Pantouns pour nos morts qui ne sont pas morts

Le 1 novembre 2017

« Les morts ne sont pas morts/Ecoute plus souvent/Les choses que les êtres,/La voix du feu s’entend/Entends la voix de l’eau/Ecoute dans le vent/Le buisson en sanglot :/C’est le souffle des ancêtres./Ceux qui sont morts ne sont jamais partis/Ils sont dans l’ombre qui s’éclaire/Et dans l’ombre qui s’épaissit,/Les morts ne sont pas sous la terre/Ils sont dans l’arbre qui frémit,/Ils sont dans le bois qui gémit,/Ils sont dans l’eau qui coule,/Ils sont dans l’eau qui dort,/Ils sont dans la case, ils sont dans la foule/Les morts ne sont pas morts. »
Birago Diop, Les contes d’Amadou Koumba

Copyright : Taringa

Sous la demi-lune d’Halloween
zombies qui toussent, sorcières chafouines.
J’attends le Dia de Muertos
calaveras, chocolat chaud.

Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés

Cimetière Olsany, Prague, mai 2017
Photo : Patricia Houéfa Grange

Sur les tombes bouquets éclos
le cimetière devient jardin.
Dans ma rue volets clos
le silence de la Toussaint

Patricia Houéfa Grange
Tous droits réservés

Egungun du Bénin
Source



4 grains de pollen to “Pantouns pour nos morts qui ne sont pas morts”

  1. Claire Lise dit :

    Ce très beau texte de Birago Diop me réconcilie avec la mort. Je viens d’écrire un texte très sombre sur la mort qui tranche avec le message de celui-ci. Quelle belle vision de ce qui survit, ce poème est plein de sagesse.

    Et bravo pour tes 2 pantouns, j’adore le deuxième surtout.

    • Mariposa dit :

      Je suis bien heureuse que ce poème de Birago Diop ait eu cet effet sur toi. Je viens d’une culture où les frontières entre les mondes visible et invisible, le nôtre et celui des ancêtres, la vie et la mort sont floues et perméables l’une à l’autre. Même si je redoute la perte de mes êtres chers et chéris, la mort en soi ne représente pour moi qu’un passage. J’avais aussi publié ceci il y a déjà près de 3 ans : http://www.papillonsdemots.fr/2014/12/14/oraison/
      Mais je serais malgré tout curieuse de lire ton texte.

  2. Claire Lise dit :

    Oui, Patricia, j’ai relu « ton oraison funèbre, et c’est très beau.

    Voici mon texte mais je ne sais pas s’il a sa place ici, à toi de voir.

    Mort béante
    Mort qui mord
    L’âme et la chair
    Terre, je ne veux pas
    De tes entrailles
    Feu, je ne veux pas
    De tes cendres
    Mort qui me déchire
    Laboure mes nuits
    Creuse mes flancs
    Mort qui vient
    Mort qui viendra
    Mort toujours là
    Peur du vide
    Peur du néant
    Dieu es-tu là ?
    Où ?
    Dans quel au-delà ?
    Vivons-nous
    Entre rien et rien
    Traçant seulement
    Un trait d’union
    Entre ces deux vides ?
    Question sans réponse
    Question qui me hante
    Ecrase la nuit
    Sur ma joue
    Imprime son sceau
    Indélébile
    Qu’advient-il
    Après le grand saut ?
    Dieu es-tu là ?
    Dis-moi
    Dis-moi
    Dissipe le doute
    Pas de réponse
    Et la nuit s’écrase
    Sur ma joue
    Imprime son sceau
    Indélébile
    Les ombres s’amusent
    Et le jour
    Ne vient pas.

    • Mariposa dit :

      Merci pour ton texte, Claire-Lise. Il a tout à fait sa place ici, dans ses questionnements et réflexions. J’ai écrit un recueil sur la mort que je pense retravailler et publier un jour. Mais ce n’est pas encore son heure. Il y a certains textes dans ce recueil qui font un peu écho au tien, dans leurs questionnements. Ces questionnements finalement ne portent pas sur la mort elle-même, mais peut-être sur la « vanité » de la vie, cette éternelle question de « que faisons-nous là et à quoi cela sert au final puisque nous devons nous en aller un jour ? » Qui ne se l’est pas posée un jour ? Je ne sais pas s’il existe une réponse à cette question. Mais je sais que c’est malgré tout beau d’être là et d’exister tout simplement. Je sais que malgré tout, cela vaut la peine de vivre ce miracle de toutes les sensations, de tous les ressentis, de nos sens si vivants, à chaque aurore, mais aussi à chaque crépuscule. Et même dans la nuit, la lune est si belle …

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