Capillaridentité
Couettes, peuf et nattes à rubans
Akouété, doko et tresses au fil
Mes cheveux libres de petite fille.
Tirés, lissés, défrisés,
Longs léchant la peau
De mon dos de jeune fille.
Oubliés, malmenés, abandonnés
Suppliciés du froid sec et de l’eau calcaire
De mon exil étudiant.
Défrisés, tressés, cassés,
Tissés, coupés, teints
Cachés, étouffés des rajouts et artifices
De mes errances de jeune femme …
Mes cheveux, pauvres choses dévitalisées
Lianes sèches, sans âme, presque mortes
Marquées du fer d’un esclavage
Désiré et consenti …
Le miroir me gifle d’une parure capillaire
Etrangement étrangère
Qui ne fait déjà plus partie de moi …
Couper ! Couper ! Couper !
Me séparer de cette texture où je ne me reconnais plus !
Couper ! Couper ! Couper !
Laisser tomber ces touffes artificiellement lisses !
Couper ! Couper ! Couper !
Me libérer des longueurs d’une adolescence trop étalée
Eparpillée sur les chemins d’une identité à trouver …
Et accepter enfin que cette forêt équatoriale
Me rampe sur le crâne, souple et dense !
M’accepter enfin jusqu’à la racine !
Jusqu’aux racines …
Mariposa, Bordeaux, 13/12/13 à 1H22
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