Pantoun mani korlo

Le 23 avril 2018

Photos : Eric Grange, tous droits réservés

Le mantra se répand dans les airs
la cire fond lentement.
Ton parfum me fait tourner la chair
mes sens fondent lentement.

Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés

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Traduire « Blood » – Le you et le po, le sexe des mots et l’oeil de Vénus

Le 17 avril 2018

Citation extraite de la nouvelle Overcoming
du recueil Blood – Collected stories
Noelle Q. de Jesus
Ethos Books, 2015

Cette fois-ci, cela faisait vraiment bien longtemps que je ne vous avais pas reparlé de ma traduction de Blood, le premier recueil de nouvelles de Noelle Q. de Jesus ! Et pourtant j’ai vraiment consacré l’essentiel de mon temps libre, sur les six derniers mois de l’année 2017, à achever la traduction de ce recueil. Désormais, les 25 nouvelles de Blood existent toutes en français ! Bien sûr, il me reste encore un peu de peaufinage à faire sur les dernières nouvelles traduites, quelques précisions à demander à Noelle pour un détail ou un autre. Bien sûr, chaque fois que je relis mes traductions, je fais de petites retouches ici et là. Mais enfin, l’essentiel est fait et ce fut une merveilleuse expérience que de réaliser cette première traduction d’un ouvrage intégral ! Depuis quelques mois, Blood est à présent en recherche active d’éditeur ! Là aussi, les discussions et les échanges auxquels cette quête donne lieu sont passionnants. J’ai beaucoup appris en traduisant Blood, j’apprends énormément à nouveau en lui cherchant une maison francophone !

Mais revenons à la traduction proprement dite. La dernière fois que j’avais partagé avec vous cette expérience, je vous avais parlé du déploiement du souffle lors du passage des micronouvelles aux nouvelles plus longues. J’avais prévu au départ de vous parler plus longuement de ce jeu entre les longueurs d’une traduction à l’autre. Mais cela fait bien longtemps désormais et je préfère vous parler des échanges que j’ai eus avec Noelle à propos de la traduction du « you » et qui ont été particulièrement riches et fascinants.

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Retour(s) à Prague

Le 9 avril 2018

Eglise Saint Nicolas de Mala Strana
Photo : Patricia Houéfa Grange

L’année dernière, à la fin du printemps, j’avais passé une semaine à Prague, ville qui m’appelait depuis un certain temps déjà, et j’y avais déambulé longuement, avec délice et ravissement. En repartant, je n’étais pas encore consciente que je venais de vivre un véritable coup de coeur. Je savais simplement que j’allais revenir, bientôt. Je ne pensais cependant pas que je le ferais si vite. Mais j’étais pleinement consciente que ce n’était qu’un au revoir. Tant le désir était fort de revoir cette ville en d’autres saisons, sous d’autres angles, dans des rythmes différents.

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Rencontres – Le parfum

Le 5 avril 2018

Parfums – Luigi Russolo

Je marche dans la mi-nuit bordelaise. A mi-chemin entre la Victoire et la gare. Au mi-tan des échos multicolores de la soirée. Je sors d’une scène ouverte de poésie. Et les mots, les voix, les poèmes dansent encore fort, intenses, en moi. Je marche dans la mi-nuit bordelaise, à l’épicentre des émotions condensées qui font trembler mes sensations souterraines.

La rue ondoie le frou-frou glacé de son souffle autour de moi. Chuchotis d’hiver gelé qui fait grelotter tous mes atomes. Tandis que l’ivresse des alcools poétiques réchauffe et fait tressaillir les spasmes de mes vers à venir.

Et ça dure deux secondes. J’entre en conscience avec sa présence alors qu’il est à deux pas de moi. Ca dure deux secondes. Je devine à peine l’esquisse de son visage effilé, le brun onctueux et velouté de sa peau, mais je plonge dans les ténèbres magnétiques de son regard en amande aussi sombre que la nuit, aussi chaleureux que la lune. Ca dure deux secondes. On se croise, on se frôle et nos yeux restent aimantés, ne se lâchent pas, parlent leur propre langage qui ne nous regarde pas. Ca dure deux secondes. Pas un centimètre carré de ma chair n’échappe au frisson. Ca dure deux secondes. Pas une cavité de mon coeur ne résiste aux palpitations. Ca dure deux secondes. Nul recoin de mon être où cacher mon âme. Ca dure deux secondes. Nos yeux dansent une valse.

Et ça dure deux secondes. Alors que son bras effleure le mien, le bouquet tannique de son corps vient s’épanouir sur mes narines. Ca dure deux secondes. Je me perds dans ses effluves de cuir, d’écorce, d’humus, saupoudrés de basmati fringant et de curry entêtant. Ca dure deux secondes. Je me baigne tout entière dans ses arômes corsés qui mettent sur ma langue l’appel d’un vin puissant. Ca dure deux secondes. Je suis tout entière aspergée de son parfum.

Et ça dure deux secondes. Ses doigts frisent ma main. Ca dure deux secondes. Nos yeux toujours noués. Ca dure deux secondes. Et juste avant que le noeud ne se délace, le coin de ses lèvres fines s’étire en sourire. Croissant de lune. Etoiles dans les yeux. Deux secondes.

Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés

Editions do – Comment savourer la voix de la pluie par temps beau ?

Le 30 mars 2018

éditions do

J’ai découvert les éditions do au début de l’année, grâce à Nadège Agullo des éditions éponymes. Rien d’étonnant à cela car les deux maisons ont des visions parallèles sur le monde et les littératures étrangères. Agullo veut « abolir les frontières », les éditions do souhaitent « par les livres, rendre le monde, et tout le monde, plus grand que ce que nous en connaissons ». Toutes deux sont nées en 2015 et toutes deux accordent une grande importance à l’objet livre et au graphisme, sous les doigts de Sean Habig pour Agullo et de Mr. Thornill pour do. Toutes deux ont un regard décalé, voire excentrique, font un pas de côté. A la différence qu’Agullo publie des romans et do des formes courtes. En ce sens, ces deux maisons sont donc complémentaires.

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Le(s) voyage(s) à Nantes

Le 28 mars 2018

La Duchesse Anne à l’entrée du Château des Ducs de Bretagne
Photo : Patricia Houéfa Grange

A la fin du mois de février, je suis allée passer un week-end prolongé dans la ville de Nantes. Cela faisait longtemps que j’avais envie de visiter cette ville, elle a fini par trouver son moment pour me mener vers elle. Comme à chacune de mes échappées, je suis partie avec un carnet, que j’ai noirci de mots au fil de mon séjour. Même s’il s’agit cette fois d’un carnet très personnel, j’en partage tout de même quelques passages avec vous :

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Pantoun d’encens

Le 7 mars 2018

Photos : Eric Grange, tous droits réservés

Pas de fumée sans feu
danse le parfum d’encens.
Mon feu brûle de tes yeux
dansent les vagues dans mon sang.

Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés

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Revue Jentayu – Hors-série Thaïlande

Le 6 mars 2018

Il y a quelques semaines, paraissait le numéro 7 de la revue Jentayu que je ne présente plus ici. Mais c’est du deuxième hors-série, publié à l’automne dernier et consacré aux lettres de Thaïlande, que je viens vous dire quelques mots aujourd’hui.

Réunissant les textes (nouvelles et poèmes) de 19 auteur-e-s et les illustrations de 3 artistes, tout comme le premier hors-série, ce recueil n’a pas officiellement de thème particulier. Mais tout comme pour le premier hors-série, mon ressenti de lectrice en a tracé un entre les différentes oeuvres proposées ici. En effet, à une ou deux exceptions près, les textes de ce hors-série sont tissés autour du souvenir, de la mémoire, des objets du souvenir et de la mémoire. Le souvenir de personnes ou de moments disparu(e)s. Et chaque pièce apparaît comme un des éléments d’un autel familial enveloppé de l’encens des histoires écoulées. Les petites et la grande. Un peu comme un prélude à cette nouvelle édition de la revue Jentayu qui nous invite à explorer « Histoire et Mémoire » en parcourant « Le sillon des souvenirs ».

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Diptyque remis en voix

Le 28 février 2018

En août et octobre dernier, je vous avais proposé un diptyque amoureux composé des poèmes mis en voix suivants :

Au-delà du rêve

K-urary

Depuis, j’ai modifié et ré-enregistré les mises en voix de ces textes. Les deux pages correspondantes sont actualisées, mais je publie ces nouvelles versions ici ensemble :

Au-delà du rêve :

K-urary :

Pantoun turquoise

Le 14 février 2018

Photo : Eric Grange, tous droits réservés

Le Bouddha au regard vert
apaise d’un sourire de mère.
Dans tes yeux bleus grands ouverts
des paysages de mystère.

Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés

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