Et ma langue se mit à danser

Le 23 septembre 2020
Et ma langue se mit à danser
Ysiaka Anam
La Cheminante, 2018

Voici le livre solaire – aussi bien par sa couverture, que ses mots, sa langue et son cheminement – avec lequel j’ai entamé mon dernier mois d’été et dont je viens enfin vous parler.

C’est un livre que j’ai eu envie de lire dès sa parution. Tout m’appelait vers lui. Ce titre, avec le mot « langue » si important pour la traductrice et poète que je suis ; avec le mot « danser » si parlant pour l’artisane de la voix haute et du corps que je suis. Cette couverture, avec ses couleurs vives, ce motif de tissu très inspiré du wax et cette petite fille, j’avais l’impression que l’ensemble aurait pu constituer mon portrait d’un autre temps par un Omar Victor Diop. Et cette quatrième de couverture qui parle d’enfance, d’exil, de silence, de transmission, de lieu d’appartenance, de quête identitaire. Tout m’appelait vers lui et à présent que je l’ai lu, j’ai été si remuée et si bouleversée que je ne sais par quel bout le prendre pour vous le présenter.

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Apogée

Le 9 septembre 2020

Au zénith de ton regard
il fait des bleus lagunaires
qui sondent mes yeux jusqu’au trouble
Au midi de ton toucher
il fait des douceurs crépusculaires
qui voyagent ma peau jusqu’au frisson
À la verticalité de ton dit
il fait des complicités gémellaires
qui étincellent mon âme jusqu’à bouleversement
Tu viens à moi
telle une connivence en chair connue
ô mon si tant-aimé, envolons-nous pour les Ébats-Unis

Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés

Couleurs de mots sur le Bénin

Le 2 septembre 2020

Il est de jolies nouvelles qui vous parviennent dans les moments les plus inattendus et vous aident à relever votre regard vers l’horizon.
Ainsi en est-il de la concrétisation du projet de réédition de ce recueil poétique où mes vers ont illustré les aquarelles de Guy Papin, tout en chantant, dans l’esprit de la comptine, le Cotonou et le Bénin de mon enfance et de mon adolescence.
Nous avions auto-édité ce recueil en 2010, puis en 2011. Guy porte ce projet de réédition depuis deux ans. Et c’est au tout début du confinement que la confirmation de la nouvelle édition, sous la griffe des éditions Lamarque, m’est parvenue. Nous en avons profité pour l’enrichir de nouvelles aquarelles et de nouveaux poèmes. Il sera en librairie le 13 novembre 2020.

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Rouge Poésie

Le 1 septembre 2020
Photo : Patricia Houéfa Grange

Rouge poésie
dans la canicule
au chant de la blanche tourterelle

Rojo poesía
en tiempo de canícula
al canto de la blanca tórtola

Poetry red
in the heat wave
to the white turtledove’s song

Sur la langue, hostie de poésie
Dans la gorge, sang des hibiscus
Se fondre dans l’infiniment vivre

En la lengua, hostia de poesía
En la garganta, sangre de los hibiscus
Derretirse en el infinitamente vivir

On the tongue, host of poetry
In the throat, blood of the hibiscus
To melt in the infinitely live

Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés/Todos los derechos reservados/All rights reserved

Pour en savoir plus sur les recueils poétiques qui apparaissent sur la photo d’illustration, mes notes de lecture se trouvent par ici.

Poésie rouge (uppercut)

Le 29 août 2020
Photo : Patricia Houéfa Grange

Lectures rouge poésie pour défier fortes chaleurs et canicule.
Ces trois ouvrages m’ont accompagnée tout au long du mois d’août, en lecture et relectures.
Trois recueils à première vue diamétralement opposés et qui pourtant se rejoignent aux nœuds de liens subtils. Trois recueils qui correspondent bien aux temps que nous vivons. Trois recueils de poèmes de veille. Non pas celle, léthargique et passive, de nos multiples appareils nomades momentanément mis en sommeil, mais celle de cette petite lampe qui reste allumée en jour plein. Trois recueils qui cultivent l’acuité de la sensibilité à tout ce qui se passe autour de nous. Aussi bien pour jouir des petits plaisirs que pour être attentif à ce qui est et se préparer à ce qui vient…

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Tercets de pluie et d’orage

Le 28 août 2020
Photo : Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés

L’eau d’orage se déverse
sur le ciel des pages du poémier
Mes muses-céphalopodes projettent leurs vers-sépia

El agua de tormenta se derrama
sobre el cielo de las páginas del poemario
Mis musas-cefalópodos proyectan sus versos-sepia

The storm’s water spills
onto the sky of the poemary’s pages
My muses-cephalopods throw out their verses-sepia


Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés/Todos los derechos reservados/All rights reserved

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Votre « Malaisie lah! »

Le 21 août 2020
Photo : Lettres de Malaisie

Une fois qu’un livre est publié, il n’appartient plus vraiment à son auteur.trice, il est à ses lecteurs.trices. Et ce sont elles et eux qui en parlent le mieux. Voici Cette Malaisie lah! mis en scène et/ou commenté notamment par celles et ceux d’entre vous qui ont adopté un ou plusieurs exemplaires que j’ai personnalisés d’un dessin-hibiscus et empapillonnés de papier wax, mille mercis :

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Poèmes de ciel et de lune

Le 11 août 2020
Photo : Patricia Houéfa Grange

Soir de demi-lune
mon sourire embrasse
les croissants de tes yeux clos

***

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Soeurcières

Le 3 août 2020
Eternal Sisterhood
Chloe Smart

En cette nuit de pleine lune d’août; je viens partager avec vous un des deux longs poèmes que j’ai écrits pendant le confinement. Il m’a été inspiré par le livre Gardiennes de la lune de Stéphanie Lafranque et mes travaux en cours sur le(s) corps de(s) femme(s). J’ai évoqué ce livre et ces inspirations dans cette précédente note de blog.

C’est un poème qui fera d’abord et avant tout partie de ce projet au long cours entamé il y a un peu plus de dix ans et qui devrait aboutir à un diptyque poétique sur les corps et les luttes des femmes.
Cependant, une fois écrit, j’ai trouvé qu’il entrait particulièrement en résonance avec les discussions que j’avais eues avec Virginie Biraud concernant Scansions animales, création en cours de la Cie Tchaka.

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Une traduction en temps incertains

Le 27 juillet 2020

A paru au tout début du mois de juillet le numéro spécial de la revue Jentayu consacré à la Covid 19, En ces temps incertains. Cette édition aussi singulière que les circonstances qui lui ont donné naissance fait directement écho au nouveau coronavirus, mais explore également des thématiques connexes telles que la maladie, la mort, la guérison, le confinement, la distanciation, la solitude et l’espoir.

J’y ai apporté ma contribution en traduisant depuis l’anglais L’homme des cavernes (titre original : Cave Man) de l’autrice singapourienne, Clara Chow. C’est un texte extrait du recueil Dream Storeys publié par Ethos Books en 2016.

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