J’ai assisté tout à l’heure, en tout début de soirée au Molière Scène d’Aquitaine à la sortie de résidence de Perrine Fifadji pour son nouveau spectacle « Pépé La Flamme ».
Ne vous fiez pas à la photo d’enfant sage de Perrine qui sert (pour le moment ?) d’affiche à ce spectacle. Cette future oeuvre s’annonce profondément perturbante et troublante …
En voici la présentation :
Avec « Pépé La flamme », Perrine Fifadji aborde le mythe de la « Femme Sauvage ». Présente en chacune de nous, elle est la femme instinctuelle, « La Che Sabe », celle qui sait. Intuitive, créative, souvent prisonnière des dérives d’une société où l’identité n’aurait d’autre alternative que de se normaliser, elle ne demande qu’à être libre et à s’exprimer.
« Pépé La Flamme est un cri de l’être, un cri tantôt déchirement, tantôt souffle et caresse, tantôt explosion … Un cri qui parcourt et traverse mon corps pour jaillir dans l’espace. »
Perrine Fifadji y exprime la quête d’existence et les mutations opérées en soi au fil du temps par un renouvellement de l’énergie vitale.
« Même la femme la plus opprimée a une vie secrète. Ses pensées, ses émotions secrètes sont torrides et sauvages. C’est-à-dire naturelles. Même la femme la plus captive protège l’emplacement du soi sauvage, car elle sait intuitivement qu’un jour il y aura une opportunité et qu’il pourra s’échapper. »
Clarissa Pinkola Estès Femmes qui courent avec les loups
Je connais depuis un petit moment maintenant le corps chantant et la voix dansante de Perrine et j’ai déjà eu l’occasion de vous parler d’elle. Je connaissais les thématiques de l’identité multiple, du métissage, qu’elle a pu aborder précédemment, allant notamment puiser dans des chants traditionnels béninois, se faisant notamment accompagner d’instruments indiens (avec Francis Passicos dans « Awada Kpê Kpê ») ou japonais (avec Mieko Miyazaki dans « Quelque part sur la planète Terre »).
Là, elle m’a surprise en m’ouvrant d’autres univers. Il s’agit toujours d’identité certes. Mais d’une identité profondément plus intime. En nous livrant sa sortie de résidence tout à l’heure, Perrine s’est totalement abandonnée. Touchant aux limites du corps et de l’âme. Il y a eu cette tension présente tout au long de la représentation. Je me suis rendue compte que bien qu’étant assise, j’étais restée presque en lévitation sur la pointe de mes pieds pendant toute la durée de la performance ! L’ambiance sonore presque angoissante par moment y est pour beaucoup. Mais davantage encore la voix et le corps à la limite de la transe de Perrine !
Et elle était bien là la femme sauvage, dans ses cris de rage, de douleur et ses mélopées ; dans ses chants tout en douceur ; dans ce corps et ce visage qui ont été transfigurés et se sont métamorphosés tout au long du spectacle. Perrine est devenue animale, fauve, féline, sensuelle, sexuelle.
A la fin de la représentation, j’avais tout à la fois envie de sourire, de rire à gorge déployée, de pleurer, j’avais la chair de poule et je tremblais ! Et dire qu’il ne s’agissait que de quelques extraits !
Création le 8 novembre au Théâtre Le Liburnia de Libourne ! J’ai hâte !