Lumières vagabondes

Le 24 mars 2020
Lumières vagabondes
Claire-Lise Coux
Illustrations de Ghizlane Laïrini
2020

J’ai reçu à temps le dernier recueil de mon amie poète Claire-Lise Coux pour qu’il m’accompagne en cette période de confinement. Je le lis et le relis depuis, tant il est source d’évasion et d’émerveillement. Son titre lui va parfaitement car c’est un recueil de lumineuses contemplations glanées sur les bords des chemins. Le chemin qui mène à la fenêtre, au jardin, au coin de la rue, ou plus loin.

Claire-Lise Coux le présente ainsi : « Ce recueil rassemble mes tercets et distiques inspirés des haikus et mes gogyöshi. Un gogyöshi est une forme de poème japonais moderne écrit sur cinq lignes avec un titre. Inventé par le poète japonais Tekkan YOSANO, il a été modernisé par le poète Taro AIZU. »

On retrouve entre ces pages toute la délicatesse de la poésie de Claire-Lise Coux, profondément ancrée dans la nature (ce qui est typique de la poésie traditionnelle japonaise) : fleurs, oiseaux, papillons ; qui danse dans la nuit avec la lune ; qui vole avec le vent vers le ciel et les nuages et qui se (re)pose en infusant auprès de la tasse d’une amoureuse de thé. La mélancolie et la nostalgie, qui font partie de ses thèmes de prédilection, sont également présentes à travers des poèmes d’absence/attente (de l’être aimé) comme Ton retour, Le banc, Au jardin, Le muret, Ce jardin.

J’ai particulièrement apprécié la présentation des poèmes en diptyques les reliant par thème et faisant sonner mille résonances : diverses fleurs et leurs pétales, couleurs et leurs nuances, souffle du vent et parfums, brume et brouillard, émotions et regards, nuit et lune, sommeil et rêve, sensualités délicates, lumières des quatre saisons, et j’en passe…

Également bien présent à travers ces pages le lien entre l’infiniment grand et l’infiniment petit, entre visible et invisible, entre ciel et terre. À travers ces gouttes de pluie qui retrouvent le ciel, portées par les ailes des oiseaux, ou le parfum des fleurs d’une couronne de mariée qui va caresser les nuages. Sublime.

L’ensemble est illustré tout en grâce par les encres et aquarelles de Ghizlane Laïrini. En tant que Papillonne, j’ai forcément été particulièrement sensible à ce poème :


Je partage avec vous ici deux gogyöshi qui ont une résonance particulière en cette période :

LE TILLEUL
Le jardin boit le soleil
Le vieux tilleul en fleur
Infuse dans mon âme
Son délicieux parfum
Le monde semble si loin

LA FENÊTRE
Je regarde de la fenêtre
Le rouge luxuriant des fleurs
Le jardin est si foisonnant
Et le ciel d’été si prodigue
Mais tu n’es pas là

Et je vous lis à présent deux gogyöshi qui me semblent résumer l’essence de ce recueil :

Presque Rien
Lis

Mille mercis à Claire-Lise et à Ghizlane Laïrini pour ces dentelles de sensibilité !

Pour adopter ce livre, c’est par ici.
Vous pouvez retrouver la poésie de Claire-Lise Coux ici et .



2 grains de pollen to “Lumières vagabondes”

  1. Claire Lise dit :

    Je te remercie du fond du cœur Patricia pour ta merveilleuse note de lecture et pour ta mise en voix de mes poèmes qui m’a beaucoup touchée. Merci mille fois !

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