Comme des vases communiquants … | Papillons de mots

Comme des vases communiquants …

Le 14 juin 2012

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Il y a quelques jours, René Chabrière m’a envoyé un mail pour me dire qu’il avait lu mon poème « Ennui en estampe chinoise » sur le blog Encres du monde (blog de mon amie Claire-Lise Coux) et qu’il souhaitait le publier sur son propre blog Art et Tique et Pique – Mots et Gammes. J’ai évidemment accepté qu’il le fasse, avec beaucoup de plaisir. Et voici donc, c’est chose faite, vous pouvez retrouver ce poème chez René Chabrière par !

(Ici j’ouvre une parenthèse pour dire à quel point cela me fait plaisir que mes textes voyagent ainsi de blogs en sites Internet. Je suis particulièrement touchée que ce petit poème écrit par une journée de petite déprime de très jeune adolescente rencontre ainsi le coeur des gens ! Claire-Lise Coux l’a relayé sur son blog. Mon amie Maya Mihindou l’avait également relayé sur son ancien blog. Et à présent René Chabrière. Merci, merci !)

Je me suis à mon tour promenée dans l’univers de René Chabrière et, connaissant mon affection profonde pour les arbres, vous ne vous étonnerez pas que j’aie décidé de relayer ici ce texte et ces photos qui sont l’oeuvre de René :

Racines de baobab à Boungou (Burkina Faso)
Photo de René Chabrière

Colonnes de mémoire

Bien au delà de la corde

Ce morceau d’arc de terre

Qui tend la distance

Et nos différences

J’ai perçu l’inversion du monde

Comme si la tête en bas

Mes pieds étaient collés

Sur le socle du ciel

Et j’avais à mon appui

D’immémoriales légendes

Des arbres sacrés

Dont les racines buvaient

Le ciel, et supportaient

Le monde de leurs pattes épaisses

Que le poids des siècles

Avaient plissé de mémoire

Enfouissant en profondeur

Au cœur de la sève fibreuse

Le passé douloureux d’une

Afrique à l’avenir incertain.

René Chab 09 – 01 – 2012

Vieille herbe, jeune humain – Boungou
Photo de René Chabrière

Vous pouvez retrouver ce texte et ces photos ici chez René Chabrière sur son blog Art et Tique et Pique – Mots et Gammes.



4 grains de pollen to “Comme des vases communiquants …”

  1. Claire-Lise dit :

    J’ai vu le commentaire de René Chab sur mon blog à propos de ton poème.
    C’est bien que les poèmes circulent. J’ai écrit, dans le passé, un poème dans lequel j’émettais l’idée que les livres circulent plutôt que d’être enfermés dans nos bibliothèques. Alors tant mieux si on peut déjà disséminer nos vers…

    J’aime beaucoup le site de René CHAB que j’ai déjà visité plusieurs fois.
    Le poème que tu as choisi est magnifique.

  2. Claire-Lise dit :

    Je comprends ton attachement à tes livres. Un livre peut procurer bien des émotions. Mais pour ma part, en dehors de quelques ouvrages dont je ne voudrais pas me séparer, il y en a beaucoup qui vont s’endormir sur mes étagères et que j’oublie complètement.
    Je reproduis ici le poème que j’ai écrit il y a environ 6 ans et qui s’appelait « Les livres voyageurs » :

    Parfois, je me dis
    Ces livres si bien écrits
    Alignés sur les étagères
    De nos belles bibliothèques
    Ne devraient-ils pas prendre l’air
    Retrouver la pleine lumière
    Et circuler de rues en jardins
    De métros en wagons de train ?
    Se poser là où le hasard les mène
    Etre lus, feuilletés, déchirés même
    Peu importe, pourvu qu’ils soient à tous
    Lus tout haut d’une voix douce
    Ignorés ou glissés dans un sac
    Subrepticement jetés dans une flaque
    Ramassés, posés au soleil sur un banc
    Ouverts par quelque mendiant
    Abîmés, déformés par l’humidité
    Délaissés ou emportés
    Peu importe, on les découvrirait
    Comme un cadeau inespéré
    Ce serait des livres voyageurs
    Où inscrire nos secrets et nos pleurs
    Et nos secrets s’envoleraient
    Loin de nous, à tout jamais.
    Au hasard de nos promenades
    On irait surprendre
    Ces confidences brèves
    Ces parcelles de rêve
    Ces fragments de vie
    Quelques croquis
    Ces livres si bien écrits
    Pourquoi les enfermer ici
    Sagement alignés sur les étagères
    De nos belles bibliothèques
    Ne devraient-ils pas prendre l’air
    Retrouver la pleine lumière
    Et circuler de rues en jardins
    De métros en wagons de train ?

    • Mariposa dit :

      Il est très beau ton poème Claire-Lise !
      C’est une idée très poétique aussi que de faire voyager ainsi les livres, un peu comme si le livre choisissait son lecteur en quelque sorte, qu’il l’attendait quelque part. Et puis imaginer toutes les histoires qui vont dormir petit à petit entre ses pages, en plus de l’histoire qu’il donne à lire. Un livre chargé de mémoire et de vie en quelque sorte !
      Ton poème est complètement dans l’esprit de l’action des associations, personnes et lieux dont je parlais dans mon commentaire précédent.

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