Fleur d'(am)or

Le 19 octobre 2022
Photo : Patricia Houéfa Grange

Pompons de marguerites d’automne se pomponnent
Je n’aurai pas à en épétaler les fleurs
Bouches-baisers de chrysanthèmes me crient « je t’aime »

Patricia Houéfa Grange
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Photo : Patricia Houéfa Grange
Photo : Patricia Houéfa Grange
Photo : Patricia Houéfa Grange

Peut-être parce que je ne suis pas née et que je n’ai pas grandi en France, je n’associe pas du tout les chrysanthèmes à la mort ou à une quelconque forme de deuil. Dans le Bénin de ma vie première, bien des fleurs pouvaient être déposées sur les tombes, mais jamais des chrysanthèmes. D’ailleurs, il s’agissait la plupart du temps de fleurs artificielles en plastique.
(D’autre part, il est à noter que dans d’autres régions du monde, le chrysanthème a une symbolique plutôt positive, en Chine et au Japon notamment, mais pas que).
Quand j’ai vu ces fleurs pour la première fois, je les ai trouvées magnifiques et ai immédiatement ressenti de la tendresse envers elles. Il me semble dommage de les cantonner au cimetière. Nos morts méritent ce qu’il y a de plus beau. Mais tant que nous respirons de ce côté-ci des mondes, il me paraît dommage de se priver de ces floraisons, dernières explosions de couleurs vives avant la sobriété chromatique de l’hiver. Elles représentent également une ressource non négligeable pour les abeilles à cette période de l’année.
Je cultive donc des chrysanthèmes en petites jardinières dans ma petite courette depuis deux ans. (Ce sont eux sur mes photos). Les pieds m’ont été offerts par mon aimé. Quand la floraison démarre, c’est une joie qui crépite en feu d’artifice en moi. Lorsque les premiers boutons commencent à pointer leur frimousse, j’ai littéralement l’impression d’une éruption de petits baisers qui me crient « je t’aime ! je t’aime ! je t’aime ! »
Pour moi, je chrysanthème n’est que fleur d’amor.



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