Papillons de mots

La maison de mon nom – Houéfa

paix dans le mondeSource de l’image

Jusque-là, mon nom d’auteur et celui sous lequel la plupart d’entre vous me connaissent est Patricia Grange.

Depuis que j’écris et publie mes textes, j’ai décidé que quoi qu’il se passerait dans ma vie personnelle, mon nom d’auteur serait et resterait celui sous lequel je suis née, celui sous lequel je mourrai : Grange.

Pour le prénom, je ne m’étais jamais vraiment posé la question. Sur mes documents d’identité, il y a quatre prénoms. Mon prénom usuel est Patricia, alors jusque-là, j’ai choisi Patricia comme prénom d’auteur.

Mais aujourd’hui, je tiens à ce que l’on sache, en voyant mon nom sur un ouvrage, que je ne suis pas que Française. Entendons-nous bien, pour moi, la nationalité, le pays de naissance, les origines n »ont aucun lien direct avec la façon dont on écrit. Pour moi, il n’y a pas d’écriture africaine, tout comme il n’y a pas d’écriture féminine. (Si vous êtes convaincus du contraire, merci de me donner une définition de ce que vous appelez « écriture africaine » ou « écriture féminine » ?) Mais tant qu’à apposer mon sceau sur un livre, autant que ce sceau me ressemble au plus près.

J’ai donc décidé aujourd’hui d’accoler un de mes trois autres prénoms à mon prénom Patricia. Mon nom d’auteur complet sera donc désormais Patricia Houéfa Grange. C’est celui qui figurera dès maintenant sur mes ouvrages, en signature de mes poèmes.

Pourquoi Houéfa ?

Ce n’est pas mon deuxième prénom, dans l’ordre de l’état civil, mais le troisième. Cependant, c’est celui que je préfère (en-dehors de Patricia), certainement parce qu’il a une jolie histoire.

En langue fon du Bénin, Houéfa signifie « la paix dans la maison ». Dans la tradition fon, Houéfa est le prénom que l’on donne à la première fille d’une fratrie. Pourtant, je ne suis pas la première fille de ma fratrie. Je suis la deuxième (et même la troisième en incluant le petit ange parti bien trop vite). Mais je suis née juste avant la fin des travaux de construction de la maison de mes parents. Ce prénom bénit donc tout autant ma naissance que la maison de mon enfance. En outre, je trouve que son sens est fort. D’autant qu’il est étroitement lié à la « mission » que je me suis donnée en tant que poète : tisser des liens grâce à mes mots, rapprocher les gens, favoriser la paix, être la paix dans la maison du monde. J’essaie.

J’écrirai et je serai donc désormais sur scène sous le nom de Patricia Houéfa Grange :

(faux pantoun)

Bébé fille dans les bras
goûter la paix de la maison.
Elle s’appellera Houéfa
ses vers refléteront son prénom.

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