond de Senneville, Clément Bollenot, Anne-Claude Brumont, Florène Champeau, Marina Claverie, Isabelle Cochereau, Dorothée Coll, Stéphanie Cormier, Anton Delsol, Francis Dransem, Claire Durand-Gasselin, Jean Favre, Manero Galopin, Patricia Houéfa Grange, Gwen Guégan, Stéphane Guex, Lise Halley, Nat Houdebine, Ernest de Jouy, Emil Karla, Anaïs Lem, Luc Marsal, Marielle Marty, Minigraphik, Séréna Moglia, Claire et Philippe Ordioni, Antoine Paris, Emilia Petrakis, Romain Ponçot, Hortense Raynal, Paul Renier, Nina Scceletton, Amanda Spierings, Galadriel Watson.
Merci à Adèle et Matthieu Limosino ainsi qu’à l’ensemble de l’équipe hélas! pour l’accueil dans ces pages. Bonne lecture à vous !