Poema Y/Poème Y

Le 23 février 2016

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Dire que j’ai laissé passer presque deux ans sans vous poster ici un poème de Martha Rivera-Garrido en version originale (espagnol) et vous en proposer une traduction en français ! Vous souvenez-vous de cette poète dominicaine pour laquelle j’ai eu un coup de coeur ? J’avais partagé avec vous son « No te enamores » et plus tard « Estoy enamorada de mi cuerpo« .
Ce soir, je viens partager le « Poema Y » avec vous, extrait du recueil Alfabeto de agua (Alphabet d’eau) :

POEMA Y

Amo tus manos y la forma en que las usas
No son invasivas ni se imponen
Van como recorriendo pequeños senderos
Buscando sus fronteras

Amo tus ojos cuando estas dentro de mí
Porque tienen la profundidad de las noches que me faltas
Y porque me llenan las ausencias de una obscura luz impenitente

Amo tu risa, cuando está muy cerca de mi cara
Y tu aliento y tu pecho, donde mejor he florecido

Amo la curva de tu hombro
Donde ahuecas algo parecido a un ala
Para que yo recueste el asombro y las torpezas

Amo tu olor que me persigue jazzeando
Como un cuento de Cortázar
Las variaciones de tu voz alimentándome el silencio

Amo tu sexo tibio y redundante en mis abismos
Su sabor, mezcla de pez y de miel y de relámpago

Y me amo a mì misma enredada a tu lengua milagrosa
En tu boca, donde quiero morir asesinada.

Martha Rivera-Garrido
Tous droits réservés

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Proposition de traduction en français :

POEME Y

J’aime tes mains et la façon dont tu en fais usage
Elles ne sont pas invasives ni ne s’imposent
Elles vont comme parcourant de petits sentiers
Recherchant leurs frontières

J’aime tes yeux quand tu es en moi
Parce qu’ils ont la profondeur des nuits où tu me manques
Et parce qu’ils m’emplissent les absences d’une obscure lumière impénitente

J’aime ton rire quand il est tout près de mon visage
Et ton souffle et ta poitrine, là où j’ai le mieux fleuri

J’aime la courbe de ton épaule
Où tu creuses quelque chose qui ressemble à une aile
Afin qu’y reposent mon émerveillement et mes maladresses

J’aime ton odeur qui me poursuit en jazzant
Comme un conte de Cortázar
Les variations de ta voix qui m’alimente le silence

J’aime ton sexe tiède et redondant dans mes abîmes
Son goût, mélange de poisson, de miel et d’éclair

Et je m’aime moi-même enchevêtrée à ta langue miraculeuse
Dans ta bouche où je veux mourir assassinée.

Proposition de traduction par Patricia Grange
Tous droits réservés

***

Ce n’est décidément pas évident de traduire les textes de Martha Rivera-Garrido. Elle utilise des mots très simples, mais invente des tournures et des constructions de « phrases » un peu particulières. Mais c’est ce style, entre autres, qui rend ses poèmes si beaux qu’ils s’agrippent immédiatement au coeur. J’aime la sensualité qui les traverse, le corps à la fois si naturellement innocent et si intensément érotique. Pour en revenir à la traduction, cette proposition n’en est qu’une parmi tant d’autres. J’aurais pu présenter une dizaine de versions tant, parfois, pour un mot, plusieurs traductions/interprétations sont possibles. Je me suis arrêtée sur la proposition ci-dessus, mais si vous êtes hispanisant et que vous passez par ici, n’hésitez pas à me faire part de vos commentaires/suggestions. Merci.

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