Fin de saison 2021-2022

Le 1 juillet 2022
Image : Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés
(Cliquer pour agrandir)

Voilà, c’est la fin de cette saison 2021-2022 qui me fut une saison étrange, parsemée de hauts et de bas dans plusieurs aspects de ma vie. Moments de grande joie, de doutes, de deuil, d’exultation, de tristesse, de désespoir, d’à-quoi-bon, d’excitation, d’envie de tout laisser tomber, de grandes espérances, de plénitude et de sérénité.  
En regardant dans le rétroviseur, ce sont les beaux moments forts – dans tous les sens de ce terme – qui reviennent et que je veux garder :     
– Faire à nouveau un hommage à Victoria Santa Cruz en interprétant son poème Me gritaron Negra dans ma traduction, en compagnie des amis César-Octavio Santa Cruz et Liz Barthel à l’Instituto Cervantes de Bordeaux, dans le cadre d’une exposition de César      
– Parachever mon installation réVULVotion et ma performance Sois Elle et lèvres-toi pour les présenter au cours de la première édition du festival Ragnagnas Party au Rocher de Palmer à Cenon        
– La publication du recueil bilingue espagnol/français Dans la brume de deux siècles/Entre la bruma de dos siglos qui rassemble une dizaine de poèmes contemporains du Pérou, éditée par KLAC, dans ma traduction 
– La nouvelle édition de mon recueil Ventres, sons creux en collaboration avec Maya Mihindou, et le parachèvement de la mise en chair Noire et A-mère qui lui est liée. Cette dernière a été présentée pendant le WOW Festival organisé par Daisy Turner et la Boutique de créateurs éphémère organisée par KLAC à Bordeaux. Le livre a participé, avec d’autres publications de la maison Vertébrale, à l’édition 2022 de l’African Art Book Fair à Dakar
– Le bonheur de retrouver le Salon du livre de Poésie sous la Halle des Chartrons à Bordeaux
– L’exposition d’une première étape de mon projet Capillotractée chez Les Ami.e.s du Sahel à Bordeaux et les très belles rencontres avec les membres et sympathisants de cette chaleureuse association     
– L’émotion de participer à nouveau à l’Arc de Mémoire au pied de Modeste Testas, à l’initiative de Carole Lemée, et entourée de femmes admirables, dans le cadre des Journées de la Mémoire à Bordeaux         
– Tout ce que le travail sur la refonte de mon projet Métisse. Et alors ? a travaillé en moi
– Toutes les rencontres que ces différents projets et événements m’ont offertes

Sur le pêle-mêle ci-dessus, il y a tous ces souvenirs et les aspects visibles du travail de cette saison. Mais l’essentiel de mon travail sur cette période ne sera réellement visible qu’à partir de la fin de l’été/début de l’automne, notamment en traduction. Car la traduction littéraire a pris une place énorme sur cette saison et j’en suis emplie de gratitude. De belles choses se dessinent à l’horizon, mais je n’ose ni les prononcer, ni les énoncer. Les deux dernières années m’ont appris à attendre le jour J pour laisser pleinement éclater ma joie. Je croise donc les doigts, mais l’attente est déjà très réjouissante.

Un merci grand, énorme, à toutes les personnes avec lesquelles j’ai collaboré sur ces mois, et un merci encore plus immense à mes proches dont la force de l’amour m’a portée à bout de bras et permis de traverser les moments les plus difficiles.

Bel été à chacune et chacun de vous !

« Métisse et alors ? » – Nouvelle mue en cours

Le 1 juillet 2022
Photo : Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés

Il y a un peu plus d’un an, je vous avais parlé ici de la refonte de mon projet Métisse. Et alors ?
J’achevais ma note en déclarant que je partais en quête d’une maison d’édition pour la nouvelle mouture de ce projet. Comme j’ai pu le dire ailleurs (et ici aussi peut-être), je travaille de plus en plus dans la lenteur. Il ne s’agit pas de paresse. Il s’agit d’abord et avant tout d’avoir le temps (je dois aussi payer mes factures, les poètes ne peuvent malheureusement pas vivre de poésie et d’eau fraîche), mais aussi de prendre le temps. Le temps du recul, de l’enracinement profond de la pensée et des mots, à rebours du tout-instantané du monde actuel.

Ceci dit, j’ai effectivement envoyé cette nouvelle mouture datant d’un peu plus d’un an à trois maisons d’édition. Au bout de trois ou quatre mois, deux m’ont simplement répondu que malgré les qualités de mon projet, elles ne le retenaient pas (je résume). Au bout de presque un an, la troisième m’a envoyé une réponse qui laisse davantage la porte ouverte, mais pour d’autres projets, cette maison ayant estimé que la version que j’avais envoyée composait un ensemble trop court, entre autres. Il est vrai qu’à l’époque, il n’y avait que dix-neuf textes. Mais j’estimais avoir dit ce que j’avais à dire en ces dix-neuf textes et qu’il n’était pas nécessaire de dire en dix poèmes ce que je pouvais dire en deux. Cependant, après avoir relu récemment cette version, je me suis dit que cette maison n’avait peut-être pas tout à fait tort.

Lire la suite »

Solstice

Le 22 juin 2022
Photo : Patricia Houéfa Grange
(Cliquer pour agrandir)
(Cliquer pour agrandir)

Fin de printemps…

Le 20 juin 2022

…en tercets trilingues

Cliquer pour agrandir
Lire la suite »

Plénitude de juin

Le 15 juin 2022

Pantoun de la pleine lune (super lune) du 14 juin 2022

(cliquer pour agrandir)

Chronique traductrice 2

Le 14 juin 2022

C’est une phrase simple. Comme la grande majorité des phrases de ce livre. Il n’y a pas une dizaine de propositions imbriquées les unes dans les autres, accompagnées d’un cortège de verbes et de compléments. Mais il faut se méfier des phrases simples. Ce sont souvent celles qui ont été les plus travaillées par l’auteur·e.

C’est donc une phrase simple. Limpide et belle comme l’eau claire. Une traduction jaillit immédiatement en premier jet sur mon écran. Elle est correcte, mais plate. Elle ne me convient absolument pas. Je la triture et la malaxe dans tous les sens. Rien à faire, elle résiste.

Pause. Je vais laver quelques vêtements mis à tremper dans une bassine d’eau et de savon un peu plus tôt. Au départ, tout en frottant puis rinçant les vêtements, la phrase continue à me tourmenter. Puis, lentement, je me laisse emporter par le rythme répétitif de la lessive : frotter, rincer, essorer. J’apprécie l’odeur du savon qui s’élève et j’accueille la fraîcheur qui me coule le long des bras. Je m’évade sur ces gestes simples, mon esprit flotte dans les bulles irisées.

Et tandis que je tords le dernier vêtement au-dessus de la bassine pour en presser les dernières gouttes, la phrase me gicle à l’esprit. Limpide et belle. Littéralement exprimée.

Texte et vidéo : Patricia Houéfa Grange, tous droits réservés
Vidéo : Moulin de Cocussotte, Saint-Pierre-sur-Dropt, Lot-et-Garonne, août 2021

Voyage afro-andin

Le 10 juin 2022
Photo tous droits réservés
(cliquer pour agrandir)

Il y a environ 5 ans, à travers César-Octavio Santa Cruz, la famille Santa Cruz m’a confié le superbe Me gritaron negra! de Victoria Santa Cruz, que j’ai traduit/adapté en français sous le titre Ils m’ont traitée de négresse.

Ce fut un honneur et une joie pour moi de travailler sur ce poème musical emblématique pour les afrodescendants du Pérou, d’Amérique latine et au-delà. Ce fut également une joie et un honneur de rencontrer deux autres membres de la famille hier, à savoir la poétesse Catalina Bustamante et le musicien Octavio Santa Cruz, au cours du très beau voyage poético-musical afro-andin qu’ils nous ont offert au Lab Room, en ce mois de la culture afro-péruvienne.

Merci à AmaruArt-Europe d’avoir organisé cette belle soirée.

Lire la suite »

Le goût de ça !

Le 9 juin 2022
Cliquer pour agrandir
Lire la suite »

Chronique traductrice

Le 8 juin 2022
Photo : Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés
(cliquer pour agrandir)

C’est un mercredi gris. Il fait pluie.
La rue est calme. Le silence n’est troublé que par le cliquetis de mes doigts traducteurs sur le clavier de l’ordinateur.
Je ressens une paix profonde dans la sérénité simple du moment. Je transforme un livre écrit en portugais en livre écrit en français. Il y a quelque chose de la magie, de la sorcellerie, dans la traduction. Je trinque à cette idée qui me réjouit en laissant glisser une longue gorgée de café serré. Lire, traduire, écrire. Il y a aussi quelque chose des rituels de cloître qui doit séduire le fantôme de mon adolescence tentée par la vie monacale.
Il me semble en écrivant ces mots qu’un peu de la voix de l’auteur que je travaille est venu se mêler à la mienne. Petite pause dans ma courette fleurie. Une corolle de jasmin fatiguée s’est laissé choir sur la capsule d’une ancolie. Voici une chimère qui me ravit.

Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés

Photo : Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés
(cliquer pour agrandir)

Inspirations herbacées

Le 24 mai 2022
Fresque de Delphine Delas
Photo : Patricia Houéfa Grange
Bordeaux, Garage Moderne, mai 2022
  • Deux intraduisibles :

Délicieuse la menthe
Pour peu que tu l’effleures, elle te colle à la peau
Pernicieuse la mante
Pour peu que tu l’efflores, elle a ta peau
Gracieuse l’amante
Pour peu qu’elle s’effeuille, tu l’as dans la peau

La ravir de ravissantes ravisseuses

***

Je suis une adventice
en veille sous le béton du chaos
Offre-moi un interstice
j’irai tutoyer les filaos

Lire la suite »