Carnet d’accolade | Papillons de mots

Carnet d’accolade

Le 14 octobre 2014

bannière lieu dit

Le week-end dernier, j’ai participé à la deuxième édition de {Lieu-Dit} Une accolade poétique. Nous avons vécu 24h de poésie non stop, à Saint Symphorien, dans le pays de Mauriac, avec une programmation intéressante et de belles découvertes.

Evidemment, même si j’ai passé 90% de mon temps à regarder et surtout à écouter, j’ai aussi écrit. Je partage donc avec vous mon carnet de colo poétique autour de poèmes et de photopoèmes …

Les premières émotions sont montées lorsque nous avons pénétré dans les anciens ateliers ferroviaires, en tout début d’après-midi, pour y écouter une lecture de Cécile Mainardi et Caroline Sagot Duvauroux. J’aime les vieilles pierres, les lieux chargés d’histoire où on entend chuchoter des fantômes … Le lieu m’a immédiatement happée et les mots ont très rapidement commencé à se tricoter dans mon cerveau et à se mêler aux voix des deux lectrices !

plage

Marcher
vers la plage
des mots.

ponctuations

ponctuations 2

Fouiller du regard
les ponctuations
des poulies.

machine à coudre

La machine
à coudre
des mots.

é-toiles

Le poème irradie
le long des rayons
des é-toiles d’araignée.

Mariposa

***

alors de cote ca vaSource de l’image

J’ai ensuite été très touchée par l’installation « Alors de ce côté, ça va » de Marina Bellefaye et Hélène Ferrié-Otani. Un texte poignant sur l’après-catastrophe (Fukushima) mis en espace et en son. Voici ce que l’installation m’a inspirée :

Balbutiements
dans les vagues
du poème.

Vibrations-pulsations
du vertige visuel.

Entrer en résonance
avec le texte.

Mariposa

***

Dimanche matin, à 9h, nous sommes partis pour 1h30 de randonnée murmurée intitulée « Naturel Sensible ». Randonnée silencieuse jalonnée de huit étapes au cours desquelles nous nous passions des fragments de poèmes en nous les chuchotant les uns aux autres. Chaque fragment ayant été spécifiquement rédigé pour le lieu d’étape. Les textes sont de Donatien Garnier et ce dernier a conçu la randonnée en complicité avec Christophe Troquerau, animateur nature. Donatien nous a offert ces fragments. Je vous les offre à mon tour (cliquer pour agrandir) :

NaturelSensibleFragments de Naturel Sensible
Donatien Garnier & Christophe Troquereau

Voici deux moments cueillis entre deux étapes :

Pin dressé.
Mât
de voilier.

Un bouquet de ciel
au bord
du regard.

Mariposa

***

caroline lemignard - abyssal cabaret 2Source de l’image

Mais le moment qui m’a très certainement le plus touchée, c’est la déambulation-performance de Caroline Lemignard, au tout petit matin (départ à 7h45), Abyssal Cabaret, une incarnation du texte de Maryse Hache.

J’avais souvent entendu parler de ce texte en me disant qu’il était de ceux que je lirais un jour. D’autant plus qu’on y parle de fleurs. L’appropriation de ce texte par Caroline Lemignard m’a permis de l’entendre, en ancrage improvisé dans un lieu. J’ai à présent terriblement envie de m’y plonger.

La performance de Caroline Lemignard m’a impressionnée et émue. Elle a fait régner une atmosphère presque surréelle lorsque nous avons aperçu en arrivant aux ateliers ferroviaires, un être non identifié, portant une longue traîne blanche telle une mariée, qui s’agitait dans un vieux wagon de train entièrement mangé de rouille. Je n’ai d’ailleurs pas été étonnée d’apprendre plus tard que cette merveilleuse « enveloppe », comme Caroline Lemignard l’appelle, a été créée par Katia Leroi-Godet dont je vous avais parlée ici. Cette traîne a transformé Caroline en mariée triste de Burton, en fée diaphane de l’aurore, en insecte à inventer, en papillon japonais.

Trêve de bavardages, je m’exprime mieux en poème pour dire mes ressentis :

Abyssal Cabaret/Incarnation V

« La femme dont nous racontons l’histoire »
Déambule à grande vitesse sur un fil
Entre réel et irréel
Entre raison et folie
Funambule
« La femme dont nous racontons l’histoire »
Déambule à souffle perdre
Entre mots et lieu
Entre murmures et cris
Libellule
« La femme dont nous racontons l’histoire »
Déambule-vole à tire d’ailes
Entre l’ici et l’ailleurs
Entre le néant et la mémoire
Bulle

Alors, avec elle,
Nous dévorons nos peurs
Pour alimenter nos espoirs
Alors, avec ailes,
Nous mangeons nos morts
Pour qu’ils nourrissent nos histoires.

Papillon-Origami
Washi cousu de mille pièces de vies
Exister, exister, exister
de toute urgence !!!

Mariposa, 14 octobre 2014

caroline lemignard - abyssal cabaretSource de l’image

Pour aller plus loin :
Le site de Caroline Lemignard
Présentation de l’ouvrage « Abyssal Cabaret » de Maryse Hache

abyssal cabaretSource de l’image

Encore un grand merci à l’équipe de {Lieu-Dit} pour cette belle expérience hors du temps, ce partage, ces rencontres, cette expérience corporelle et sensorielle de la nuit blanche poétique. Ce week-end m’a fécondée …


Abyssal Cabaret | 14 mars 2014 par Quani



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  1. […] la voir de loin et la caresser du regard car ce week-end là, je partais pour un autre voyage, 24 heures de poésie […]

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