Voir ce qui est
ici et maintenant
c’est cela la contemplation.
Swami Prajnanpad
Depuis hier
le soleil libère une à une
les toutes premières fleurs du cerisier …
Si vous êtes dans le maintenant, vous êtes dans l’infini.
Swami Prajnanpad
En cette journée mondiale de la poésie, je partage avec vous trois poèmes qui disent mon amour et ma relation avec la poésie, l’inspiration, les muses :
« Si les mots ne parviennent pas à se frayer un chemin prophétique, à traverser un tunnel les reliant à la conscience du lecteur, cela n’a plus grand-chose à voir avec un poème. »
Haruki Maurakami, Kafka sur le rivage.
Inspiration
Moment subtil et fugace
De communion intense
Avec l’invisible
Quand les mots m’immergent
Comme des vagues
Quand ma pensée boulimique
Devient profondément fertile
Quand soudain les phrases
Ricochent en cascades
Bleu d’encre qui s’offre
A la feuille de blanc avide
Quand des instants épars
Quand des instants volés
Quand des scènes pétrifiées
Quand des conversations oubliées
Quand tous les éléments de la planète Moi
Quand tout tremble dans un grand émoi
Je crache et je vomis ma bile
Je chante et je danse en hystérie
C’est un orage de percussions
C’est une petite transe
C’est un massage tout en caresses
De l’âme et des sens.
Je suis le réceptacle
De messages d’une autre dimension
Calice ouvert et affamé
De la rosée des essences des mondes.
Mariposa, à Eysines, le 28 juillet 2006 à 11h30.
Sortie de Cocon par Mariposa
Feutres et crayons de couleur (14 x 14 cm)
Fin février, j’avais publié un premier poème né de mes réflexions poétiques sur l’enfance, thème proposé par le Printemps des Poètes cette année, précédé de cette introduction :
« L’intitulé du 14e Printemps des Poètes voudrait inviter à considérer quelle parole les poètes tiennent sur les commencements, apprentissage du monde entre blessures et émerveillements, appétit de vivre et affrontement à la « réalité rugueuse », comment leur écriture aussi garde mémoire du rapport premier, libre et créatif, à la langue. »
Extrait de l’Edito du Printemps des Poètes 2012 ayant pour thème « Enfances », rédigé par Jean-Pierre Siméon.
J’ai décidé de répondre à l’invitation de cette manifestation et d’écrire quelques poèmes de réflexion sur ce thème que j’offrirai en lecture lors des semaines à venir. J’en ai écrit deux articulés autour de la relation entre l’enfance et les mots. La relation entre l’enfant (étymologie latine infans = qui ne parle pas) et les mots. Des poèmes qui parlent de l’enfance comme d’un pays de notre mémoire première. Je pense que tout ce que nous sommes et tout ce que nous devenons s’est décidé alors que nous étions dans notre prime enfance et que nous ne parlions pas encore.
De façon métaphorique, à notre venue au monde, nous sommes brusquement arrachés à notre mer maternelle, à l’océan de nos rêves intimes et nous sommes forcés à inspirer l’air qui nous entoure et est saturé de la « corruption » de la société, ce qui nous fait pousser notre premier cri. Les années passant, la société nous oblige à emprunter certains chemins, à entrer dans certains moules et nous oublions souvent petit à petit celui/celle que nous étions destiné/e à être pour devenir celui/celle qu’on attend de nous voir devenir. Mes poèmes sont une invitation à faire un voyage dans le temps pour retrouver nos mots et nos désirs premiers.
Je vous livre le deuxième poème aujourd’hui, en ce dernier jour officiel du Printemps des Poètes 2012 :
Dans mon jardin, le printemps fait frissonner la sève et les bourgeons sont prêts à éclater !
« La colline fume de pruniers blancs, chacun d’eux immatériel et pommelé comme une nue ronde. A cinq heures et demie du matin, sous le rayon horizontal et la rosée, le blé jeune est d’un bleu incontestable, et rouge la terre ferrugineuse, et rose de cuivre les pruniers blancs. Ce n’est qu’un moment, un féérique mensonge de lumière, qui passe en même temps que la première heure du jour. Tout croît avec une hâte divine. La moindre créature végétale darde son plus grand effort vertical. La pivoine, sanguine en son premier mois, pousse d’un tel jet que ses hampes, ses feuilles à peine dépliées traversent, emportent et suspendent dans l’air leur suprême croûte de terre comme un toit crevé. »
Colette, extrait de Printemps passé dans « La maison de Claudine ».
Le 20 mars, ce sera la Journée Internationale de Francophonie. Chaque année, autour de cette date a lieu la Semaine de la Langue Française et de la Francophonie. Cette année, elle se déroule du 17 au 25 mars. Dans ce cadre, chaque année, le Ministère de la Culture et de la Communication organise l’opération Dis-moi dix mots à laquelle je participe chaque année depuis 3 ans maintenant.
En quoi consiste cette opération ?
Une petite note de blog pour vous faire part des manifestations poétiques qui ont lieu à Bordeaux, non seulement actuellement pendant le Printemps des Poètes, mais aussi tout au long de l’année. En effet, depuis quelques mois pour certains et depuis plusieurs années pour d’autres, des lieux accueillent régulièrement poètes et amoureux de la poésie dans notre belle capitale girondine !
Petit tour d’horizon :
Je fais une petite pause dans mes notes de blog concernant ce Printemps des Poètes en Enfances pour partager avec vous mes promenades culturelles parisiennes de fin de semaine dernière et mes coups de coeur.
Pour la journée de vendredi dernier, je m’étais concocté un petit marathon d’expositions qui m’a laissée épuisée mais ravie !
Comme je vous l’avais annoncé dans de précédentes notes de blog, lundi soir dernier, j’ai fait ma première lecture de ce Printemps des Poètes 2012, en collaboration avec Sylvanie Tendron et l’atelier FenÊtre sur Rue.
Ci-dessus, vous pouvez voir une photo (cliquer pour agrandir) de la scène depuis laquelle la lecture a été faite. Elle est l’oeuvre de Stéphanie Richard et Alexandra Josse qui sont en formation professionnelle à l’atelier. Elle est aussi leur interprétation en trois dimensions de mon poème « Tétée ». Je l’ai trouvée vraiment superbe, un tendre cocon douillet.
Ici le mur où ont été exposées les oeuvres des participants aux ateliers de FenÊtre sur Rue, inspirées par mon poème « Tétée ».
En voici le détail :
Cette année, j’ai décidé de (re)lire des classiques. Et comme le Printemps des Poètes nous invite à retomber en « Enfances », j’ai choisi de commencer par Colette dont j’avais lu la série des Claudine quand j’avais entre 11 et 13 ans. J’avais été très remuée et émue par certains d’entre eux. Je me rappelle de moments de lecture passionnés.
Alors, quand j’ai vu que chez France Loisirs, ils avaient eu la bonne idée de rassembler plusieurs romans et nouvelles de cette grande dame, féministe et avant-gardiste, en un seul ouvrage, je n’ai pas hésité.
L’ouvrage s’ouvre sur « La maison de Claudine » qui m’a rappelé des tas de souvenirs et en a fait naître de nouveaux. Maintenant que j’ai un chat et qu’en plus j’observe ceux du voisinage, je les retrouve tous sous la patte de Colette lorsqu’elle raconte des histoires de petits félins !
En ce moment, je découvre avec tendresse « La naissance du jour ».
Instants de lecture choisis :
Source de l’image : Les dessins de Pascal
« D’abord acceptez-vous vous-même.
Quand vous ne vous acceptez pas et que vous vous imaginez être quelqu’un d’autre,
un conflit surgit entre ce que vous croyez être et ce que vous êtes vraiment. »
Swami Prajnanpad
Pour savoir qui on est vraiment, le mieux, c’est de tendre la main à l’enfant – innocent et non corrompu – que nous avons été et de suivre le chemin par lequel il voudra bien nous mener …