Le corps des femmes II – Voiles

Le 26 août 2012

Fenêtre ?
Photo de Mariposa

Des voilées

Voiles de féminité ?
Voiles de sensualité ?
Voiles étouffants ?
Voiles angoissants ?

Des femmes ?
Des silhouettes diffuses
Tel un amas d’étoffes usées
Tas d’épluchures de fruits fanés et flétris.

Formes enveloppées ?
Formes sublimées ?
Formes maltraitées ?
Formes brouillées ?

Une robe pour mettre mon corps en valeur
ou
Une robe pour nier jusqu’à l’existence de mon coeur
ou
Une robe pour me faire belle
ou
Une robe pour me faire mal ?

Autant de questions tissant la grille
Derrière laquelle mon regard est retiré
Derrière laquelle mon âme prend le voile …

Mariposa, à Barsac, le 19 avril 2011 à 12h05

Poème-réflexion inspiré par l’installation « Les murmurées » d’Edwige Bonneau à la Maison des Femmes de Bordeaux en février et mars 2011.

Il y a quelques billets, je vous ai parlé de mon travail poétique en cours sur le corps des femmes. Le poème ci-dessus en fera partie.

Edit au 31 août 2012 : Suite au commentaire de Claire-Lise ci-dessous, je partage avec vous, en écho à mon poème, la vidéo de la superbe chanson « Le Tissu » de Jeanne Cherhal :



3 grains de pollen to “Le corps des femmes II – Voiles”

  1. Claire-Lise dit :

    Il y a une chanson de Jeanne Cherhal que j’aime beaucoup sur ce thème qui s’appelle « Le tissu ». Je reproduis ici les paroles :

    Le balancier des hanches
    La poitrine qui penche
    Flou souvenir des pleins, des creux
    Les doigts longs, les mains blanches
    Disparus sous les manches
    Rideau tiré sur les cheveux

    La bouche qu’on enterre
    Qui ne doit que se taire
    Le monde interdit pour les yeux
    Sur ce corps qui s’efface
    J’ai regardé en face
    L’hypocrisie offerte à Dieu

    J’ai attendu, attendu
    Et je l’ai aperçue
    La femme cachée sous le tissu

    Elle semblait absente
    Sous sa toile de tente
    Sous son camouflage aguerrie
    Une infime chaînette
    La retenait secrète
    Prisonnière de son mari

    Dans cet avion énorme
    Qui survolait les formes
    Découpées du golfe Persique
    Cette femme-fantôme
    Linceul et monochrome
    Me rendait triste, c’est classique

    J’ai attendu, attendu
    Et je l’ai aperçue
    La femme cachée sous le tissu

    Depuis Abu Dhabi
    Elle gardait l’habit
    Intégral et ne parlait pas
    Mais surveillait le sol
    Qui filait sous le vol
    Comme une route sous les pas

    Et soudain elle prit
    La main de son mari
    Il s’était passé quelque chose
    Elle arracha le voile
    Jeta la longue toile
    Et je vis sa métamorphose

    Les cheveux libérés
    Les genoux desserrés
    Elle était redevenue femme
    Nous venions de franchir
    Les portes de l’empire
    Et les barrières de sa flamme

    Elle embrassa velours
    Son mari son amour
    Que j’avais pris pour un geôlier
    J’ai vu qu’elle était libre
    En fragile équilibre
    Entre la chaîne et le collier
    J’ai vu qu’elle était belle
    Au nom de toutes celles
    Qui n’ont pas pu se délier

    J’ai attendu, attendu
    Et elle est apparue
    La femme évadée de son tissu.

  2. […] publiés ici sur le thème « le corps des femmes » : – Pommes d’amour – Voiles – Passage – Boucherie & Lakme […]

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