Larme et murmures

Le 13 juin 2018

Murmura una lágrima
Poème en espagnol de Patricia Houéfa Grange
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J’avais écrit ce poème en 2011, pour répondre à un appel à textes, et il a été publié dans cette anthologie. Je l’ai d’abord pensé et écrit en espagnol, il m’est tout naturellement venu dans cette langue que j’affectionne tout particulièrement. J’en ai ensuite fait, non pas une traduction, mais une adaptation en français. Pour en savoir plus sur l’inspiration de ce poème, je vous invite à lire ma présentation de l’anthologie. Il est lié à cette chanson :

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Déambulations pragoises – Smichov

Le 6 juin 2018

Brasserie Staropromen à Smichov, Prague
Photo : Patricia Houéfa Grange

Smichov est un quartier un peu excentré de Prague que j’avais plutôt délaissé jusque là. Il aura fallu cette quatrième visite en mai dernier pour que mes pas s’éloignent un peu de Mala Strana et que mes rêves aillent déambuler par là …

Ici, l’air n’est pas chargé, comme sur la rive droite, du parfum des lilas. Ce sont les fleurs des marronniers, et surtout celles des acacias, qui règnent. Fragrance si entêtante que j’en perds presque la tête !

Smichov, ancien quartier de manufactures et d’ouvriers, devenu quartier d’affaires.

Peu de touristes viennent jusqu’ici. Le seul « lieu d’intérêt », c’est la Brasserie Staropromen. Et la principale et unique véritable attraction, c’est l’immense centre commercial de Novy Smichov.

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Déambulations pragoises – Prague au mois de mai

Le 6 juin 2018

Sainte Ludmila sur Namesti Miru
Photo : Patricia Houéfa Grange

Au début du mois de mai, Prague est blanche et mauve tendre. Elle succombe aux fleurs et embaume le lilas. Elle est grisante, enivrante. Et Sainte Ludmila, ma chère Sainte Ludmila, sur Namesti Miru qui porte bien son nom de « Place de la Paix ». Celles et ceux qui s’arrêtent ici sur un banc, comme moi, pour lire, écrire, ou tout simplement ne rien faire, sont envahis de sérénité. Ils semblent être devenus totalement étrangers à la notion même de temps …

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Bouquet grimpant

Le 5 juin 2018

Piano de l’averse sur mon parapluie
Symphonie pour trois instruments :
rose, jasmin et chèvrefeuille.

Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés

Pantoun suspendu

Le 1 juin 2018

Photos : Eric Grange, tous droits réservés

Dans les rues animées
temps et rêves partent en fumée.
A son sourire m’arrimer
coeur et lèvres exhumés.

Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés

Toute la série des photopoèmes du Népal ici.

Rencontres – La peau

Le 23 mai 2018

Le tram traverse les quais. Mes yeux sont posés sur la Garonne dont les eaux se mêlent à la nuit. Double ballottement. Double berceuse.

D’une main, je tiens un livre que mon attention ne retient plus. Il tangue légèrement au bout de mes doigts. De l’autre, je m’agrippe à la barre. C’est jeudi soir. Les étudiants font la fête. C’est bondé, ça grouille, ça a déjà bien picolé, ça chante, ça te pousse gentiment et te chahute un peu, ça crie, ça hurle que ça vit, oui, ça vit, ça vit, ça vit ! Mais je lévite doucement au-dessus de tout ça. Mon être vogue entre les mots et le fleuve. Le brouhaha n’est qu’un bruit de fond tamisé dans l’antichambre de mon esprit.

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Excelsior

Le 19 mai 2018


Il y a quelques mois, je vous avais parlé de la musique de David Atria pour laquelle j’ai eu un véritable coup de coeur. Comme David a également apprécié ma poésie, et notamment mon recueil Le dit de la Cueilleuse, je lui ai proposé de créer une oeuvre ensemble. Et à ma plus grande joie, il a accepté.

Cela fait plusieurs mois que nous tissons ensemble la toile en mots et musique d’Excelsior et c’est avec grand bonheur que nous vous invitons à assister à la toute première présentation de cette création dans une semaine :

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Les Voix du Pantoun

Le 18 mai 2018

Il y a une dizaine de jours, Pantun Sayang – Les Amis Francophones du Pantoun a mis en ligne l’album Les Voix du Pantoun.

La réalisation de cet album est une première expérience pour Pantun Sayang et … pour moi ! Je ne vous raconterai pas à nouveau ici mon histoire d’amour avec le pantoun (si vous le souhaitez, vous pouvez la (re)lire ), mais dès le départ, j’ai été sensible au fait que ce genre était d’abord et avant tout oral. Et dès le départ, dès la formation de Pantun Sayang, j’avais suggéré la réalisation d’un document sonore. Il était notamment important pour moi de faire entendre des pantouns en malais, leur langue d’origine, particulièrement sonore.

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Rupinspiration

Le 16 mai 2018

La coquille
Odilon Redon

En refermant à regret les pages de lait et miel de Rupi Kaur lors de ma dernière lecture, j’ai été submergée par la vague de ces vers :

Ta voix m’ouvre les cuisses
mon coquillage écarte les lèvres
pour supplier ta marée
– désir

Tu voz me aparta los muslos
mi concha abre los labios
y suplica por tu marea
– deseo

Your voice spreads my thighs
my shell opens its lips
to beg for your tide
– desire

A tua voz aparta-me as pernas
a minha concha abre os lábios
e implora pela tua maré
– desejo

Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés

lait et miel

Le 16 mai 2018

lait et miel
(Titre original : milk and honey, 2015)
Rupi Kaur
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Sabine Rolland
Ed. Charleston, 2017

Il y a des livres qu’on n’attend pas, qu’on ne cherche pas, mais avec lesquels on a rendez-vous et qui savent faire eux-mêmes leur chemin vers vous …

J’avais entendu parler de Rupi Kaur il y a quelques années au moment des polémiques suscitées par la série de photos qu’elle avait réalisée sur le thème des règles. Mais j’avoue que son nom s’était évanoui de mon esprit lorsque son livre m’a bondi dessus. J’avais assisté à une soirée ayant pour thème « Rhum et littérature » et je m’avançais vers la caisse de la librairie, Régisseur du rhum à la main, lorsque cette couverture très graphique m’a attrapée par les yeux. C’est le titre surtout, lait et miel, qui m’a interpellée. C’est la recette d’un de mes doudous d’hiver préférés. Ce sont deux mots que j’utilise beaucoup dans ma poésie. C’est ce que l’on peut souhaiter de plus doux.
Je suis repartie avec ce recueil au fond de mon sac et je l’ai posé au sommet de ma pile « à lire » après l’avoir feuilleté, lu en diagonale, après avoir caressé ses pages et dessins à plusieurs reprises. C’était au début du mois de mars et, finalement, plusieurs autres livres ont défilé entre mes mains avant que je ne me plonge réellement dans les délices de ce lait et miel. Il aura fallu que lors d’un séjour pragois fin mars, alors que je cherchais absolument autre chose dans une librairie de la Place Venceslas, je me retrouve à nouveau devant cette couverture graphique, exposée en six ou sept langues, pour que la rencontre ait réellement lieu. Que pouvait bien contenir ce petit recueil pour avoir été traduit à destination du monde entier ?

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