2021, année (de traduction) poétique

Le 17 janvier 2022

A l’aube de cette année 2022, je jette un coup d’œil dans le rétro car cette année 2021 aura marqué un tournant dans mes activités de traduction littéraire. En effet, pour la première fois, j’ai été sollicitée tout au long de l’année pour divers projets, de natures et dimensions diverses. Il y a toujours eu, tout au long de ces douze derniers mois, au moins un projet de traduction littéraire qui était sur le feu. Et, pour mon plus grand plaisir, il s’agissait essentiellement de projets poétiques. L’unique exception est la traduction du conte horrifique The House of Sounds de M. P. Shiel, mais la poésie fait partie de son essence. Voici le récit en traduction poétique de mon an 21.

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Projet HoS – Les sons de la fin

Le 14 janvier 2022
Source : Dreamstime

Voilà, c’est fini. Du moins pour ma part.
Juste avant les fêtes de fin d’année, j’ai livré l’ultime et définitive version de ma traduction du conte horrifique The House of Sounds de M. P. Shiel aux Editions de L’Abat-Jour.

Lors des dernières séances de travail, je me suis exclusivement concentrée sur l’adaptation du façonnage des sons effectué par Shiel en divers endroits de ce récit, et en particulier dans le passage de la chute, dans tous les sens de ce terme. Echos et allitérations orchestrent ce grand final.

Ce ne fut pas une mince affaire, mais je pense avoir réussi à transmettre au mieux ce texte, dans le fond, la forme et l’esprit. De façon générale, sans être dans le mot à mot ni le littéral, j’aime rester au plus près de la lettre d’un texte quand je traduis, mais je sais aussi m’en éloigner lorsque c’est nécessaire pour reproduire l’intention de l’auteur.e. Pour moi, c’est une question de respect, et je suis donc guidée par le respect du texte dans tous ses aspects, aussi bien l’histoire/message qu’il véhicule, que les effets qu’il veut produire. Cela représente toujours un grand exercice d’équilibriste dont je ne me lasse pas !

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Premier croissant 2022

Le 6 janvier 2022
Photo : Eduardo Alvarado
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Voeux 2022

Le 4 janvier 2022
Lampe-chignole et photos : Fred Bravo
Tous droits réservés

Une inspiration et deux mouvements
Une image et deux poèmes brefs : un pantoun et un distique
pour ac-cueillir officiellement cet an 22

La lampe est une création d’art-mour de Fred Bravo, à partir d’une chignole détournée

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Meilleurs vœux à vous !

Lectures célestes d’automne

Le 22 décembre 2021
Photo : Patricia Houéfa Grange

En ce premier jour d’hiver, je viens vous parler des livres qui ont compté pour moi cet automne. Comme souvent, depuis quelque temps, un fil rouge se faufile et se tisse entre mes différentes lectures marquantes d’une période, d’une saison. Cette fois, ce sont les corps célestes qui ont tracé une galaxie pour les relier.
Je vous les présente dans l’ordre de lecture :

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Afrorigami Show des fêtes de fin d’année

Le 13 décembre 2021
Photo : Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés

Après avoir créé plusieurs Amazones de papier pour la promotion de mon recueil poétique Couleurs de mots sur le Bénin, j’ai retrouvé mes jolis motifs pour assembler des poupées de collection à exposer, à mettre en déco dans son intérieur, et pourquoi pas à (s’)offrir pour les fêtes de fin d’année.

A cette occasion, j’ai testé de nouveaux modèles, de nouvelles choses, des manches fantaisistes, de l’asymétrie, et j’ai également introduit, en plus des motifs inspirés des pagnes wax, des motifs de tissus indigo, bogolan et kenté.
Cette fois-ci, plutôt que des prénoms traditionnels, j’ai donné à chaque modèle un nom inspiré des motifs des tissus qu’elle porte (un peu dans le même esprit que celui dans lequel on baptise les pagnes en Afrique de l’Ouest).

Chaque poupette de papier sera livrée dans une enveloppe origami (pour un envoi postal) ou boîte origami (pour une remise en main propre) rehaussée d’un motif assorti à sa tenue. Je précise que ce ne sont pas des jouets, mais des poupées de collection. Elles ne sont pas faites pour être manipulées mais exposées. Elles sont notamment du plus bel effet dans un cadre vitrine, entre-deux-verres.

Je peux donc soit vous les remettre en main propre si vous êtes sur Bordeaux et la métropole, soit vous les envoyer par courrier, auquel cas les frais d’emballage et de port s’ajoutent (je n’envoie qu’en courrier suivi).

Cet Afrorigami Show de fin d’année est composé de deux défilés.

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Capsule vidéo « Boucherie »

Le 3 décembre 2021
Diptyque Dolorus & Bouche cousue
Patricia Houéfa Grange, 2021
Tous droits réservés
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Il y a quelques mois, je vous ai présenté mon diptyque Dolorus & Bouche cousue qui fait partie de mon projet réVULVotion. Je vous avais également parlé d’une capsule vidéo réalisée en écho à ce diptyque, la voici :

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réVULVotion à Ragnagnas Party !

Le 3 décembre 2021
Photo : Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés
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Je reviens enfin vous parler de ma participation à la première édition de la Ragnagnas Party de Nouveaux Cycles, que je vous avais annoncée il y a deux mois, et qui a eu lieu à la mi octobre ; et partager avec vous quelques images de mon installation réVULVotion ainsi que de ma performance Sois Elle et lèvres-toi.

A l’occasion de cette Ragnagnas Party, réVULVotion était installée pour la quatrième fois (après l’expo collective Révoltées en novembre 2017, une mini installation lors de la quatrième édition du festival Femme raconte-moi organisé par l’Asafal en mars 2018 et la rentrée culturelle de la Maison des Femmes de Bordeaux en octobre 2018). J’avais décidé de présenter une nouvelle version de cette installation, pour laquelle j’ai davantage travaillé la scénographie, avec une pièce qui est à la fois une pièce à part entière de l’installation et un élément essentiel de la scénographie.

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Sur les chemins de l’Issan

Le 2 décembre 2021
Photo : Editions Gope
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J’ai eu le bonheur de me faire préfacière (c’est une première !) pour l’un des derniers nés des belles œuvres des Éditions Gope, à savoir Sur les chemins de l’Issan – Chroniques thaïlandaises douces-amères de Frédéric Kelder :

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Jo BaCoeur

Le 30 novembre 2021

Malgré les questions et réflexions légitimes que suscite cette panthéonisation, que je partage, en incorrigible optimiste, je me réjouis de cet événement et j’espère qu’il portera les fruits escomptés.  
   
Joséphine Baker ne fait pas partie de mes icônes ni de mon Panthéon personnels. C’est une figure qui m’a toujours tout à la fois fascinée et mise mal à l’aise, pour laquelle j’ai toujours ressenti bien plus de tendresse, voire de compassion, que d’admiration. C’est certainement cette ambivalence qui nourrit l’intérêt que j’éprouve malgré tout pour elle. On peut lui reprocher, voire ne pas lui pardonner, nombre de ses actes et prises de position ; mais on ne peut pas lui nier ses hauts faits. Nous avons toutes et tous en nous des parts d’ombre, voire de monstres. Le choix de panthéoniser Joséphine Baker reste un acte politique, répondant aux enjeux du moment, et demeure questionable. Mais pour ce qui est de la femme elle-même, je veux être indulgente, et croire à ses bonnes intentions, son action positive venant équilibrer ses agissements malheureux. C’est ainsi. Aucun être humain n’est fait d’un bloc.

D’autre part, il me semble malgré tout qu’elle a fait tout ce qui était en son pouvoir pour naviguer entre les stéréotypes de son époque et se jouer d’eux ; et qu’elle s’est ruiné aussi bien les finances que la santé à vouloir réaliser le monde dont elle rêvait, l’entente universelle. En outre, Joséphine Baker n’entrait dans aucune case et était une femme des entre-deux qui m’émeuvent : métisse par ses origines, mais aussi par ses deux nationalités ; amoureuse aussi bien de la terre où elle est née que de celle qui l’a adoptée ; androgyne dont la féminité exacerbée ombrait à peine la garçonne ; bisexuelle aux amours libres ; danseuse de music-hall en uniforme, résistante chanteuse de cabaret ; dame de cœur avant tout. Alors, oui, je me réjouis et j’espère.

J’espère qu’au Panthéon, Joséphine ouvrira la porte à d’autres femmes noires, telles que Solitude, Jane et Paulette Nardal, ou encore Suzanne Césaire.  
Mais ce que j’espère et attends de toute mon âme, ce sont les temps où on ne précisera plus « c’est la/le premier/première Noir.e qui », « c’est la/le premier/première Subsaharien.ne qui » parce que ce sera devenu parfaitement banal.
J’espère et je célèbre à ma manière, en poésie et papier plié, cette journée historique et cette femme à l’extravagance intrépide :

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