« Métisse. Et alors ? » – Métamorphose achevée

Le 14 octobre 2022
Mangrove, Ouidah, Bénin, 2007
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Au début de l’été, je vous annonçais ici que mon recueil poétique Métisse. Et alors ? entamait sa énième mue. Je lui ai consacré l’essentiel du temps libre que j’ai pu grapillé au cours de cette période estivale, me mettant en « résidence » dans mon propre cocon pour enfin engendrer ce texte et l’emmener là où il me demandait de le conduire. Ces deux mois, août en particulier, m’ont essentiellement vue attablée à mon bureau ou dans ma cuisine, au-dessus d’une foule de feuilles de papier griffonnées, reprises et encore reprises et encore reprises.
Et entre deux séances d’écriture, j’étais plongée dans le fascicule rédigé par un de mes oncles paternels dans les années 1980 pour partager avec le reste de la famille le résultat de ses recherches généalogiques. Ou alors, je fouillais des archives et autres documents en ligne pour obtenir une précision, effectuer une vérification (j’ai d’ailleurs pu ainsi ajouter une ou deux nouvelles pièces au dossier de recherches familiales). Ou alors encore, j’étais avec mes parents, à écouter leurs récits et anecdotes, notamment concernant ma famille maternelle, sur laquelle je savais très peu jusque-là.

Août fut un mois intense, en émotion, en écriture, l’une et l’autre se nourrissant mutuellement. J’avais déjà été bien secouée dans les mois et années précédents, j’ai encore été très remuée en prenant connaissance de certains documents, de leur tournure, de certains récits, de certaines histoires. Tellement de silence, de non-dits chez certains de mes antécédents que je ne les avais jusque là pratiquement pas pris en compte dans mon histoire, leurs figures étant littéralement dévorées par celles d’autres personnalités qui m’avaient toujours fascinée et/ou inspirée et qui revenaient régulièrement dans mes poèmes.
Oui, ce fut intense. Et perturbant. Au bout d’un moment, il y avait tant de voix d’antan qui voulaient laisser leur encre dans ce livre que je m’en suis trouvée totalement désorientée. Je ne savais plus dans quel « ordre » présenter les choses, comment avancer et aussi, au bout, comment partager cela, de façon à ce que cela résonne chez d’autres. Il y a eu toute une semaine où, proche de l’épuisement, j’ai été près de céder et d’abandonner. Mais je crois bien que cette fois, les anciens étaient bien décidés à me faire aboutir !

La métamorphose de Métisse. Et alors ? est donc désormais bien achevée. Et ce depuis fin août/début septembre. Je ne retoucherai désormais plus ce projet que dans le cadre d’un travail éditorial. Et lorsque cela sera vraiment absolument nécessaire.
Entre la version précédente et cette version ultime, ce projet a doublé de volume. Mais il ne s’agit pas tant d’ampleur que de teneur, des fils tirés, déroulés et tressés.
J’aimerais tellement vous en dire plus, tellement en partager déjà des extraits avec vous, mais je ne veux pas trop en dire, vous n’auriez plus rien à découvrir à sa parution sinon.
Je suis immédiatement repartie en quête d’éditeur. Et là aussi, tout comme pour l’écriture, j’aime prendre mon temps, surtout pour ce projet là. Il n’y a encore rien d’arrêté, mais déjà de jolis retours, qui me disent que les ancêtres m’ont bien travaillée cet été, et qui sont encourageants pour la suite. Je croise les doigts et j’espère que la prochaine fois que je viendrai vous parler de ce projet, ce sera pour vous dire qu’il a trouvé une maison pour sa mise au monde.



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