Prière

Le 20 janvier 2015

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Prière à Dieu

Ce n’est donc plus aux hommes que je m’adresse ; c’est à toi, Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps : s’il est permis à de faibles créatures perdues dans l’immensité, et imperceptibles au reste de l’univers, d’oser te demander quelque chose, à toi qui a tout donné, à toi dont les décrets sont immuables comme éternels, daigne regarder en pitié les erreurs attachées à notre nature ; que ces erreurs ne fassent point nos calamités. Tu ne nous as point donné un cœur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger ; fais que nous nous aidions mutuellement à supporter le fardeau d’une vie pénible et passagère ; que les petites différences entre les vêtements qui couvrent nos débiles corps, entre tous nos langages insuffisants, entre tous nos usages ridicules, entre toutes nos lois imparfaites, entre toutes nos opinions insensées, entre toutes nos conditions si disproportionnées à nos yeux, et si égales devant toi ; que toutes ces petites nuances qui distinguent les atomes appelés hommes ne soient pas des signaux de haine et de persécution ; que ceux qui allument des cierges en plein midi pour te célébrer supporte ceux qui se contentent de la lumière de ton soleil ; que ceux qui couvrent leur robe d’une toile blanche pour dire qu’il faut t’aimer ne détestent pas ceux qui disent la même chose sous un manteau de laine noire ; qu’il soit égal de t’adorer dans un jargon formé d’une ancienne langue, ou dans un jargon plus nouveau ; que ceux dont l’habit est teint en rouge ou en violet, qui dominent sur une petite parcelle d’un petit tas de boue de ce monde, et qui possèdent quelques fragments arrondis d’un certain métal, jouissent sans orgueil de ce qu’ils appellent grandeur et richesse, et que les autres les voient sans envie : car tu sais qu’il n’y a dans ces vanités ni envier, ni de quoi s’enorgueillir.

Puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères ! Qu’ils aient en horreur la tyrannie exercée sur les âmes, comme ils ont en exécration le brigandage qui ravit par la force le fruit du travail et de l’industrie paisible ! Si les fléaux de la guerre sont inévitables, ne nous haïssons pas, ne nous déchirons pas les uns les autres dans le sein de la paix, et employons l’instant de notre existence à bénir également en mille langages divers, depuis Siam jusqu’à la Californie, ta bonté qui nous a donné cet instant.

Voltaire
Traité sur la tolérance, Chapitre XXIII

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Mesure et vigilance

Le 12 janvier 2015

ristelhueber_every-one2.1233501818Source de l’image

Porteurs de cicatrices

Les morts aux visages rompus se redressent
La langue des humiliés se gonfle
Orageuse se lève la marée des victimes

Mais prenez garde porteurs de cicatrices !

Éteignez dans vos chairs les volcans de la haine
Piétinez l’aiguillon et crachez le venin
qui vous apparenteraient un jour aux bourreaux

Étouffez ces clairons ces sonneries
qui forcent la ressemblance
qui commandent le talion

Questionnez vos viscères
Percez vos propres masques

Soyez autres !

Andrée Chedid
In Poèmes pour un texte (1970-1991) © Flammarion 1991, p.119

« Nouveaux bourgeons »

Le 11 janvier 2015

jonquillesPousses de jonquilles dans mon jardin
Mariposa, 11 janvier 2015

Bourgeons de charbon

Les agences d’information

dans toutes les langues du monde

se lamentent sur mon cœur

entièrement carbonisé

dans toutes les langues du monde.

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Se jeter en avant

Le 9 janvier 2015

PignonDessin d’Ernest Pignon-Ernest
Extrait de « Tant de soleils dans le sang » avec André Velter

          Ce soir, je suis soulagée par la fin de cette terrible première semaine de 2015. Soulagée, mais ni apaisée, ni sereine. Trop de morts, trop de gens encore entre la vie et la mort, trop de blessés (physiquement et moralement). Trop de gens morts de l’intérieur …

Ce soir, je suis soulagée qu’on ait mis fin aux actes de folie de ces assassins, êtres perdus, fous et incultes, à l’extrême opposé du message de paix et d’amour de toute religion. Mais je leur en veux aussi d’avoir fait de nous des meurtriers à notre tour, en nous obligeant à planter nos étendards de liberté sur leurs cadavres et dans leur sang.
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Pantouns pour la Liberté

Le 8 janvier 2015

noir

La lumière multicolore du matin d’hiver
dissipe doucement les ténèbres.
Une nuit d’union sacrée après l’enfer
se dresse contre vous, assaillants funèbres !

***

Au clocher de Saint-André,
le glas sonne pour notre Charlie.
Au clocher de la Liberté,
le glas sonne pour vous, ennemis.

Mariposa, Bordeaux, 8 janvier 2015

Debout et libre !

Le 7 janvier 2015

je suis charlie

Liberté

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

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Un oiseau sur la branche

Le 5 janvier 2015

branche a oiseaux

Branches dénudées
habillées
d’oiseaux.

Mariposa, Barsac, 2 janvier 2015

Bienvenue à toi 2015 !

Le 1 janvier 2015

bonne année 2015Photo et tercet : Mariposa

Excellente année 2015 ! Qu’elle soit pour vous conforme à vos souhaits les plus chers.

Et je ne vois rien d’autre à ajouter, sauf peut-être ces voeux de Jacques Brel formulés en 1968, impossible de dire mieux :

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Je lève mon verre …

Le 31 décembre 2014

A Champagne Cheers!

Dans un peu plus d’une heure, 2014 sera derrière nous, alors comme chaque année, j’ai une pensée pour ceux qu’elle aura emportés avec elle. Une pensée pour Robin Williams et Maya Angelou. Une pensée pour les disparus des dernières catastrophes. Une pensée pour tous les anonymes morts sans laisser de traces, seuls, sans amis et sans famille. Et avec Erri de Luca, je lève mon verre …

Précis pour le toast du jour de l’an

Le toast est une coutume qui s’est appauvrie. On récite tout au plus la banale formule : « A votre santé ». Un premier de l’an, il y a un siècle, Anna Akhmatova, Russe, poète, nota trois toasts prononcés à sa table. Un premier : « Je bois à la terre des prés où nous sommes nés et où nous retournerons tous. »
Un autre pour Anna : « Et moi à ses poèmes où nous vivons tous. »
Un troisième : « Nous devons boire à celui qui n’est pas encore avec nous. »

J’ajoute ici le mien à la suite :
Précis pour le toast du jour de l’an.

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Neige

Le 31 décembre 2014

pasPhoto : Mariposa

Neige
silence
condensé.

arbres 3Photo : Mariposa

Les Bois Noirs
festonnés
de blanc.

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