Texture afropéenne

Le 11 février 2014

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Samedi dernier, le 8 février, a eu lieu le FESTAA au cours duquel j’ai fait une lecture « Capillotractée » composée de trois poèmes sur le thème de la relation que j’entretiens avec mes cheveux, mon récent abandon du défrisage et retour au cheveu naturel.

Vous avez déjà pu lire deux des poèmes de cette lecture sur ce blog. Il s’agit de Wa bla da nou mi et de Capillaridentité. Voici le troisième :

Texture afropéenne

Jamais je ne pourrais envisager de me blanchir la peau …
Alors, pourquoi défriser mes cheveux ?

Afropéenne
Peau caramel
Cheveux bouclés, frisés, crépus.
Afropéenne
Peau caramel
Mèches rebelles, indomptées et drues.
Afropéenne
Peau caramel
Coiffure libre, qui ne se soumet plus.

Je ne suis pas mes cheveux.
Mais mes cheveux font partie de moi …

Mes cheveux ne se déplient pas au peigne de votre uniformisme
Mes cheveux ne se lissent pas au fer de votre conformisme
Mes cheveux ne se plient pas aux règles de tous vos -ismes !

Mes cheveux, ce ne sont que des cheveux
Je ne suis pas mes cheveux
Mais mes cheveux sont une partie de moi.

Texture de laine, texture de coton
Grand champ à la texture « blanche »
Boucles couleur d’ébène
Grande mer de boucles noires

Afropéenne
Peau caramel
Cheveux indomptés
Coiffure d’un esprit indomptable !

Mariposa, Barsac, février 2014

Comme je l’ai indiqué après ma lecture samedi, « Capillotractée » n’a pas pour but de stigmatiser le défrisage ni les filles qui se défrisent les cheveux (j’en faisais partie il y a encore moins de 6 mois !). J’ai composé cette lecture pour créer un choc et inviter à la réflexion sur la question. En effet, même si le défrisage n’est pas aussi dangereux au niveau sanitaire que le blanchiment de la peau, il comporte tout de même des risques tels que l’alopécie dont souffrent de nombreuses femmes noires ou métisses …

J.D.-Okhai-Ojeikere-mort-jewanda-2Photos de J. D. Okhai Ojeikere

Je profite de cette note de blog pour rendre hommage à un grand monsieur qui vient de nous quitter : J. D. Okhai Ojeikere, photographe nigérian qui a magnifié les coiffures africaines traditionnelles ou pas et les a élevées au rang de sculptures grâce à ses oeuvres magistrales en noir et blanc.

Voici deux articles sur ce « chantre des coiffures africaines » :

– Sur le site de RFI

– Sur le site de la Fondation Zinsou du Bénin

Voici quelques autres photos pour le plaisir des yeux, mais n’hésitez pas vous-mêmes à faire une recherche d’image sur Google, vous en trouverez des dizaines :

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3 grains de pollen to “Texture afropéenne”

  1. Monique dit :

    Oh! Les superbes chevelures! Et ton magnifique poème! Savoir garder les beautés qui nous ont été offertes à la naissance, quelle sagesse!
    Ici à la Réunion, on rencontre beaucoup de ces cheveux « boulonnés » (expression créole pour les désigner) et bien sûr,le défrisage est en vogue. Mais moins maintenant où la recherche identitaire gagne du terrain. Tant mieux!

    • Mariposa dit :

      Tant mieux comme tu dis, j’espère que le retour au cheveu naturel va faire des émules. Nos cheveux sont si beaux ! J’aime beaucoup cette expression « boulonné », je la note. Peut-être la verras-tu apparaître dans un prochain poème ?

  2. […] (FESTAA) organisée il y a 3 semaines par l’association Encore Asso, je vous avais livré les textes des trois poèmes composant ma lecture […]

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