Tempête de mots à deux voix …
Le 6 février 2012Dix centimètres de neige …
Le 5 février 2012Chut …
Dix centimètres de neige
Et la campagne se fait église.
On pénètre la nef des arbres nus
A voix basse ou sans souffler mot …
Mariposa, à Barsac, le 5 février 2012 à 10h12
En cours de lecture – « Le coeur régulier » d’Oliver Adam
Le 5 février 2012« (…) un chemin de terre s’enfonce dans la forêt, grimpe à flanc de colline, se mue en escalier, au bout de quelques mètres on oublie la mer. Ce ne sont plus qu’érables, dont certains rougissent déjà, bambous gigantesques réunis en bosquets. Les dernières marches débouchent sur un mur d’enceinte, d’un blanc vif et poudré, une porte surmontée d’un toit de chaume mène au temple. A quelques mètres de là, racines épaisses sortant de terre, s’élève un camphrier immense, au feuillage frissonnant dans le vent, coeur vert pulsant à un rythme régulier. On le croirait peuplés d’oiseaux, d’animaux silencieux et de créatures étranges. A l’arrière du bâtiment, murs blancs lardés de poutres qu’on jurerait cirées, tuiles noires ouvragées et pavillons reliés par des passerelles, se cache un jardin de mousse et de pierre, semé de cerisiers. Quelques conifères se penchent sur un étang où s’avance une jetée de bois, l’un d’entre eux menace d’y plonger, ses épines en caressent la surface avant de s’y déposer, jaunies elles flottent et dérivent, on en trouve jusque sous le pont rouge qui traverse le plan d’eau en son point le plus étroit. Je viens là chaque jour, ôte mes chaussures, glisse parmi les pièces désertes et nues, traversées par le vent, j’aime la sensation de mes pieds sur le parquet lisse, je m’assieds sur la terrasse, en lisière de la salle de prière où parfois deux Japonais s’agenouillent face à un grand bouddha doré, dominant l’autel où s’accumulent des offrandes, fruits étincelants confiseries bouteilles d’alcool bouquets de fleurs, je pourrais rester des heures à contempler l’immense pin millénaire dont les branches épaisses, à l’écorce craquelée, brune parée de reflets orange, soutenues par des tuteurs gros comme des troncs, tracent des itinéraires extraordinaires, tirés vers le ciel. En son sommet, sa coiffe d’épines souples dessine un mont Fuji en été, neige fondue et contours nets dans la lumière vive. Je le fixe et j’ai l’impression qu’il respire, que sa peau se soulève par endroits, je crois sentir ce qui l’irrigue et y circule, comme le sang dans un réseau veineux. Une femme en kimono m’apporte un gâteau rangé dans son papier plié, un bol de thé. Je le bois à petites gorgées, comme cherchant mon souffle, le repos, un répit. Comme volant ici une halte inespérée. Goûtant un peu de lumière après des mois d’obscurité. Des mois à chuter sans fin, à sonder la profondeur des gouffres. (…)
J’aime qu’ici l’on chérisse ses morts en plein coeur de la vie, qu’à tout instant l’on interrompe le cours des choses pour se recentrer sur l’essentiel, ses souhaits les plus profonds, le sens de ses actes, l’amour qu’onorte à ses proches, sa famille, ses amis. »
Voici des fleurs …
Le 29 janvier 2012Est-ce qu’une fleur, pleine de lumière, de beauté, dit :
JE DONNE, J’AIDE, JE SERS ?
Elle EST !
Et parce qu’elle n’essaie pas de faire quelque chose, elle recouvre la terre.
Krishnamurti
Et pour accompagner cette petite pensée méditative, je vous offre quelques fleurs de mon jardin :
L’hippocampe de Pessoa
Le 29 janvier 2012Dans les replis de mon col de laine moutarde
Un petit hippocampe dort.
Dans la chaleur du creux de mon cou, regarde !
Un hippocampe de lune et d’or …
Mariposa, à Bordeaux, le 25 janvier 2012 à 11h30
Merci encore à toi Stéphanie pour ce joli cadeau de tes doigts de fée !
Pour voir les autres créations du bestiaire en perles de Pessoa c’est par là !
Vertébrale, projet expérimental avec Maya Mihindou
Le 26 janvier 2012
Vertébrale est un projet de journal initié par Maya Mihindou, qui le définit comme « un espace expérimental tohubohu, cahin-caha, offrant deux pages à un auteur pour élaborer son journal ».
Il y a déjà eu deux numéros : un concocté par Maya Mihindou et l’autre par David Popcube.
En ce début d’année 2012, Maya participe au Festival de la BD d’Angoulême et y dédicacera son superbe et singulier « Sabine » sur le stand des Editions Soleil. Elle en profitera également pour présenter son projet Vertébrale sur le pôle de la bulle indépendante. Elle a donc demandé à divers artistes et/ou auteurs de mijoter leur journal pour Vertébrale.
Depuis quelques semaines, je me suis donc petit à petit métamorphosée en Vertèbre et j’ai élaboré mon propre journal avec l’aide de Maya.
« Des gens comme vous et moi » et deux poèmes
Le 24 janvier 2012
Voici un petit recueil de nouvelles qui ne contient que des pépites. Je l’ai lu doucement, petit à petit, pendant mes trajets quotidiens en train. Chaque trajet correspondait à une ou deux nouvelles, à une ou deux histoires, à une ou deux personnalités.
Voici la présentation en quatrième de couverture :
La nuit en ville …
Le 24 janvier 2012J’aime la nuit. J’aime habiter la nuit. Je l’avais déjà dit précédemment, j’aime écrire la nuit. Les pensées sont plus claires et la pensée plus acérée. Le calme et le silence sont propices aux mots …
Mais j’aime aussi vivre la nuit. En ville. J’habite à la campagne depuis plus de quatre ans désormais et moi qui étais farouchement citadine, je suis de plus en plus attachée au rural. Je ne pourrais plus vivre en ville, c’est un fait certain. Mais tout de même, la vie nocturne citadine me manque parfois et lorsque l’occasion se présente d’y plonger, je m’en délecte.
J’aime la nuit en ville. Dans toutes les villes que j’ai eu l’opportunité d’habiter, que ce soit pour un week-end, quelques mois ou des années : Cotonou, Lomé, Abidjan, Paris, Bordeaux, Avignon, Lille, San Francisco, Mexico et toutes les villes mexicaines où je me suis arrêtée ; Madrid et Barcelone, Amsterdam ; Sainte-Rose, Deshaies et Le Gosier en Guadeloupe … J’aime la nuit en ville.
Opération Marque-Page au profit de la FRA
Le 17 janvier 2012L’année dernière, à l’occasion de la sortie de « Couleurs de Mots sur le Bénin », Guy Papin et moi avions réalisé une opération Marque-Page au profit de la Fondation Regard d’Amour (FRA) du Bénin. Cette opération consistait à mettre en vente et vous proposer un marque-page constitué d’une aquarelle de Guy Papin et d’un tercet rédigé par mes soins. Tous les bénéfices des ventes ont été remis à la FRA et nous avons pu leur remettre un don de 100 000 francs CFA (un peu plus de 150 euros). Ce don tombait à point car la Fondation avait justement besoin de fonds à ce moment-là.
Voici la Lettre de remerciement que la FRA m’avait envoyée l’année dernière après avoir reçu le don.
« A l’enfant que je n’aurai pas »
Le 15 janvier 2012
« A l’enfant que je n’aurai pas »
Linda Lê
NiL Editions, 2011, Collection Les Affranchis
Cet ouvrage vient de recevoir le Prix Renaudot Poche 2011 mais ce n’est pas pour cela que mon regard s’est posé sur lui.
Je prends le train tous les jours et au cours de la semaine qui vient de s’écouler, j’ai raté un de mes trains. Le suivant me laissait avec un temps d’attente certain. Mon humeur n’était à lire aucun des ouvrages que j’avais alors dans mon sac, ni à écrire. Je suis donc allée faire le tour de la boutique Relay de la gare. Et tout à coup, mes yeux tombent sur ce titre « A l’enfant que je n’aurai pas ». Mon coeur manque un battement et je m’en approche. Je m’en saisis et je feuillette les premières pages, le coeur battant la chamade cette fois-ci, à la recherche d’un indice. Pourquoi ne l’aura-t-elle pas ? Est-ce un enfant qu’elle a perdu ou un enfant qu’elle a décidé de ne pas avoir ? J’ai la réponse dès les toutes premières lignes : elle a décidé de ne pas avoir d’enfant. Je ne me pose pas de question, je le prends, je le paye et je l’emporte. Je ne connais pas du tout Linda Lê mais je sais que cet ouvrage aura forcément de l’intérêt pour moi : j’ai fait le même choix qu’elle et en plus j’ai écrit un recueil de poèmes sur ce choix et l’ai dédicacé à l’enfant que je n’aurai pas non plus. Elle, elle lui a écrit cette longue lettre …




