Le chant des étoiles

Le 26 mars 2019

© Y. Beletsky, Wikimedia Commons, CC by 4.0

Nébuleuse

Les novae transpercent le ciel
empyrée filtré à la passoire
d’une traînée de poudre stellaire
Entre mes lèvres le téton du ravissement
Sur ma langue le lait de la béatitude
J’avale le cosmos ajouré par les astres
et la dentelle de mes sources sanguines frémit
J’expulse un soupir irisé de colère joyeuse
qui éventre mon sommeil d’un éclat de rire
Alors la joie m’accouche et je deviens une voix
de la chorale des étoiles
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La voix de l’oiseau/La voz del pájaro/The bird’s voice

Le 18 mars 2019

Self Portrait as a Falling Angel
Jana Brike

Au bout de la nuit
l’oiseau chante
à travers mes rêves

Est-ce un chant
ou un message
glissé sous mes yeux clos ?

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Dessins de silences

Le 18 mars 2019

Dessins de silences
Habib Dakpogan
Vénus d’ébène Editions (Bénin), 2017

J’ai passé le mois de février au Bénin, le pays de mon enfance, de mon adolescence et de mes premiers cris poétiques. Je souhaitais profiter de ce séjour pour prendre la température de la scène poétique actuelle. Je me suis donc rendue à la librairie Notre-Dame, celle que je fréquentais le plus souvent lorsque j’habitais à Cotonou et que j’étais en quête de littérature béninoise. Il m’a été difficile de trouver des recueils poétiques récents écrits par des auteur-e-s béninois-es. Mais je suis revenue notamment avec ces Dessins de silence d’Habib Dakpogan et c’est un véritable coup de cœur ! Cerise sur le gâteau, le jour où j’ai fait mes achats, il était lui aussi dans la librairie et j’ai ainsi pu avoir une dédicace !

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Après la pluie, une tourterelle

Le 1 mars 2019

Photo : Patricia Houéfa Grange, Cotonou, Bénin, 2019

Quand la pluie s’est arrêtée
la tourterelle près de moi s’est posée
Quand la pluie s’est arrêtée
la tourterelle pour mon cœur seul a chanté
Quand la pluie s’est arrêtée
pour moi et moi seule la voix de l’oiseau s’est élevée

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Une traduction dans Jentayu 9 !

Le 4 février 2019

A chacun de ses numéros, la revue Jentayu invite à traverser les frontières et à partir en voyages littéraires vers l’Asie. Pour cette nouvelle édition, la revue va plus loin et consacre son neuvième numéro au thème de l’exil. Qu’il soit volontaire ou forcé, personnel ou collectif, physique ou métaphorique. Migration, éloignement, séparation… : des questions d’une actualité toujours brûlante dans les littératures contemporaines d’Asie.

Lorsque j’ai lu l’appel à textes pour ce numéro sur le thème de l’exil, je m’apprêtais moi-même à partir en voyage, à retrouver la Malaisie, avec une première étape à Singapour. C’était l’été dernier. Au cours de mon séjour singapourien, j’ai visité la jolie librairie indépendante BooksActually dans le quartier de Tiong Bahru, et c’est là que j’ai été littéralement appelée par Mother of All Questions, recueil poétique de Grace Chia, auteure de la cité-État. C’est un ouvrage, publié par Math Paper Press, dans lequel Grace Chia aborde de nombreux thèmes articulés autour d’une thématique centrale explorant ce que c’est d’être femme. J’ai été totalement séduite par ce recueil et particulièrement touchée par les poèmes de la première partie Where is home? [C’est où ta maison ?]. C’est de cette partie que sont extraits les trois poèmes – Nage du chienGwóngdūng Wá et Je suis l’enfant de ma mère – que j’ai proposés à Jentayu et qui sont publiés dans ce neuvième numéro. Vous pouvez en découvrir des extraits ici et . J’ai également eu le plaisir d’échanger avec Grace Chia et vous pouvez lire cet entretien ici.
Encore mille mercis à Grace Chia, à Jérôme Bouchaud, directeur de publication des éditions Jentayu, et à Kenny Leck qui gère à la fois BooksActually et Math Paper Press, pour leur confiance.

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« Lettre à mon dress-ring » à haute voix

Le 22 janvier 2019

Photo : Justin Alexander Bartels

Comme promis hier, voici la mise en voix de Lettre à mon dress-ring.
Pour ce texte particulier, je n’ai pas vraiment fait de montage, je n’ai pas ajouté de sons ni d’effets, pas de chant.
Je l’ai dit en un souffle et me suis mise à voix nue :

Lettre à mon dress-ring

Le 21 janvier 2019

Photo : Justin Alexander Bartels

Lettre à mon dress-ring

Tu m’enlaces
moi ta bombasse
Tu m’embrasses
moi ta badass

Tu me serres
en tes serres
Tu m’enserres
en tes fers

Tu m’imprimes
tu m’comprimes
tu m’abîmes
tu m’déprimes

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Sois Elle et lèvres-toi

Le 17 janvier 2019

Illustration : Art Intersection

Je vous ai déjà parlé de ma performance Sois Elle et lèvres-toi ici et .
Samedi dernier, j’ai eu la joie de la présenter à nouveau, dans le cadre du vernissage de l’exposition Ying Yang du collectif Art Intersection, à la galerie La Source à La Teste de Buch.
Mon amie Christine Saint-Geours m’a fait la jolie surprise de faire tourner son enregistreur pendant mon intervention. Je vous offre donc cette version audio de la performance. Evidemment, la performance est tout autant sonore que visuelle, mais je trouve que l’expérience de l’écoute sans l’image est également intéressante. C’est l’exploration d’une autre dimension. Bonne écoute à vous !

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Sortil-être/Embruje-ser

Le 8 janvier 2019

« Très doucement, pour ne pas éveiller le papillon. »
Haruki Murakami, 1Q84, Livre 1, traduit du japonais par Hélène Morita

« Ne réveillez pas, ne réveillez pas l’amour, Avant qu’elle le veuille. »
Cantique des cantiques

Sortil-être

J’avais oublié
la déferlante des papillons, le frôlement alangui de leurs ailes suaves au secret du ventre
le grondement qui bouillonne, ébranle, renverse, appelle à rugir l’assoupi tapi
le déchaînement sauvage des battements qui coupe le souffle et propulse au bord de la suffocation d’euphorie

le sommeil qui se dérobe ou se peuple de songes étranges

l’effervescence fiévreuse qui lentement s’infiltre dans l’arborescence du sang jusqu’en l’âme du moindre atome
l’émoi déboussolé qui pénètre la moindre parcelle de chair et fait entrer l’être en possession
l’esprit qui s’absente, les pensées lascives, lévitation extatique

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Bonne année 2019 !

Le 1 janvier 2019

Photo de la série « Flowerworks/Fleurs d’artifice » de Sarah Illenberg

Mille fleurs s’épanouissent
dans la nuit du jour de l’an
Mille peurs s’évanouissent
sous le gui des deux amants

Patricia Houéfa Grange
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